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Mandchoukouo

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Mandchoukouo
1932 - 1945
Drapeau Blason
Drapeau Blason
Le Mandchoukouo (en vert). L'empire du Japon est en rouge.
Le Mandchoukouo (en vert). L'empire du Japon est en rouge.
Informations générales
Régime Protectorat japonais, dirigé par un empereur, sous totale influence japonaise.
Capitale Changchun
Langue Japonais
Démographie et superficie
Population 30 880 000 hab.
Superficie 1 133 437 km2
Entités précédentes :
Taïwan République de Chine
Flag_of_Fengtian_clique.svg Fengtian
Entités suivantes :
Union soviétique Union soviétique en Mandchourie
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Le Mandchoukouo était un état asiatique ayant existé de 1932 jusqu'en 1945. Il était situé en Manchourie, dans le nord-est de la Chine. Cet état indépendant en droit (de jure) , était considéré comme fantoche par la grande majorité des états de l'époque, seuls le reconnaissaient une petite minorité d'états (surtout des états dictatoriaux). Il avait été créé et était dirigé en fait (de facto) par l'empire voisin du Japon.

La richesse en ressources agricoles et industrielles, de la Mandchourie avait conduit le Japon à développer et à moderniser l'économie du pays. Pour le Japon, la Mandchourie devait fournir des matières premières et des produits finis lui permettant de réaliser sa politique d'expansion territoriale dans l'Asie orientale. La Mandchourie région immense et relativement peu peuplée était également considérée comme une possible colonisation de peuplement susceptible d'accueillir le trop plein de population à l'étroit sur l'archipel japonais et très touchée par la grande crise économique mondiale de 1929. La Mandchourie sous contrôle japonais était également indispensable pour servir de base à une invasion de la Chine par le Japon.

Le gouvernement impérial du Manchoukouo était étroitement contrôlé par les Japonais qui doublaient par des concitoyens tous les ministres mandchous qui n'« existaient que pour la façade ». L'empereur était également sous le contrôle de l'ambassadeur du Japon qui avait droit de s'opposer (droit de veto) à toutes les décisions. L'empereur était Pouyi, ancien empereur de Chine détrôné en 1911 après l'établissement de la République chinoise. Le Mandchoukouo disparait en août 1945 après la capitulation du Japon.

La Mandchourie convoitée par ses voisins[modifier | modifier le wikicode]

La Mandchourie était une région riche en réserves de minéraux métalliques et de charbon et son sol est favorable à la production de soja et d'orge. Pour le Japon, aux sols cultivables réduits et aux ressources de matières premières industrielles insuffisantes pour l'industrialisation où il s'est lancé la Mandchourie est un réservoir de richesses à proximité de son territoire.

En théorie la Mandchourie est un territoire chinois. C'est la berceau de la dynastie Qing , ou dynastie mandchoue, qui a gouverné la Chine de 1644 à 1912. Mais elle est très éloignée de Pékin, et les Mandchous tiennent à conserver une certaines particularité face aux Hans (chinois d'origine). Cependant depuis le début du XIXe siècle des millions de paysans chinois ont immigré en Mandchourie, qui était en fait une région sous-peuplée. Des travailleurs coréens s'y sont également installés. Dans leur propre région d'origine les Mandchous sont très minoritaires. La population atteint 14 millions d'habitant en 1900.

Depuis la guerre russo-japonaise de 1904-1905, le Japon vainqueur a délogé la Russie de sa position dominante en Mandchourie. La plus grande partie de la branche sud du chemin de fer de l'Est chinois, de Changchun à Port-Arthur, construite par les Russes passe sous le contrôle japonais.

Pour consolider son influence dans la région le Japon soutient le général chinois Zhang Zuolong un « seigneur de la guerre » qui domine la région après l'effondrement en 1911 de l'autorité du pouvoir central de la République chinoise. Mais celui-ci se montre trop entreprenant. Il a tenté à plusieurs reprises, sans succès, d'établir son contrôle sur le gouvernement « central » de Pékin, notamment en 1920 et en 1926. Les Japonais le font assassiner en 1928, mais son fils Zhang Xueliang lui succède et se montre peu coopératif. Face à cette ingérence japonaise dans un territoire chinois, le gouvernement républicain chinois du Kuomintang adopte une attitude « apaisante », il a d'autres problèmes plus urgents à résoudre : il doit finir la guerre contre les autres seigneurs de la guerre qui sévissent ailleurs en Chine, mais aussi lutter contre les communistes chinois dirigés par Mao Zedong, qui mènent une guerre révolutionnaire.

L'agression japonaise contre la Chine[modifier | modifier le wikicode]

Soldats japonais pendant l'invasion de la Mandchourie. Septembre 1931

Depuis 1898 des troupes japonaises occupent le sud de la province chinoise du Kwantong (Liaodong) et patrouillent le long de la voie ferrée du South Mandchurian Railways. Ces troupes sont encadrées par des officiers très nationalistes qui désirent étendre l'influence japonaise en Mandchourie. Considérés comme l'élite de l'armée japonaise ils agissent le plus souvent indépendamment du gouvernement civil de Tokyo.

En septembre 1931, ces officiers complotent pour trouver un prétexte pour attaquer la Chine. Ils organisent le 18 septembre l' un attentat pour détruire une toute petite section de la ligne du chemin de fer située dans la région de Moukden (Shenyang). Les Japonais accusent la garnison chinoise toute proche d'être à l'origine de l'attentat. Sous ce prétexte ils attaquent la ville de Moukden et commencent la conquête de la Mandchourie. Les troupes chinoises de la région, commandées par le ganéral Zhang Xueliang, suffisament fortes pour repousser l'agresseur japonais, reçoivent l'ordre du gouvernement central dirigé par le général Chiang Kai-shek de ne pas résister.

En effet la Chine préfère demander l'intervention diplomatique de la Société des Nations, organisation internationale où siègent les différents états de la planète. Le conseil de la SDN le 30 septembre et le 23 octobre demande au Japon d'arrêter immédiatement son agression et d'entrer en discussion avec la Chine. Une commission de la SDN doit être formée pour établir un rapport sur les faits. Cependant il faudra près de six mois à rédiger ce rapport sur la question, et l'assemblée met encore quatre mois pour le discuter. Le Japon refuse de se conformer aux décisions et continue la guerre ; fin 1931, les Chinois sont vaincus, le Japon occupe la Mandchourie. Le Japon sera condamné en mars 1933, il quittera alors la SDN.

Les Chinois de Mandchourie organisent en groupes de volontaires résistent à l'occupation japonaise. Il faudra plusieurs années de lutte pour en venir à bout.

Le protectorat japonais[modifier | modifier le wikicode]

L'empereur Kang De (Pouyi) en 1934

À l'issue des opérations militaires, le 18 février 1932 la Mandchourie est détachée de la Chine et est transformée en un nouvel état, le Mandchoukouo. Peu de pays dans le monde le reconnaisent « de jure », seuls les pays dictatoriaux le feront comme l'Italie fasciste, le Japon, l'URSS, la France pendant le régime de Vichy , l'Espagne franquiste, le gouvernement collaborationniste pro-japonais de Chine, la République dominicaine et le Salvador. Le Vatican entretient des relations ayant pour but de régler les problèmes religieux.

En octobre 1932, un rapport officiel de la SDN condamne l'agression japonaise et recommande de placer la Mandchourie sous régime d'autonomie politique mais sous la souveraineté chinoise. La Chine s'engageant à reconnaître les intérêts économiques du Japon dans la région. Ce plan est rejeté par le Japon. Dès mars 1932, les Japonais transforment le Mandchoukouo en empire et placent sur le trône l'ex-empereur chinois Pouyi ( dernier souverain de la dynastie Qing d'origine mandchoue) ; il sera couronné empereur en 1934 avec pour nom de règne Kangde (qui veut dire Tranquillité et Vertu); Tous les ministres mandchous sont « assistés » d'un vice-ministre japonaise qui prend en fait les décisions.

Les Japonais organisent l'exploitation économique du Mandchoukouo. En cette période de crise économique mondiale, où les relations commerciales sont réduites au minimum, le Japon dispose grâce à la Mandchourie d'un fournisseur et d'un client totalement soumis, qui évite des importations coûteuses et absorbe les exportations japonaises. Les grands groupes industriels (les zaibatsu) comme Mitsubishi ou Mitsui déjà présents depuis le début du siècle, augmentent leurs investissements dans les mines de charbon et de fer, dans la sidérurgie. Les relations entre civils et militaires, intérêts de l'État et intérêts privés se mettent en place. La production agricole est développée pour le coton, le soja, céréales.

Le Japon tout en persécutant les habitants d'origine chinoise ou russe (surtout des « Russes blancs », ayant fui la Russie devenue communiste en 1917), entreprend une colonisation de peuplement. La population « mandchoue » d'origine japonaise passe ainsi de 240 000 personnes en 1931 à 837 000 en 1939. Un plan gouvernemental japonais prévoyait une immigration japonaise de plus de cinq millions de personnes dans l'avenir. Ces immigrants percevait des lots de terres d'où on avait expulsé les anciens exploitants chinois. De cette manière le gouvernement japonais souhaitait aussi éloigner du Japon des éléments entreprenants ou contestataires, qui pouvaient se révéler dangereux pour la société très hiérarchisée et bloquée du Japon insulaire.

La fin du Mandchoukouo[modifier | modifier le wikicode]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Mandchoukouo sert de base de départ pour l'invasion japonaise de la Chine. Le Mandchoukouo fait partie de la Sphère de coprospérité créée par le japon et les différents pays dont il a pris le contrôle pendant la première partie de la Guerre du pacifique. Cependant dès 1942, le Japon est stoppé dans son expansion territoriale et le reflux en direction de l'archipel nippon commence.

Le 8 août 1945, en application des accords de Potsdam entre les pays alliées déjà vainqueurs de l'Allemagne nazie, l'URSS déclare la guerre au Japon. L'attaque soviétique commence contre le Mandchoukouo. L'armée mandchoue pourtant grosse de deux cent mille hommes bien armés ne résiste guère et dans de multiples occasions se débande, voire se mutine contre les encadrants japonais. L'empereur abdique le 17 août, deux jours après la capitulation du Japon.

L'empereur Kang De tente de s'enfuir au Japon pour se rendre aux Américains. Mais, peut être trahi par ses anciens alliés, il est capturé le 19 août par les Soviétiques qui le placent en résidence surveillée en Sibérie.

Pour compléter sur l'expansionnisme japonais[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • [1] article de Wikipédia sur le même sujet
  • [2] et [3] articles du site Asialyst sur le sujet.
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