Lugdunum (musée)

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Lugdunum, anciennement appelé musée gallo-romain de Fourvière, est un musée de la civilisation gallo-romaine situé à Lyon, en France. Il est composé d'un musée proprement dit, ainsi que du théâtre et de l'odéon gallo-romains de Fourvière. Il doit son nom à Lugdunum, nom de la ville de Lyon à l'époque gallo-romaine.

Inauguré en 1975, le bâtiment du musée a été construit par l'architecte Bernard Zehrfuss (wp) (1911-1996), Grand Prix de Rome, sur le modèle du musée Guggenheim de New York.

Conçu à l'intérieur avec une structure en hélice, comme une spirale qui remonte le temps, le bâtiment entièrement en béton épouse totalement à l'extérieur la forme de la nature : il est enterré dans la colline, largement recouvert d'herbes, presque invisible1.

Le musée est recouvert d'herbe : les petits rectangles sont des fenêtres d'observation.
Fenêtre d'observation vue depuis l'intérieur : au fond, se dessine le théâtre antique.

Les collections[modifier | modifier le wikicode]

Inscriptions, stèles et autels[modifier | modifier le wikicode]

La pièce maîtresse du musée est les tables Claudiennes, en fait une seule plaque de bronze monumentale cassée en quatre. Elle est gravée d'un discours de l'empereur Claude prononcé en 48 apr. J.-C. afin que soit accordée la citoyenneté romaine aux Gaulois.

Le calendrier de Coligny, autre pièce très célèbre et demandée, est un calendrier gaulois du IIe siècle apr. J.-C. en bronze. Il comporte de très énigmatiques inscriptions en langue gauloise : pour certains, il aurait été conçu par des druides qui souhaitaient garder leur système de repérage dans le temps (un cycle de cinq ans, basé sur l'heure, l'année solaire et les phases de la lune) alors que le calendrier julien des Romains s'imposait dans toute la Gaule.

Les autels tauroboliques de Lyon étaient situés dans un sanctuaire à l'emplacement inconnu, voué au culte de Cybèle (une déesse orientale vénérée par les Romains). Dédiés en 160, ces autels avaient été construits pour le rétablissement de la santé de l’empereur Antonin le Pieux.

Dédicace de l’amphithéâtre

La dédicace de l'amphithéâtre de la Croix-Rousse (ou « sanctuaire fédéral des Trois Gaules »), conservée dans le musée, nous informe sur la personne qui a financé le bâtiment. On apprend ainsi qu'il a été édifié vers 20 après J.-C aux frais de Caius Julius Rufus, alors élu prêtre du sanctuaire (sacerdos), originaire de la ville de Saintes.

Cette pratique, appelée l'évergétisme (wp), consistait pour les riches notables à financer des projets dans l'intérêt commun : ils pouvaient ainsi s'assurer une p en vue d'élections par exemple.

Traduction de l'inscription

(selon les conventions, les crochets indiquent des lettres ou mots manquants, mais très probables, tandis que les parenthèses donnent le développement des abréviations en usage dans ce genre de monuments commémoratifs)

[Pro salut]E TI(beri) CAESARIS AUG(usti) AMPHITHEATRI[i] [arenam cum
p]ODIO C(aius) JUL(ius) C(aii) F(ilius) RUFUS SACERDOS ROM(ae) et AUG(usti)
FILII F(ilius) ET NEPOS EX CIVITATE SANTON(orum) D(e) S(ua) P(ecunia) FECERUNT.

« Pour le salut de Tibère César Auguste, C. Julius Rufus, citoyen de la cité des Santons, prêtre de Rome et d’Auguste, son fils et son petit-fils ont construit à leurs frais cet amphithéâtre et son podium »

Mosaïques[modifier | modifier le wikicode]

De nombreuses mosaïques romaines ont été retrouvées à Lyon. La mosaïque des Poissons évoque le monde maritime : de grandes coquilles, de petits coquillages, des gouvernails et 65 animaux marins (poissons, dauphins, canards et monstres marins) entourent une rosace.

La mosaïque des quatre saisons représente, comme son nom l'indique, les quatre saisons dans chacun de ses angles : cependant, il ne reste que le printemps (jeune homme aux cheveux bouclés coiffés d'une couronne de fleurs) et l'hiver (jeune femme aux cheveux couverts d'un voile retenu par des roseaux). La mosaïque, mise en valeur par un puits d'observation à l'étage supérieur, ne respecte pas la première des trois règles de la restauration : lisibilité, stabilité, réversibilité. En effet, les parties manquantes ont été comblées avec un ciment qui ne permet de faire facilement la différence avec les parties d'origine.

La mosaïque des Jeux du cirque montre une course de chars au cirque, un des passe-temps favoris des Romains. Quant aux participants, on peut remarquer les couleurs des quatre équipes (bleu, blanc, rouge et vert), les chars à quatre chevaux (quadrigae), les deux personnages au centre qui tiennent la palme du vainqueur ainsi que deux chars qui ont fait naufrage aux virages, particulièrement dangereux. En ce qui concerne les éléments du décor, on distingue à gauche les stalles de départ (carceres), au centre de la piste le terre-plein (la spina) couvert d'un obélisque, et enfin à ses extrémités les bornes banches sur lesquels on comptait les points (les metae).

Sarcophages[modifier | modifier le wikicode]

Le musée gallo-romain de Fourvière comporte également de nombreux sarcophages.

Le Triomphe de Bacchus, retrouvé au début du XIXe siècle lors des travaux de reconstruction de l'église Saint-Irénée à Lyon, date vraisemblablement du IIIe siècle apr. J.-C.. Cette cuve en marbre blanc de Carrare (Italie), qui appartenait à un gigantesque sarcophage, représente le retour triomphal de Bacchus, après son expédition victorieuse en Inde : le dieu, accompagné d'Ariane, est dans un char tiré par une panthère tandis que plus loin Hercule, ivre, doit être aidé par un satyre.

Le sarcophage des Acceptii, installé dans le musée devant les tables Claudiennes, était situé dans un mausolée de la rive gauche du Rhône. Daté du IIIe siècle apr. J.-C., il représente le mariage de Dionysos avec Ariane, où sont présents Hercule et Silène. Deux lions et deux gorgones y figurent également, sans doute pour protéger le monument funéraire.

Le sarcophage à strigiles date du IIIe siècle apr. J.-C. : les strigiles sont les tracés sinueux qui ornent ce monument (ils évoquent les racloirs homonyme dont se servaient les sportifs pour se nettoyer). Le sarcophage de Balazuc, découvert au XVIe siècle dans la commune de Balazuc (wp) dont il tire son nom, est un sarcophage paléochrétien du IVe siècle apr. J.-C.. Sans doute conçu à Arles, il représente des scènes bibliques.

Trésors[modifier | modifier le wikicode]

Le musée présente plusieurs trésors.

Le trésor de Vernaison est un ensemble d'objets précieux, parmi les plus anciens du musée : ils dateraient de l'âge du bronze, vers 1100 av. J.-C.. On y trouve des haches et faucilles découvertes à Vernaison, non loin de Lyon.

Le trésor de Vaise est un ensemble d'objets précieux du IIIe siècle, composé de vaisselle, bijoux, pièces de monnaie et statuettes d'argent. Retrouvé en 1992 dans les vestiges d'une villa romaine dans le quartier de Vaise, à Lyon, il aurait été enterré lors d'une invasion vers 258 pour qu'il ne soit pas volé par les barbares.

Liens[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Lien externe[modifier | modifier le wikicode]

Référence[modifier | modifier le wikicode]

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