Laïcité en France

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Devise de la République française à l'entrée d'une église

La conception de la laïcité en France est que l'État garantit la liberté des croyances religieuses et des convictions philosophiques. Leur expression publique est assurée à la condition de respecter l'ordre public. L'État n'intervient pas dans l' organisation des religions ni dans la définition des idées religieuses ou philosophiques. L'État n'aide pas financièrement ni ne privilégie aucune religion. Les lois françaises ne sont pas rédigées en fonction de critères religieux.

En 1958, la laïcité de la République est inscrite dans la Constitution de la Cinquième République française.

État et religion avant la Révolution française[modifier | modifier le wikicode]

Avant la Révolution française de 1789, la France n'était pas un état laïque. L'État et la religion catholique étaient intimement liés. Le roi était sacré par l'Église catholique et il jurait de la défendre. Le catholicisme était la religion officielle de l'État. Le gouvernement royal intervenait dans l'organisation de l'Église catholique en France (c'est le cas avec la Pragmatique sanction de Bourges et le Concordat de 1516), mais aussi avec la déclaration des quatre articles.

Au XVIe siècle, l'apparition de la religion protestante provoque des sanglantes guerres de religion entre catholiques et protestants français. L'Édit de Nantes de 1598, permet avec des restrictions de localisation, la pratique du protestantisme. Cependant en 1685 Louis XIV en révoquant l'Édit de Nantes, interdit la pratique du protestantisme en France. Les protestants sont convertis de force, ou émigrent, ou sont emprisonnés ou prennent les armes et luttent contre l'armée royale envoyée contre eux. Les autres religions (protestants et juifs) qui existaient en France étaient illégales et pouvaient subir des persécutions (ainsi les dragonnades contre les protestants pendant le règne de Louis XIV). Il n'y avait donc ni liberté de conscience ni liberté de culte. Depuis l'ordonnance royale de Villers-Cotterets de 1539, l'état-civil était tenu par l'Église catholique (registres de baptême, de mariages et de décès), si bien que les non-catholiques n'avaient pas d'état-civil.

Au cours du XVIIIe siècle de nombreuses affaires ayant pour motifs des questions religieuses aboutirent à des condamnations à mort : affaire du chevalier de La Barre, affaire Calas. S'appuyant sur les idées des philosophes des Lumières, les révolutionnaires français décidèrent d'installer en France la liberté de conscience et de culte dès 1789.

À partir de la Révolution française[modifier | modifier le wikicode]

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 affirme que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi » (article X).

Cependant l'État avec la Constitution civile du clergé votée en 1791, intervient dans l'organisation du clergé catholique. Cela provoque une fracture dans la population française et aboutit à de nouvelles guerres en partie à caractères religieux en particulier dans l'ouest de la France (Vendée et Bretagne). Pour couper les liens entre la religion (surtout catholique) et l'État, les Sans-culottes favorisent la déchristianisation qui s'en prend aux symboles, aux cérémonies et ou édifices religieux catholiques.

Le Concordat de 1801, permet de ramener la paix religieuse. Il proclame que le catholicisme est la religion de la majorité des Français, mais garantit la liberté d'organisation et de pratique religieuse pour les autres confessions (à l'époque les protestants et les juifs). L'Église catholique se renforce en ouvrant de nombreuses écoles confessionnelles dans l'enseignement primaire que l'État a laissé à l'abandon pendant de nombreuses décennies. Elle parvient à contrôler l'exercice de la profession d'instituteur, même dans l'enseignement public. L'Église catholique, alors liée aux milieux politiquement conservateurs ou réactionnaires favorables à un retour à la monarchie devient un adversaire des partisans de la République.

Au XIX siècle[modifier | modifier le wikicode]

Au cours du XIXe siècle, les républicains tentent de limiter l'influence de la religion dans la vie politique et en particulier dans l'enseignement primaire qui touche tous les habitants. Les lois dues a Jules Ferry au début des années 1880, affirment l'obligation scolaire, la gratuité de l'école primaire et la laïcité de l'enseignement public. Cependant les écoles confessionnelles subsistent et dans certaines régions concurrencent fortement les écoles publiques.

Pendant l'affaire Dreyfus (1894-1899), de nombreux responsables et personnalités de l'Église catholique de France prirent violemment parti pour la culpabilité de Dreyfus (qui fut reconnu innocent). Aussi les dirigeants républicains décidèrent de faire une loi qui affirmait la séparation des Églises et de l’État et préciserait les modalité de fonctionnement des religions au sein de la République française. Aristide Briand, député socialiste indépendant, fut le rapporteur de cette loi.

Loi de 1905[modifier | modifier le wikicode]

La loi de 1905 organise la séparation des Églises et de l'État. Elle introduit des principes de non-ingérence des institutions. Les institutions religieuses ne peuvent avoir d'influence sur l'État et l'État ne doit pas s'occuper des affaires des Églises. Les bâtiments du culte, déjà existants en 1905, deviennent la propriété des communes qui les mettent à la disposition des associations religieuses. Les bâtiments construits après 1905 sont à la charge totale des associations religieuses.

Depuis la Révolution française de 1789, l'état civil (l'enregistrement des naissances, mariages et décès) est tenu par les maires. Les cérémonies religieuses comme le baptême ou l'enterrement n'ont plus aucune valeur légale. Le mariage religieux ne peut être effectué qu'après le mariage civil. Cependant, les Églises chrétiennes continuent de tenir des registres de baptêmes et de mariages qui, en France, n'ont aucune valeur légale.

La loi de 1905, fut refusée par le pape Pie X et son application en France donna lieu à des émeutes pendant les inventaires des biens ecclésiastiques. La situation ne se calma qu'après la guerre de 1914-1918. L'idée française de laïcité est régulièrement remise en cause par certaines fractions de croyants. Certains hommes politiques actuels envisagent de la « dépoussiérer », la plupart pensent qu'il ne faut pas y toucher.

Aujourd'hui, un recensement fait par l'État ne peut pas comporter de questions portant sur la religion. C'est grâce à la loi de 1905 que cela n'existe plus.

Religion et société en France[modifier | modifier le wikicode]

Chacun est libre de pratiquer la religion de son choix ou de ne pas en avoir. Mais cette pratique ne doit pas nuire aux droits d'autrui. Par conséquent, la liberté d'expression d'une religion dans l'espace public doit respecter l'ordre public.

Par exemple, à l'école publique, les élèves ont le droit de porter des signes religieux, comme une croix. Les signes religieux ostentatoires (= trop visibles) sont interdits. Les parents qui ne sont pas d'accord avec ces règles ont la possibilité de scolariser leurs enfants dans des écoles privées.

Le délit de blasphème n'existe pas en France.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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