Houari Boumédiène

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Houari Boumédiène en 1972

Houari Boumediene, de son vrai nom Mohammed Boukharouba (هواري بومدين en arabe ce qui veut dire l'homme au caroubier) , est né entre 1930 et 1937 (officiellement le 23 août 1932) dans un petit hameau (mechta) près de Guelma dans l'Est algérien. Il décède à Alger le 27 décembre 1978.

Chef de région militaire pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), il devient en juin 1965, le chef politique de l'Algérie en étant placé à la tête du Conseil de la Révolution. Il a tenté d'établir en Algérie un régime d'économie nationalisée et étatisée (le socialisme algérien). En politique extérieure il est partisan de la politique de coopération et de solidarité entre les pays du Tiers monde (nom donné aux pays les moins développés qui tentaient d'échapper au camp occidental (mené par les États-Unis) et au camp oriental (mené par l'URSS)).

Il était considéré en Algérie, ainsi que dans tout le monde arabe comme un héros national.

Boumediene est mort officiellement d'une maladie d'autres détracteurs pensant qu'il été empoisonné par des pays alliés ou par des ennemis de Boumediene et de l'Algérie. Pour lui rendre hommage, l'aéroport d'Alger porte son nom: l'Aéroport d'Alger - Houari Boumédiène

Le militant nationaliste[modifier | modifier le wikicode]

Houari Boumediene est issu d'un milieu modeste, il est un des sept enfants d'un père arabe et très pieux et d'une mère berbérophone. Il est lui-même pieux et apprend facilement le Coran si bien qu'il entre à l'école primaire de Guelma (ce qui était rare à l'époque pour les enfants d'origine maghrébine). Il obtient son certificat d'études et entre alors à l'institut islamique El Kettania de Constantine. Pendant cette période il est le témoin des massacres perpétrés par l'armée française pour réprimer les soulèvements de Sétif, Gelma et Kherrata en mai 1945. Ces événements le marquent profondément.

À Constantine il milite dans le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj qui conteste la colonisation française de l'Algérie. Ne voulant pas faire son service militaire dans l'armée française, avec quelques camarades, il fuit clandestinement en Tunisie, puis en Libye et enfin se fixe au Caire en Égypte.

Il suit alors les cours de la prestigieuse université Al-Azhar. Il se lie avec des officiers nationalistes égyptiens, les Officiers libres qui sont dirigés par Gamal Abdel Nasser. Ceux-ci renversent le gouvernement du roi Farouk en juillet 1952 et établissent la république. Houari Boumediene intègre alors un groupe de nationalistes algériens qui sont réfugiés au Caire.

Le combattant nationaliste[modifier | modifier le wikicode]

Dès novembre 1954, au début de l'insurrection armée en Algérie, Boumediene cesse ses études et commence une formation militaire dans les environs du Caire. En février 1955, il convoie par la mer un chargement d'armes destinées aux rebelles-maquisards de la région d'Oran. Il prend alors un pseudonyme (sidi el-Houari est le saint patron de la ville d'Oran et sidi Boumediene celui de Tlemcen en Oranie). Il est sous les ordres de Mohammed Boudiaf puis de Abdelhafid Boussouf. En novembre 1957, Boudemiene succède à Boussouf à la tête de la wilaya V (région militaire des combattants algériens), il a le grade de colonel. Il s'y montre un bon organisateur très exigeant pour ses subordonnés. Il s'entend assez mal avec les « civils » représentant le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) mais déjà il est partisan d'une économie de type socialiste destinée à donner du pain, de l'instruction et un logement décent aux paysans algériens. Il devient chef de l'État-major général de l'ALN (Armée de Libération Nationale), qui unifie tous les combattants algériens contre les Français.

La prise du pouvoir[modifier | modifier le wikicode]

Bumediene (à droite) et Ben Bella en 1962

Le 1er juillet 1962, un référendum proclame l'indépendance de l'Algérie. Très vite des désaccords se manifestent entre le GPRA (qui a négocié et signé avec la France les accords d'Évian qui aboutissent à l'indépendance) et le FLN (parti politique qui avait été la cheville ouvrière de l'insurrection). En septembre 1962, Ahmed Ben Bella , leader du FLN, forme le premier gouvernement algérien. Boumediene est nommé ministre de la Défense (poste qu'il occupera jusqu'à sa mort), puis en mais 1963, il devient vice-président du conseil des ministres. Rapidement Boumediene est en désaccord avec Ben Bella sur les moyens d'établir une économie socialiste en Algérie. Alors que Ben Bella tente de le destituer, Boumediene le renverse et devient le chef d'un Conseil de la Révolution composé de 26 membres le 19 juin 1965. Il le restera jusqu'à sa mort en 1978 (alors les membres du Conseil ne seront plus que 8 à la suite de décès, de destitution ou de démission).

Le chef de l'État[modifier | modifier le wikicode]

Boumediene est désormais le responsable principal de l'avenir de l'Algérie. Il entreprend de faire de l'Algérie un pays moderne basé sur le socialisme. La fuite des cadres économiques et des administrateurs d'origine européenne après l'indépendance rend la tâche très compliquée. De plus pendant la période coloniale pour garantir l'écoulement de produits français en Algérie, la France n'avait pas beaucoup développé le secteur industriel. Pour éviter de créer une élite d'origine maghrébine dont on craignait les possibles idées nationalistes, l'enseignement en direction des arabo-berbères avait été limité au strict minimum.

Mais l'Algérie dispose de richesses importantes, en particulier dans les hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) dont la découverte récente a limité l'exploitation. Boumediene décide de nationaliser ces ressources nationales qui devront servir de base au développement du pays. Pour cela il crée des sociétés d'État dans les mines, les hydrocarbures, l'électricité, la chimie liée aux hydrocarbures, les banques …Puis le secteur agricole est réformé, les grands domaines coloniaux sont convertis en fermes collectives ou en fermes d'État (inspirées de l'URSS).

Dans le domaine politique, il réorganise l'administration en créant des communes dotées d'une assemblée populaire élue, les wilayas (préfectures) connaissent les mêmes dispositions. Le FLN reste le parti unique. Les opposants doivent s'exiler (cas de Hocine Aït Ahmed ou placés en résidence surveillée (cas de Ben Bella). En 1976, Boumediene fait voter par référendum une Charte et une nouvelle constitution où le chef de l'État concentre une grande partie des pouvoirs. Boumediene, le seul candidat, est élu président de la République à la quasi unanimité des suffrages exprimés. En février 1977, une Assemblée populaire nationale est élue (le FLN est toujours le parti unique).

Un des leaders du Tiers Monde[modifier | modifier le wikicode]

En 1975, Boumdiene assis entre le Shah d'Iran (à gauche) et Saddam Hussein

En 1973, Boumediene organise à Alger le sommet des non-alignés auquel assistent les plus grands dirigeants du Tiers-Monde de l’époque. Boumediene soutient activement les différents mouvements de libération en lutte pour l'indépendance en Afrique, en Asie et enAmérique latine. En 1974 à New York, il participe une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières qu’il a convoquée au nom des non-alignés. Il y demande l'organisation d'un ordre économique mondial plus favorable aux intérêts du Tiers Monde.

En 1975 il réunit à Alger le premier sommet de l'OPEP où les membres du cartel ont pu définir une politique pétrolière concertée en particulier vis à vis des compagnies pétrolières étrangères. Il s'agit de réguler la production pour obtenir les prix les plus hauts possibles afin de financer le développement des pays producteurs. Il parvint à obtenir la paix entre l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein.

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