Journée du 23 juin 1789

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Mirabeau répondant au Marquis de Dreux-Brézé. Gravure à partir du bas-relief de Jules Dalou -1883, entreposé au Palais Bourbon.

La journée du 23 juin 1789 est la date de la première désobéissance collective des députés du Tiers État aux ordres du roi Louis XVI. Ils refusent d'évacuer la salle des Menus Plaisirs où venait de se tenir en présence du roi une assemblée générale de tous les députés (noblesse, clergé et tiers état). Pendant cette journée Mirabeau se distingua en opposant aux ordres du roi, la réplique : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la puissance des baïonnettes ».

Les circonstances de la journée du 23 juin[modifier | modifier le wikicode]

Le 20 juin 1789, les députés du Tiers État, qui s'étaient renommés Assemblée nationale de 17 juin, rassemblés dans la salle du jeu de paume de Versailles rédigèrent et votèrent le serment du jeu de paume. Ils y déclaraient qu'ils ne se sépareraient pas avant d'avoir donner une constitution à la France. Le Tiers État proclamait de ce fait qu'il allait modifier le système de gouvernement de la France et remplacer la monarchie absolue par une monarchie constitutionnelle.

La séance royale du 23 juin 1789[modifier | modifier le wikicode]

Pour faire face à cette menace, le roi convoque une réunion générale des États généraux pour le 23 juin, réunion qui doit se tenir sous protection militaire et en dehors de la présence du public.

Le roi est accueilli en silence par les députés. Il fait lire deux déclarations où il affirme sa position.

Le roi reconnaît que les États généraux votent l'impôt et les emprunts royaux. Ils répartissent les dépenses (y compris celles de la Cour). Le roi garantit la liberté individuelle et celle de la presse. Au niveau des provinces, les États provinciaux (composés des représentants des trois ordres), assureraient la décentralisation c'est-à-dire l'application des décisions (jusqu'alors c'était surtout le rôle des intendant nommés par le rois). Le roi envisageait un programme de réformes (il espérait que le clergé et la noblesse accepteraient de participer au paiement des impôts royaux).

Cependant le roi cassait les décisions prises par le Tiers État depuis le début de juin (en particulier en matière d'impôt). Il maintient que le vote des décisions se fera par ordre séparément (chaque ordre comptant pour une voix, les ordres privilégiés totalisant deux voix, et le Tiers État une seule). Le roi accepte cependant que pour les grandes décisions les trois ordres siègent en commun, donc que le vote se fasse par tête (c'est-à-dire qu'un député compte pour une voix, or le Tiers dispose de 578 députés, la noblesse 270 et le clergé 291).

Pour ce qui est de l'organisation sociale du royaume le roi ne propose pas de réformes. Rien sur l'égalité fiscale, rien sur l'accès égal pour tous aux fonctions publiques, rien sur le régime seigneurial, rien sur les privilèges honorifiques. Tous les espoirs du Tiers État et en particulier de la bourgeoisie sont donc sans avenir.

À la fin de la séance royale le roi ordonne aux trois ordres de quitter la salle et se réunir séparément. Il menace de dissoudre les États généraux si on ne lui obéit pas. Puis il quitte la salle avec son entourage. La plus grande partie des députés de la noblesse en fait de même. Une grande partie des députés du clergé (en particulier les évêques et les abbés) les suivent. Les députés du Tiers État restent dans la salle (d'ailleurs il n'y avait pas d'autres salles suffisantes pour les accueillir tous).

La riposte du Tiers État[modifier | modifier le wikicode]

Comme les députés du Tiers État ne bougent pas le grand maître des cérémonies, le marquis de Dreux-Brézé vient leur rappeler l'ordre du roi. Le président du Tiers, Bailly lui répond que « la nation assemblée ne peut pas recevoir d'ordre », c'était affirmer la souveraineté de la Nation (l'ensemble des citoyens) face à la souveraineté royale. Mirabeau ajouta (du moins c'est ce qu'il fait savoir à ses électeurs de la circonscription d'Aix-en-Provence) qu'il avait apostrophé le marquis en lui disant « nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ». C'était l'épreuve de force.

Le roi et son entourage jugèrent qu'il n'était pas possible de briser la résistance du Tiers État. Le 25 juin, 47 députés de la noblesse, dont le duc d'Orléans, le cousin du roi, se joignent à l'Assemblée. Le 26 juin, les évêques d'Orange et d'Autun (Talleyrand), l'archevêque de Paris et trois curés rejoignent encore l'Assemblée. Les députés du clergé et ceux de la noblesse décidèrent alors de rejoindre le Tiers État. Le 27 juin, le roi demande aux récalcitrants d'en faire de même. C'était une capitulation du roi (mais provisoire). Le 7 juillet l'Assemblée de déclare Assemblée nationale constituante.

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