Liberté de la presse

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La liberté de la presse est un droit international inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » (Article 19)

La liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques. Dans une démocratie, les médias sont libres. Les informations sont collectées et diffusées auprès du public par les différents médias (télévision, radio, presse, Internet) et font l'objet de libres commentaires et d'analyses. Elles donnent lieu à des débats dans lesquels s'expriment des idées différentes. Cette diversité illustre le pluralisme de l'information. Ils permettent à chacun de former son opinion, afin d'exercer librement ses responsabilités.

Moyens utilisés pour limiter la liberté de la presse[modifier | modifier le wikicode]

Une limitation violente de la liberté de la presse en France en 1832. Les membres du gouvernement du roi Louis-Philippe Ier tentent de détruire le matériel d'un journal d'opposition. Gravure de Granville

Il existe des moyens de limiter la liberté de la presse. Selon l'autoritarisme des régimes politiques ces moyens sont plus ou moins employés.

  • l'autorisation préalable, qui consiste en l'obligation de déclarer la fondation d'un journal. Celui-ci ne peut paraître si l'autorisation est refusée par le pouvoir politique.
  • le cautionnement, c'est-à-dire le dépôt d'une somme d'argent auprès du Trésor public avant toute autorisation de paraitre. Si la somme est élevée le nombres de titres presse sera réduit. Le cautionnement peut être saisi donc perdu pour les propriétaires en cas de fermeture du journal par les autorités politiques. Ceux-ci peuvent tenter de l'éviter en instituant une auto-censure des journalistes.
  • le droit de timbre, il s'agit d'un timbre fiscal (donc acheté auprès du Trésor public) qui doit être appliqué sur tous les exemplaires du journal. Cela le rend plus cher donc diminue le nombre de lecteurs et limite son influence.
  • la censure, il s'agit d'un organisme officiel qui lit avant parution tout ce qui doit être publié. Les censeurs peuvent caviarder le contenu (en faisant blanchir les phrases ou les paragraphes jugés dangereux pour les autorités ou la morale) mais en laissant paraître le journal ainsi « purgé ». Le contenu peut être entièrement censuré, dans ce cas le journal ne parait pas ce jour-là puisque les pages seraient toutes blanches.
  • les pénalités financières obtenues par les autorités après condamnation par la justice. Les délits de presse peuvent selon les époques être jugés par le tribunal correctionnel ou une cour d'assises qui sont plus ou moins sévères. On prive alors le journal des moyens financiers nécessaires pour continuer la parution, qui cesse alors.

Aujourd'hui il est fréquent qu'il y ait des intimidations financières comme perte des recettes publicitaires, ou bien intimidation physique vis à vis des journalistes voire des assassinats de ceux-ci ou des attentats contre les locaux des publications.

Dans le monde[modifier | modifier le wikicode]

Dans de nombreux pays, la liberté de la presse n’est pas respectée. Un journaliste peut passer plusieurs années en prison pour un mot ou une photo. Emprisonner ou tuer un journaliste, c’est éliminer un témoin essentiel et menacer le droit de chacun à l’information. Selon Reporters sans Frontières (RSF), dans le monde, en 2007, 86 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur fonction, 67 ont été enlevés, 887 ont été interpellés, 528 ont été censurés. Concernant Internet, 37 blogueurs ont été interpellés et 2676 sites fermés ou suspendus.

En France[modifier | modifier le wikicode]

En France, l’idée que la liberté de la presse représente une liberté fondamentale se développe au 18ème siècle.

Cette liberté est d’ailleurs inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » (Article 11)

Mais c'est la Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 qui a institué la liberté de la presse telle que nous la connaissons encore aujourd’hui. Grâce à cette loi, la totale liberté de fabrication et de diffusion de la presse est assurée ; la seule exigence concernant sa publication est une déclaration officielle préalable.

Toutefois, la liberté d’expression n’est pas un droit absolu : on peut parler de tout, on ne peut pas le faire n’importe comment. Les principaux délits de presse : la diffamation, l’injure, les atteintes au droit à l’image et au respect de la vie privée, les troubles à l’ordre public (incitation aux crimes et délits..), le délit de fausses nouvelles. Les journalistes ont rédigé des chartes de déontologie qu'ils s'engagent à respecter afin de garantir une bonne qualité de l'information.

Cependant, la France doit encore faire des efforts : elle occupe la 45ème position du classement Reporters sans Frontières (RSF) (2016). RSF précise que " L'année 2010 a été marquée par plusieurs agressions contre des journalistes, des mises en examen, des violations ou tentatives de violations du secret des sources" (un journaliste n’est pas tenu de dire comment il a obtenu ses informations). Si l’on observe ce même classement sur plus d'une décennie, force est de constater la chute de la France :

  • 2002 : 11ème position
  • 2004 : 19ème position
  • 2006 : 35ème position
  • 2008 : 35ème position
  • 2009 : 43ème position
  • 2010 : 44ème position
  • 2016 : 45ème position
  • 2017 : 45ème position

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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