Usine d'alumine de Fria

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L'usine d'alumine de Fria ou usine d'alumine de Kimbo est la toute première usine d’alumine en terre africaine.

Elle a permis à la ville de Fria de connaître un rapide développement économique et démographique.

Situation géographique[modifier | modifier le wikicode]

La préfecture de Fria est une subdivision de la République de Guinée. Située à l’Ouest du pays, dans la région naturelle de la Basse Guinée, la préfecture de Fria fait partie de la région administrative de Boké. Son chef-lieu est la ville de Fria. Elle est située à 160 km de la capitale Conakry.

Présentation de l'usine[modifier | modifier le wikicode]

L’usine d’alumine de Kimbo occupe une superficie d’environ 60 ha sur un plateau situé à 200 m d’altitude au pied duquel coule le fleuve konkouré. L’usine comprend deux (2) unités de production :

  • Broyage de la bauxite ;
  • Calcination de l’hydrate d’alumine.

L’alumine est stockée dans un silo d’une capacité de 6 000 tonnes et évacuée par suite par train jusqu’au port de Conakry.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Fria – Kimbo procède à des longues prospections effectuées par des sociétés.

Depuis 1942, il a été constaté par les sociétés les indices de bauxite. En 1956 les travaux de prospection ont commencé. En 1957 une décision a été prise pour construire une usine sur le plateau de kimbo après les études de faisabilité.

Le 30 avril 1960, la première usine en terre africaine a été inaugurée. Au départ l’usine s’appelait la compagnie de Fria.

Les sociétés suivantes avaient les actions :

  • OLIN MATHIESON CHEMICAL CORPORATION (ETATS - UNIS)...48,5%
  • PECHYNEY et USIGINE (France) ...26,5%
  • THE BRISTICH ALUMINIUM COMPANY LIMITED (GRANDE BRETAGNE)...10%
  • ALUMINIUM SUISSE SA (SUISSE) ... 10%
  • VEREINIGTE ALUMINIUM (ALEMAGNE FEDERALE)…..5%.

Le coût élevé des premiers investissements (environ 140 000 000 de dollars US) explique le recours à un financement d'origine internationale.

Le 2 juillet 1973, la compagnie de Fria a été transformée avec l’aide du Président Ahmed Sékou TOURE en une société d’économie mixte dénommée FRIGUIA avec 49% des actions pour le gouvernement guinéen et 51% pour les sociétés étrangères regroupées dans une holding appelée FRIALCO.

Les ressources humaines[modifier | modifier le wikicode]

L’usine kimbo avait employé 1 600 agents dont 370 agents de maîtrise et cadres et ingénieurs. Tous ces travailleurs étaient répartis dans les différents secteurs de l’usine.

Les infrastructures de base[modifier | modifier le wikicode]

En 1959 un centre de formation professionnelle a été créé pour dispenser l’enseignement technique de base. Les cités pour loger le personnel et leur famille, l’hôpital Pechiney pour les soins médicaux des familles et des centres de loisirs ont vu le jour.

La détérioration de l'usine[modifier | modifier le wikicode]

La vie d’une société est comme la vie d'une personne. Au fil du temps, les conditions de travail se sont détériorées.

En octobre 1997, les actionnaires de Fria ont vendu l’usine à un dollar symbolique. Tous les jours, il fallait déposer 25 000 000 de dollars dans une banque suisse.

La société RENOX (américaine) a eu le marché. Cette société a signé un contrat de location gérance pour 25 ans à partir de l’année 2000. Les actions ont été réparties comme suit :

  • L’État guinéen 10% ;
  • TRADER 15%
  • RENOX et ses sociétés 75%

Malheureusement en 3 ans le coût de l’alumine a chuté, il n’y avait plus de rentabilité, RENOX a vendu ses actions à RUSAL en 2003 (RUSAL est le premier producteur d'aluminium au monde. Ses capitaux et ses dirigeants sont russes.)

L’impact de l'usine sur la population et son environnement[modifier | modifier le wikicode]

C’est l’usine qui a généré une ville qui à son tour a généré les infrastructures socio-économiques de base.

La vie de la ville de Fria dépend de l’usine. L’usine apportait à la ville plus de 600 000 000 de francs guinéens. C’est qui à permis à Fria de connaitre un rapide développement économique. Le ville s'est beaucoup agrandie et est devenue le centre d’une région administrative. On y retrouve toutes les installations d’une grande ville : centre administratif, postes, écoles, galeries marchandes, restaurants, aérodrome, hôpital, terrain de foot ball, maison des jeunes, mosquée, Église...

Dans le domaine du sport : trois cours de tennis, une piscine, deux terrains de volley ball, un terrain de basket ball, un terrain de jeu ont été construits.

Il existe en outre une bibliothèque et des ateliers pour peintre, photographes, maquettistes...

La grève[modifier | modifier le wikicode]

Depuis 2008, la crise sévissait déjà suite à l’incompréhension entre la Direction et les travailleurs. Le syndicat avait lancé un préavis de grève. Avant 2012, les négociations avaient commencé. Vingt-quatre (24) points ont été présentés dont le premier était l’augmentation de salaire. Les négociations n’ont pas abouties alors la grève fut déclenchée par le syndicat le 4 avril 2012.

Faute d'accord, l'activité n'a pas repris après cette grève, l'usine a fermé.

Les conséquences de cette gréve[modifier | modifier le wikicode]

Le « petit Paris » d'hier devient la ville du calvaire et de la désolation. La fermeture de l’usine a eu un impact négatif sur le plan économique, social et démographique à Fria :

  • La ville de Fria n’avait plus d’eau et d’électricité ;
  • Le manque de salaire des travailleurs a occasionné la vente des objets de valeur, tout juste pour nourrir leurs familles qui avaient l’habitude de prendre trois repas par jour gagnaient difficilement un repas par jour ;
  • Un faible revenu dans le commerce ;
  • La dislocation des familles qui a conduit au divorce de certains couples ;
  • Les classes très chargées dans les écoles publiques et beaucoup d'échec scolaire ;
  • La fermeture de certaines salles de classe suite au départ massif de la population vers d’autres horizons ;
  • Le manque d'argent a conduit certaines filles à se prostituer ; et de jeunes garçons à se livrer à la consommation et/ou à la vente de drogue ;
  • La dégradation de la cité, des lieux de loisirs, de l'hôpital, des routes…

Suite à cette misère, certains travailleurs et leurs familles sont tombés gravement malades et d’autres en sont morts.

Les perspectives de la reprise des activités de production[modifier | modifier le wikicode]

De nos jours le gouvernement et société RUSAL ont eu de fructueuses négociations dont la plus importante est celle tenue du 20 au 22 avril 2016 à Moscou.

La reprise d'activité de l'usine est prévue de manière progressive en deux phases :

  • La phase a pour objectif d’atteindre une capacité entre 550 000 et 600 000 tonnes par an. La mise en route de l’usine est prévue en 2018 après un audit détaillé de l’état des installations ;
  • La deuxième phase va consister à l’extension dont la production commencera en 2024 pour porter la capacité totale à 1 050 tonnes par an en 2026. Les études de faisabilité de l’extension seront engagées en 2019.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Cette usine d’alumine est le poumon économique de la préfecture de Fria, la laisser disparaître serait un danger pour toute la population de la Guinée.

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