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Joseph Fouché

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Joseph Fouché en grand habit de ministre sous le Premier empire.

Joseph Fouché est un homme politique français, né le 21 mai 1759 au Pellerin (près de Nantes) et mort le 26 décembre 1820 à Trieste.

Il a été un des personnages-clé du Premier Empire en tant que ministre de la Police (1799-1802 et 1804-1810), et il a conservé son influence au début de la Restauration, avant d'être exilé comme régicide (lorsqu'il était membre de la Convention, il avait voté pour la mort du roi Louis XVI).

Les historiens le présentent généralement comme un personnage intelligent mais sans scrupules, qui n’hésitait pas à changer de camp selon les circonstances.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Joseph Fouché est le fils d'un capitaine de navire, propriétaire d'une plantation à Saint-Domingue ; celui-ci meurt alors que son fils est encore jeune. Fouché commence des études chez les Oratoriens pour devenir prêtre, puis il y renonce. Il devient alors professeur de sciences et il exerce ce métier dans différentes villes, dont Niort, Arras (où il rencontre Robespierre) et Nantes.

Fouché pendant la Révolution[modifier | modifier le wikicode]

En 1789, Fouché est favorable aux idées de la Révolution française. Il est élu député de Nantes en 1792, et il part à Paris siéger à la Convention. La même année, il épouse Bonne-Jeanne Coiquaud, avec laquelle il aura cinq enfants. Fouché vote en faveur de la mort de Louis XVI ; il est d'abord proche des Girondins puis il rejoint le groupe des Montagnards.

En 1793, Fouché, député-représentant en mission dans le département de la Nièvre, y inaugure le mouvement de déchristianisation qui allait agiter et diviser la France pendant plusieurs mois. Puis il est envoyé par la Convention à Lyon pour mettre fin à une révolte des Lyonnais contre la Convention (en fait, les Girondins lyonnais s'opposaient à la politique de la Convention, dirigée à Paris par Robespierre et les Montagnards). Fouché fait preuve de violence et d'une grande cruauté contre les insurgés et les présumés « ennemis de la République » : il fait rassembler les condamnés par groupes et fait tirer le canon sur eux pour les exécuter (il a été surnommé le Mitrailleur de Lyon). Il attend l'ordre de détruire Lyon – rebaptisée Ville-Affranchie par la Convention - lorsqu'il est rappelé à Paris en 1794. Robespierre lui aurait alors reproché sa cruauté1.

Fouché se fait élire président du Club des Jacobins, mais cette présidence lui est retirée après l'intervention de Robespierre. Fouché, qui a peur d'être une des prochaines victimes de la Terreur, participe à la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Les années suivantes, il n'a aucun rôle politique important juqu'en 1799, lorsqu'il est nommé ministre de la Police par les membres du Directoire. Il gardera ce poste sous le Consulat et sous l'Empire.

Ministre de la Police[modifier | modifier le wikicode]

Fouché réorganise le ministère. Il laisse faire le Coup d'État du 18 brumaire, qui renverse le Directoire et permet au général Bonaparte de s'emparer du pouvoir. Il conserve d'abord son poste de ministre, puis Bonaparte supprime en 1802 le ministère de la Police après avoir entendu les critiques de certains de ses proches contre Fouché. Celui-ci devient alors sénateur. Cependant Napoléon, devenu empereur, lui redonne le ministère de la Police en 1804. Fouché est alors un personnage puissant. Ses services réussissent à empêcher plusieurs complots contre l'Empereur et, lorsque Napoléon part en guerre, c'est lui qui assure la gestion de l'Empire. En 1809, l'empereur lui accorde le titre de Duc d'Otrante. Avec Talleyrand, Fouché essaie de négocier secrètement (sans en informer l'empereur) un traité de paix avec l'Angleterre. Napoléon apprend cette tentative de négociation et, en 1810, Fouché est renvoyé du gouvernement.

De l'Empire à la Restauration[modifier | modifier le wikicode]

En 1814, Napoléon est vaincu et la France est envahie. Fouché se met d'accord avec le roi de Naples Joachim Murat pour favoriser le retour de la dynastie des Bourbons en France. La lieutenance du royaume est offerte au comte d'Artois (le futur Charles X de France), frère des rois Louis XVI et Louis XVIII : ce dernier est devenu roi après l'abdication et l'exil à l'Île d'Elbe de Napoléon. L'empereur s'en échappe et, après son retour en France en 1815 (période des Cent Jours), il renomme Fouché au ministère de la Police, mais celui-ci garde des contacts avec les royalistes. Lorsque Napoléon est définitivement vaincu (bataille de Waterloo), Fouché devient le chef du gouvernement provisoire et il garde le ministère de la Police après le retour de Louis XVIII. Les royalistes protestent, car Fouché avait voté pour la mort de Louis XVI en 1793 ; il est alors nommé ambassadeur à Dresde par le roi en 1815. Il doit cependant quitter ce poste lorsque la loi condamnant les régicides est votée en 1816.

Dernières années[modifier | modifier le wikicode]

Fouché part en exil et réside à Trieste. Sa première femme étant morte, il se remarie en 1818 avec une jeune fille noble, Gabrielle de Castellane. Il écrit ses Mémoires et meurt à Trieste en 1820, âgé de 61 ans.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. d'après les Mémoires de la sœur de Robespierre

Vikilien[modifier | modifier le wikicode]

Lien externe[modifier | modifier le wikicode]

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