Honnête homme

« Honnête homme » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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L'Honnête homme correspond à un idéal d'être humain apparu au XVIIe siècle dans les écrits des moralistes et des écrivains. Pour ces auteurs l'Honnête homme fréquente le « beau monde », les milieux les plus aisés. Dans ce milieu des salons littéraires ou à la cour royale, il fait preuve d'humilité, de courtoisie envers ses interlocuteurs auxquels il adapte son comportement et ses paroles. Il fait preuve de politesse dans ses relations sociales et a une apparence agréable à voir. Il dispose d'une culture étendue , « généraliste » , dont il évite de faire étalage, mais qui lui permet de pourvoir discuter facilement et utilement avec des personnes très diverses qui ont des centres d'intérêt particuliers. En toute occasion il contrôle l'expression de ses sentiments et fait preuve de modération. C'est une personne de « bonne compagnie » , qui « sait vivre », que l'on a plaisir à fréquenter.

L'Honnête homme sait se comporter en société. Il a le sens des convenances mondaines. Il a des manières raffinées (les « bonnes manières »), il sait s'habiller avec goût et en suivant discrètement la mode (souvent changeante à l'époque), mais sans excès vestimentaires. Il peut ainsi fréquenter la société aisée, celle dont les membres n'ont pas le soucis de se procurer des moyens de vivre, c'est-à-dire la noblesse, la haute bourgeoisie qui tente d'imiter la noblesse ... Ces personnes peuvent consacrer une grande partie de leur temps aux rencontres intéressantes. Lui même d'ailleurs ne travaille pas et à donc le temps de fréquenter la société. Ce comportement en fait le contraire du « fâcheux », de l' « importun », voir du « provincial » qui ne connait pas les bons usages de la ville et de la Cour.

Côtoyant des personnes très différentes, l'Honnête homme sait s'adapter à son interlocuteur. Il ne se comportera pas de la même manière, et ne parlera pas des mêmes choses à un ecclésiastique de haut rang, à un noble qui est l'héritier d'une grande famille ou à une jeune femme charmante. Il sait mener une conversation où il s'efforce de laisser la parole à son vis-à-vis pour me mettre en valeur. Il sait faire preuve d'esprit et la finesse de ses réparties doivent plus provoquer un sourire complice et entendu qu'un rire bruyant. Il fait donc preuve d'humilité et sait maîtriser son amour-propre, comme il sait qu'il ne faut pas étaler ses sentiments et se montrer en toutes circonstances calme et détendu.

Cette fréquentation d'un milieu très diversifié où il faire « bonne figure », nécessite une culture très étendue, donc généraliste. Il faut éviter de se spécialiser et n'avoir qu'un seul sujet de conversation. Il s'intéresse aux arts, aux lettres et aux théâtre, qui occupent grandement les esprits et les conversations aussi bien à la Cour que dans les salons. Il vaut mieux « avoir une tête bien faite qu'une tête bien pleine » (déjà au XVIe siècle l'idéal de Montaigne). L'idée est reprise par Descartes qui affirme que l'honnête homme {{"| doit seulement prendre garde à employer son loisir en choses honnêtes et utiles, et à ne charger sa mémoire que des plus nécessaires». Mais l'Honnête homme doit savoir ne pas faire étalage de ses connaissances, mêmes si elles sont « pointues » et étendues dans certains domaines. Il ne doit pas écraser son interlocuteur par son savoir, il ne doit pas être pédant ce qui indispose son entourage et le fait passer pour un sot ou un fat.

Cette conception de l'Honnête homme a été théorisée au XVIIe siècle par Nicolas Faret dès 1630, dans son ouvrage L'Honnête homme ou l'art de plaire à la Cour et par Guez de Balzac ou encore le chevalier de Méré (dans son ouvrage De la conversation, 1677). De nombreux auteurs du XVIIe siècle comme Pascal, La Rochefoucauld font également référence à cette notion.


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