Madame de Genlis

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Mme de Genlis, gouvernante des enfants du duc d'Orléans.

Madame de Genlis (à sa naissance, son nom est Stéphanie Félicité du Crest de Saint-Aubin) est une femme de lettres française. Elle est née en Bourgogne au château de Champcery à Issy-l'Évêque le 21 janvier 1746 et morte à Paris le 31 décembre 1830.

D'une famille de petite noblesse provinciale, elle perd son père à 17 ans et fréquente les salons de la haute finance par sa mère, grâce à ses talents de harpiste. Elle épouse un comte et se fait nommer dame de compagnie dans la maison du duc d'Orléans. Elle est chargée de l'éducation du futur Louis-Philippe et de ses sœurs qu'elle choisit d'élever loin des fastes et des tentations de la cour. Pendant la Terreur, elle se réfugie en Angleterre. Elle rentre en France en 1801 et devient une des espionnes de Bonaparte. Elle publie de nombreux ouvrages et continue de s'occuper de l'éducation d'enfants jusqu'à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Ses premières publications sont littéraires, dans la lignée de l'écriture édifiante féminine de son époque : théâtre et contes.

Mais ses fréquentations dans les salons mondains avec les philosophes des Lumières lui ont donné une culture encyclopédique. C'est une pionnière dans le domaine de la vulgarisation scientifique pour les enfants et les jeunes. Elle suscite l'envie d'apprendre chez ses élèves en pratiquant une véritable mise en scène des sciences et de la géographie, sous forme d’expériences et de voyages plus ou moins virtuels. Pour ses élèves, elle commande aux frères Perier des maquettes à réaliser à partir des dessins des planches de l’Encyclopédie. Plusieurs d'entre elles sont exposées au Musée des arts et métiers1.

Madame de Genlis se démarque de l'éducation traditionnelle et adopte les principes pédagogiques empiristes de John Locke, avec des exemples mis en scène. Elle publie en 1782 un traité sur l'éducation qui prend le contre-pied des théories de Jean-Jacques Rousseau : Adèle et Théodore ou Lettres sur l'éducation contenant tous les principes relatifs à l’éducation des Princes, des jeunes personnes et des hommes.

Elle ne fut jamais admise à l'Académie française2.

Buffon appréciait beaucoup ses talents d'institutrice :

« langues vivantes, connaissances usuelles des choses du corps et de l’esprit. L'été à Saint-Leu, chacun de ses élèves avait un petit jardin, qu’ils cultivaient eux-mêmes, et le jardinier qui les dirigeait ne leur parlait qu’allemand. Mais si l’on jardinait en allemand, on dînait en anglais, on soupait en italien ; le français se parlait bien assez dans les intervalles. À la promenade, un pharmacien botaniste suivait les jeunes princes pour leur apprendre les plantes. Ne pouvant se priver de son goût pour le théâtre, elle imagina de mettre on action et de leur faire jouer dans le jardin, où les décorations artificielles se combinaient avec la nature, toutes sortes de sujets historiques ou mythologiques. Elle inventa également pour eux toute une série d’exercices gymnastiques alors inconnus (les exercices des poulies, des hottes, les lits de bois, les souliers de plomb) et leur faisait mener une vie spartiate pour les entraîner à braver le soleil, la pluie et le froid, à s’accoutumer à la fatigue. »

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Maquettes au CNAM
  2. À cette époque, aucune femme n'y était admise. La première femme élue à l'Académie a été Marguerite Yourcenar en 1980, c'est-à-dire 150 ans après la mort de Mme de Genlis !

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

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