Livres sibyllins

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À Rome, dans l'Antiquité, les livres sibyllins étaient des livres sacrés. Ces livres selon la tradition auraient été vendus à la fin du VIe siècle av. J.-C. par la sibylle de Cumes au roi Tarquin le Superbe. Ils contenaient des oracles. Ils ne pouvaient être consultés que par deux (puis dix et enfin quinze) magistrats spécialement nommés et ce uniquement sur ordre du Sénat romain. Le recours à la lecture des livres sibyllins avait lieu quand Rome connaissait une grave crise politique ou militaire qui était ressentie comme une manifestation de la colère des dieux. La consultation, dont on ignore les modalités pratiques, permettait de trouver les remèdes nécessaires pour apaiser la colère divine. Les livres sibyllins permirent également l'introduction des cultes étrangers comme ceux d'Esculape ou de Cybèle, à côté de la religion romaine traditionnelle. Les livres sibyllins furent détruits au début du IVe siècle apr. J.-C. quand le christianisme devint la religion officielle de l'empire romain.

L'origine des livres sibyllins[modifier | modifier le wikicode]

La Sibylle de Cumes, vue par Michel-Ange. Chapelle Sixtine.Vatican

Selon la tradition romaine les livres sibyllins auraient été vendus par la Sibylle de Cumes, une prophétesse au service du dieu Apollon, à Tarquin le Superbe, le dernier roi de Rome. La sibylle aurait d'abord demandé un prix très élevé pour neuf livres. Devant le refus du roi, elle en brûla trois. De nouveau elle proposa les six livres restants mais pour le même prix. Le roi refusa de nouveau. La sibylle détruisit de nouveau trois livres. Puis elle offrit les trois derniers, mais pour le prix des neuf. Sur le conseil des augures le roi accepta alors d'acheter les ouvrages. Il les fit déposer dans le temple de Jupiter Capitolin. Tarquin constitua un collège de prêtres chargés de consulter les livres. Cela lui permettait de garder le contrôle sur un aspect important de la religion et de la politique romaines qui sont extrêmement liées.

Les livres furent détruits pendant l'incendie du Capitole en 81 av. J.-C.. Une commission fut chargée de parcourir le monde méditerranéen pour y retrouver des fragments du contenu. L'empereur Auguste en fit faire une copie remaniée qu'il déposa dans le temple d'Apollon sur le mont Palatin.

L'empire étant devenu officiellement chrétien, donc le recours aux anciens dieux étant interdit, les livres sibyllins furent définitivement détruits au début du IVe siècle sur ordre du général Stilicon.

Le contenu des livres sibyllins[modifier | modifier le wikicode]

Les livres sibyllins contenaient des prescriptions en partie étrusques, en partie grecques et aussi d'anciennes prophéties des peuples italiotes. Les livres contenaient des vers, les hexamètres grecs. On pense que le nombre total de vers ne dépassait pas les trois mille.

Contrairement aux haruspices, les livres sibyllins n’ont pas pour but d’interpréter les prodiges c'est-à-dire ce qui est extraordinaire et qui est considéré comme une manifestation de la volonté divine. Les Romains considéraient comme des prodiges, la naissance de monstres, les pluies de pierres ou des cours d'eau ou de mers charriant du sang. Ainsi pendant le consulat de L. Emilius Paulus et de Cn. Bebius Tamphilus. (An de R. 570.) un violent ouragan abattit des statues de bronze situées au Capitole et dans le grand Cirque. À Béate, un mulet à trois pieds naquit. La foudre tomba sur le temple d’Apollon, à Calète. A Lanuvium, la statue de Junon Sospita versa des larmes. Il survint une peste si violente que l’on ne put suffire aux inhumations. On eut alors recours aux livres sibyllins.

Les livres étaient une sorte de catalogue des rites à exécuter (procuratio) pour apaiser la colère des dieux ; cela pouvait être des sacrifices expiatoires, des prières, des dons ponctuels. Ainsi en 295av. J.-C. on remarqua qu'à plusieurs endroits il avait plu de la terre, Dans l'armée d'Appius Claudius, un très grand nombre d'hommes furent foudroyés, les livres sibyllins ordonnèrent la construction d'un temple pour Vénus près du Circus Maximus. En 296 av. J.-C., pendant la deuxième guerre punique, l'armée romaine subit un désastre à la bataille de Cannes. Les livres sibyllins recommandent d'apaiser les dieux et de détourner le danger mortel qui menace la cité en organisant un sacrifice extraordinaire, consistant enterrer vivants au forum Boarium un couple de Gaulois et un couple de Grecs.

Si les prodiges sont très extraordinaires ou la situation si désespérée que le recours aux dieux traditionnels ne suffit plus, les livres sibyllins peuvent recommander l’introduction de nouvelles divinités. En 496 av. J.-C. pendant une famine, les livres sibyllins recommandèrent l'introduction des nouveaux dieux Cérès, Liber et Libera. En 204 av. J.-C., sur la suggestion des livres, une ambassade est envoyée à Pessinonte et en rapporte une représentation de Cybèle, afin qu'on installe un culte de cette déesse à Rome.

La consultation des livres sibyllins[modifier | modifier le wikicode]

Les decemvir[modifier | modifier le wikicode]

Les (viri sacris faciundis) étaient les prêtres chargés de la consultation des livres sibyllins. Leur nombre et leurs fonctions ont variés pendant l'histoire romaine.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Decemvir.

La consultation[modifier | modifier le wikicode]

Les livres sibyllins étaient consultés après l'apparition d'une série de prodiges ou de calamités qui indiquaient le mécontentement des divinités. Le sénat ordonnait, par un senatus consulte, de faire une étude des livres pour trouver la réponse à apporter.

Les décemvirs faisaient leur lecture à huis-clos. Afin d'éviter la souillure sur un objet sacré, la manipulation des livres se faisait avec des gants. La façon exacte de procéder pour déterminer l'oracle correspondant à la situation de crise est inconnue, car le plus grand secret entourait cette opération.

Cependant par de multiples indices les historiens pensent que les prêtres devaient rechercher les vers dans lesquels figuraient le même mot que celui qui désignait la cause de la consultation. On pense également que les prêtres consultaient les archives du temple qui renfermaient la trace des décisions qui avaient été prises autrefois pour le même motif. Le rôle des decemvirs est de traduire en vocabulaire religieux, compréhensible par le Sénat et par le peuple, les formules souvent confuses qu'ils ont trouvées dans les livres.

Une fois la consultation achevée, les decemvirs rédigeaient un rapport qu'ils transmettaient au sénat. Celui-ci pouvait accepter ou bien refuser les conclusions de l'oracle. En cas d'acceptation un magistrat était chargé d'organiser les cérémonies prévues par l'oracle.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • L'article de Wikipédia sur le même sujet livres sibyllins.[1]
  • L'article de Wikipédia sur les quindecemviri sacris faciundis [2]
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