Jeanne de Castille

« Jeanne de Castille » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

Jeanne Ire de Castille, dite Jeanne la Folle (en espagnol Juana la Loca), née le 6 novembre 1479, morte le 12 avril 1555, est une reine de Castille (1504–1555), et de plus reine d'Aragon (1516–1555).

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Jeanne était la fille des Rois catholiques Ferdinand II d'Aragon (1452-1516) et Isabelle de Castille (1451-1504). En 1496, elle épouse Philippe le beau, fils de l'empereur germanique et archiduc d'Autriche Maximilien Ier de Habsbourg. Elle est la mère de Charles Quint et de Ferdinand Ier de Habsbourg.

À la mort de sa mère, elle devient reine de Castille mais elle est écartée du pouvoir, puis emprisonnée, prétenduement à cause de son état mental, par son père Ferdinand qui devient régent à sa place. En 1516, elle devient en plus reine d'Aragon avec comme co-roi son fils Charles. Son père et son fils s'étaient engagés à lui rendre la totalité de ses pouvoirs en cas de retour à la raison.

L'Espagne a été de cette manière définitivement unie à partir du 25 janvier 1516.

Ses idées religieuses[modifier | modifier le wikicode]

Jeanne était hostile aux cruels traitements (bûcher, torture) que l'inquisition appliquait aux protestants. À cette époque la tolérance était très mal vue et cela la rendit suspecte. Plus tard elle s'opposera au point de refuser certains sacrements catholiques romains, ce qui à l'époque pouvait être puni de mort. 1

Sa folie[modifier | modifier le wikicode]

Durant sa jeunesse, Jeanne était intelligente, éduquée et de grande sensibilité. Ce n'est qu'à partir de son mariage avec Philippe le Beau qu'on va l'accuser d'être folle, ceci peut-être à cause de la sympathie que Jeanne éprouve pour les idées religieuses de Luther. Elle va être internée dans la forteresse de Tordesillas, dans une chambre étroite, sans fenêtres, éclairée seulement par une chandelle, et dont on ne lui permettait pas de sortir pour se promener quelques moments, ce qu'on accordait aux meurtriers mais pas aux luthériens, pas même dans un corridor qui avait vue sur la rivière.

Des médecins ayant été appelés à examiner si cette folie existait, et ayant interrogé les officiers et domestiques qui l'entouraient, le cardinal plus tard pape Adrien VI, l'un de ses geôliers, rendit compte à l'empereur de cette enquête en ces mots : « Quasiment tous les officiers et serviteurs de la reine disent qu'elle a été opprimée et détenue par force dans ce château durant quatorze ans, sous prétexte de démence, tandis qu'elle a toujours été aussi saine d'esprit et aussi raisonnable qu'au moment de son mariage2 ».

Son père, le régent Ferdinand II d'Aragon et son mari, Philippe de Habsbourg espéraient tous deux gouverner sans Jeanne, la future Espagne. Tous deux avaient intérêt à déclarer Jeanne folle. En effet, c'était à elle et non à son père Ferdinand qu'appartenait le royaume de Castille après la mort d'Isabelle. C'était à elle et non à son mari Philippe et plus tard à son fils Charles Quint qu'appartenaient les Espagnes, Naples, la Sicile et autres domaines. Elle fut privée de tout par eux et reçut en échange une étroite prison au nom de sa très opportune "folie"3.

Descendance[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Lorsque le marquis de Dénia demande à Jeanne de suivre les pratiques romaines, elle ne veut pas en entendre parler. « En vérité, écrit le marquis à Charles-Quint, si Votre Majesté voulait lui appliquer la torture ce serait rendre service à Dieu et à Son Altesse. (Lettre du marquis de Dénia à l'Empereur, en date du 25 janvier 1522)». Le théologien de Soto, célèbre par ses connaissances et sa piété, arriva jusqu'à elle le matin de sa mort ; et il dit l'avoir trouvée chrétienne, mais toujours opposée aux rites catholique-romains contestés par Luther. Il dit : Béni soit le Seigneur, son Altesse m'a dit des choses qui m'ont consolé ». Il ajoute : « Toutefois elle n'est pas disposée au sacrement de l'eucharistie » Cité dans "Johanna war eine Lutheranerin" (Sybel, Histor, Zeitschrift, XX, p. 262) listant les instructions pour le duc d'Albe des 12, 13 et 14 avril 1521 (Arch. De Simancas).
  2. Lettre du cardinal Adrien à l'empereur Charles-Quint du 4 septembre 1520 (Bergenroth, Calendar of lettters)
  3. Calendar of letters, dispatches and state papers, relating to negotiations between England and Spain, edited by G.-A. Bergenroth. London, Longman et C°. 1868.

Source partielle[modifier | modifier le wikicode]

  • Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995 ISBN 2-04-027115-5 (chapitre Descendance)
Icone chateau.png Portail de l'Histoire —  Toute l'Histoire, de la préhistoire, jusqu'à aujourd'hui.
Portail Espagne —  Tous les articles sur l'Espagne
Portail de la Monarchie —  Tous les articles concernant la Monarchie.