Histoire de la Chine communiste

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Depuis la fin de 1949, la Chine est dirigée par le parti communiste. Sous la direction de Mao Zedong, les communistes chinois ont établi un régime politique dictatorial et organisé une économie planifiée dirigée par l'État. De 1949 à 1976, l'histoire de la Chine a été agitée, en particulier dans les années 1960 avec la révolution culturelle chinoise. Depuis la mort de Mao Zedong en 1976, tout en maintenant un régime dictatorial et après beaucoup d'hésitations violentes, les communistes chinois ont décidé de moderniser l'économie en introduisant la propriété privée et des entreprises étrangères. Aujourd'hui la République populaire de Chine est une des plus grandes puissances du monde.

Mao Zedong installe le communisme en Chine[modifier | modifier le wikicode]

Mao Zedong proclame la République populaire chinoise, le 1° octobre 1949

La Chine en 1949[modifier | modifier le wikicode]

En 1949, la Chine est un pays ravagé par près de trente années de guerres civiles et étrangères. L'agriculture, ressource principale du pays, a une production réduite car des terres ont été abandonnées par les paysans fuyant les combats ou les pillages, les digues et les canaux n'ont pas été entretenus et sont en partie détruits. La grande industrie de Mandchourie a disparu depuis que les Soviétiques ont démonté les installations. La flotte marchande est partie à Taïwan avec les partisans nationalistes du Guomindang. La monnaie est sans valeur, car il y eu trop de billets émis par le gouvernement du Guomindang. Une partie de la population est sur le chemin du retour vers leurs régions d'origine.

Cependant, le parti communiste chinois peut compter sur ses 6 millions de militants, qui ont acquis un prestige considérable dans la guerre contre les Japonais, et ont l'habitude de l'organisation expérimentée dans les régions qu'ils administraient depuis 1925. L'Armée Populaire de Libération fournit aussi l'encadrement et éventuellement la main-d'œuvre. De plus grâce au pacte d'assistance mutuelle économique et militaire signé avec l'URSS en février 1950, celle-ci s'engage à fournir des techniciens et des conseillers.

La reconstruction et la mise en place du collectivisme (1950-1956)[modifier | modifier le wikicode]

Afin de ne pas faire fuir les trop peu nombreux cadres économiques compétents, les communistes débutent par des réformes modérées. Seules les grandes entreprises industrielles appartenant à des sociétés étrangères ou à des membres importants du Guomindang deviennent propriétés de l'État (nationalisation). Les autres entreprises sont seulement contrôlées par l'État.

Dans les campagnes les domaines des grands propriétaires sont confisqués et distribués à plus de 70 millions de familles de paysans pauvres. Les petits propriétaires ne sont pas inquiétés. On encourage les agriculteurs à travailler en commun afin de leur faire perdre l'état d'esprit individualiste. Cependant de nombreux procès expéditifs sont faits contre les anciens gros propriétaires qui sont soit exécutés soit contraints à une « rééducation par le travail ».

La société est aussi « remodelée ». L'égalité entre les hommes et les femmes est décidée. L'écriture est simplifiée afin de permettre son acquisition par le plus grand nombre. Périodiquement des « campagnes de masse » sont organisées afin de faire participer la population à la lutte contre la corruption, la fraude aux impôts, la bureaucratie.

La situation économique étant partiellement rétablie, les dirigeants communistes décident de passer à la construction d'une société socialiste.

Fortement inspirés par les conseillers soviétiques, ils mettent en place un plan quinquennal de développement pour les années 1953-1957. L'état investit dans l'industrie (près de 60% des fonds), dans les transports (près de 20%) mais très peu dans l'agriculture qui pourtant occupe les trois quarts de la population. Ce choix est dicté par le souci de créer une industrie quasi inexistante jusque-là et à travers elle de créer une classe ouvrière nombreuse capable de faire contrepoids à la masse des paysans. Il faut aussi tirer parti des immenses richesses naturelles du pays et de l'expérience des soviétiques. C'est surtout l'industrie lourde (acier, chimie, grosses constructions mécaniques), très gourmande en capitaux, qui est favorisée ; l'industrie des biens de consommation est négligée (faute de moyens financiers de l'État propriétaire et de revenus suffisants pour les consommateurs dont les achats sont restreints). Les résultats, du moins tels qu'ils sont donnés officiellement montrent une forte progression de l'acier (multiplié par quatre). Mais l'agriculture piétine avec seulement 0,5% de croissance annuelle alors que la population augmente de 2,3% par an.

En 1955-1956, les communistes mettent en place le collectivisme. Toutes les entreprises industrielles privées sont nationalisées (les anciens dirigeants en deviennent souvent les cadres), il en est de même pour le commerce (sauf le commerce de détail). Dans les campagnes on oblige les paysans à se regrouper en coopératives (elles ne représentaient que 7% des familles en 1954, en 1956, toutes les familles sont membres d'une coopérative). Ce système facilite la perception des impôts, doit permettre une meilleure utilisation du travail et du matériel agricole et aussi doit faire changer les mentalités (moins d'individualisme).

Le grand bond en avant[modifier | modifier le wikicode]

À la fin de 1957, les dirigeants communistes chinois décident d'abandonner le modèle économique soviétique.

Faute de capitaux suffisants ils décident de mobiliser l'énorme richesse que représente le travail des centaines de millions de ruraux. Désormais les campagnes doivent produire tout ce dont elles ont besoin. Des bas-fourneaux et des mini-centrales sont construits afin de permettre la fabrication d'objets de la vie courante. Les ruraux sont regroupés dans 26 000 communes populaires (environ 5000 familles dans chacune d'elles). Ces communes détiennent les moyens de production (terres, matériel agricole, ateliers industriels...). De plus, elles remplacent l'administration et gère l'éducation, la santé, la défense. Elles créent des crèches, des réfectoires communs, elles organisent les loisirs.

Cette politique échoue pour de multiples raisons. Pendant trois années de suite des catastrophes naturelles frappent la Chine. De plus la volonté de produire plus a conduit à défricher les pentes ce qui provoque du ravinement emportant les terres cultivables ; les produits des bas-fourneaux sont de qualité médiocre et peu utilisables. La tâche à accomplir submerge les cadres locaux qui commettent des erreurs. Enfin, en 1960, les soviétiques rompent leurs relations avec la Chine et retirent leurs techniciens.

La révolution culturelle[modifier | modifier le wikicode]

L'échec partiel du « Grand bond en avant » met en cause Mao Zedong, son principal organisateur. Des communistes « gestionnaires », comme Liu Shaoqi et Deng Xiaoping tentent de réduire les pouvoirs de Mao.

Aidé par l'armée chinoise commandée par Lin Biao, Mao riposte. Dès 1964, des millions d'exemplaires du « petit livre rouge », où est regroupée et résumée la « pensée maozedong », sont distribués dans l'armée et parmi les jeunes. En novembre 1965, commence la Révolution culturelle. Soldats et jeunes gardes rouges attaquent violemment par des affiches murales manuscrites (les dazibaos) les cadres communistes hostiles à Mao. Ces derniers doivent démissionner, sont traduits devant des tribunaux populaires improvisés, sont contraints de faire leur autocritique publique. Beaucoup sont envoyés en camp d'internement ou dans les villages pour leur « rééducation » politique. Certains sont emprisonnés voire tués. Partout les autorités anciennes sont débordées.

À l'automne 1967, l'armée crée des comités révolutionnaires, formés de gardes rouges, de cadres communistes favorables à Mao et de militaires. Ces comités prennent localement le pouvoir et rétablissent l'ordre (difficilement puisque la reprise en main durera jusqu'en 1971). Liu Shaoqi et Deng Xiaoping ont été écartés du pouvoir dès 1966.

Mais des divergences entre maoistes apparaissent. Lin Biao, pourtant désigné dès 1969, comme successeur de Mao aurait comploté contre lui. Il trouve la mort en septembre 1971, dans un « accident » d'avion alors qu'il s'enfuyait à Moscou. Le Premier ministre chinois Zhou en lai, resté en poste pendant toute la révolution culturelle, rappelle les anciens dirigeants écartés, en particulier Deng Xiaoping.

La Chine depuis la mort de Mao Zedong[modifier | modifier le wikicode]

La liquidation du maoïsme[modifier | modifier le wikicode]

Le retour en grâce des communistes « gestionnaires » ne désarme pas les partisans de la Révolution culturelle (ceux que l'on nommera après leur défaite politique, la « Bande des quatre »). Ils profitent de la mort de Zhou Enlaï (janvier 1976) puis de celle de Mao Zedong (septembre 1976) pour évincer Deng Xiaoping. Ils acceptent de mettre au pouvoir un dirigeant communiste de deuxième rang Hua Guofeng. Mais début octobre 1976, la bande des quatre est arrêtée pour complot contre l'État (ils seront jugés en 1980). C'est la fin de la période maoïste.

Deng Xiaoping modernise la Chine[modifier | modifier le wikicode]

Propagande en faveur de la politique de modernisation menée par Deng Xiaoping

En juillet 1977, Dien Xiaoping est réhabilité et reprend progressivement toutes ses fonctions. À partir de l'automne 1978, la politique de Mao pendant la révolution culturelle est fortement critiquée. En 1980, Liu Shaoqi, qui est mort en 1969 en prison, est réhabilité. Deng Xioping parvient à placer ses partisans à tous les postes de commande du parti et de l'État. Hua Guofeng est ainsi éliminé.

Depuis 1977, sous la conduite de Deng Xiaoping, la Chine s'engage dans la modernisation. Tout en conservant la dictature politique et le rôle dirigeant du parti communiste, Deng bouleverse l'économie chinoise.

Le profit individuel est introduit, des stimulants matériels (primes) sont versés aux salariés qui travaillent plus ou mieux. La responsabilité individuelle devient une des bases de l'organisation économique. On peut alors créer de petites entreprises industrielles et dans les campagnes les familles sont incitées à posséder des terres afin d'augmenter leur productivité.

Les entreprises étrangères sont invitées à venir s'installer en Chine (grâce à des avantages fiscaux et à la mise à leur disposition d'une main-d'œuvre bon marché). On crée pour cela des zones économiques spéciales sur les côtes. La partie la plus moderne des entreprises d'État sont vendues à des investisseurs privés chinois. L'État se charge de moderniser progressivement les entreprises les plus archaïques.

Afin d'augmenter les conditions de vie des familles, la politique de l'enfant unique est mise en place. Elle doit permettre de faire face à l'explosion démographique (la population passe de 583 millions en 1953, à 950 millions en 1982, elle est d'environ 1 300 millions aujourd'hui). Cette politique n'est vraiment suivie qu'en ville où il plus facile de contrôler les familles.

De 1980 à 1987, Hu Yaobang, secrétaire général du parti communiste, mène une politique plus ouverte envers les intellectuels et les Tibétains. Mais cette "libéralisation" engendre des manifestations et Hu Yaobang est écarté du pouvoir. Les Tibétains sont durement repris en mains par Hu Jintao. Pour déplorer la mort de Hu Yaobang, en 1989, les étudiants de Beijing manifestent sur la place Tian'anmen de Beijing. Ils sont violemment réprimés par l'armée qui fait intervenir les chars. Deng Xiaoping meurt en 1997. Comme « petit timonier », les dirigeants chinois le placent au même niveau que Mao Zedong (le grand timonier).

Depuis la Chine populaire connaît un développement économique spectaculaire. Mais celui-ci aggrave le déséquilibre entre les régions côtières très développées et riches et les régions intérieures qui ont du mal à retenir leur population. Les contrastes sociaux sont également devenus très grands. À côté d'une grande masse d'urbains et de ruraux qui vivement sans pouvoir faire d'excès, se développent une classe moyenne et une petite frange de nouveaux riches qui vivent confortablement. Le parti communiste chinois maintient une politique de répression contre les opposants politiques et a installé une censure étroite des moyens de communications modernes (internet en particulier).

La Chine troisième grand mondial[modifier | modifier le wikicode]

Le leader du Tiers Monde[modifier | modifier le wikicode]

Dans les premières années la Chine populaire s'aligne sur la politique extérieure de l'URSS. En février 1950, les deux pays signent un traité d'amitié, d'alliance et d'assistance mutuelle. À partir de juin 1950, la Chine populaire participe à la guerre de Corée où elle soutient la partie communiste. La diplomatie chinoise est le domaine de Zhou Enlai. En 1954, il participe à la conférence de Genève qui met fin à la guerre d'Indochine et accorde l'indépendance du Viêt Nam. En 1955, à la Conférence de Bandoeng Zhou Enlaï apparait comme un des leaders des pays sous développés. Il développe la collaboration diplomatique avec les pays se réclamant du neutralisme (l'Inde en particulier).

L'affirmation internationale de la Chine[modifier | modifier le wikicode]

La Chine rompt avec l'URSS et les pays de l'Europe de l'Est pendant la période du « Grand bond en avant » (seule l'Albanie lui reste fidèle). En 1959, la répression de révoltes au Tibet aboutit au départ forcé du Dalaï Lama, chef religieux tibétain, et le début d'une colonisation chinoise de la région. À l'automne 1962, à la suite d'un conflit sur les frontières himalayennes la Chine rompt avec l'Inde et se rapproche du Pakistan (ennemi de l'Inde). En 1963-1964, Zhou Enlaï visite de nombreux pays d'Afrique qui viennent d'obtenir leur indépendance. Il y signe de nombreux accords économiques et obtient l'appui de ces pays pour poser la candidature de la Chine populaire à l'ONU. Les Chinois aident au mieux de leurs possibilités, les Vietnamiens du Nord qui luttent contre les Américains pendant la guerre du Viêt Nam. En 1969, un conflit de frontières sur le fleuve Oussouri aggrave les mauvaises relations entre L'URSS et la Chine. En 1967, la Chine fait exploser sa première bombe atomique de type H.

Kissinger, Zhou Enlai et Mao Zedong au temps de la "diplomatie du ping pong"

La Chine populaire se rapproche des États-Unis[modifier | modifier le wikicode]

En 1949, la Chine populaire n'est pas membre de l'ONU. C'est le gouvernement nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek, installé à Taïwan, qui est un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. La Chine populaire n'est reconnue que par l'URSS, les pays communistes européens ainsi que par quelques pays occidentaux comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas. En 1964, la France du général de Gaulle reconnait la Chine populaire. Elle est suivie par de nombreux autres pays africains et européens. En octobre 1971, Taïwan est expulsé de l'ONU et y est remplacé par la Chine populaire. Le rapprochement avec les États-Unis commence par une rencontre sportive, un match de ping pong entre une équipe chinoise et une équipe états-unienne au printemps 1971. En février 1972, Richard Nixon, le président des États-Unis se rend en visite officielle en Chine populaire. En 1978, les États-Unis reconnaissent officiellement la Chine populaire (tout en maintenant leur alliance militaire avec Taïwan).

La Chine partenaire incontournable[modifier | modifier le wikicode]

Le président chinois Hu Jintao (en bas à gauche) à un sommet du G8

Aujourd'hui la Chine tente d'avoir des relations pacifiées avec ses voisins. Elle a résolu ses problèmes frontaliers avec la Russie. Malgré la persistance de revendications territoriales réciproques la Chine et l'Inde sont en paix. Les relations avec le Japon sont perturbées par le fait que ce dernier n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les destructions et les pertes humaines qu'il a occasionnées dans les années 1930 en attaquant la Chine. Par ailleurs, la Chine est un membre influent de nombreuses organisations régionales comme l'APEC (qui s'occupe de la coopération économique dans la zone Asie et océan Pacifique), de l'ANSEA (qui s'occupe de la sécurité dans la même région). Deux problèmes restent en suspend. L'avenir de Taïwan, que la Chine populaire estime être une de ses provinces, alors qu'une partie de la population taïwanaise souhaiterait obtenir l'indépendance officielle (qui si elle intervenait serait par la Chine comme une déclaration de guerre). L'autre problème est celui de l'autonomie du Tibet et de la pression internationale que la Chine fait pour que les gouvernements n'apportent pas leur appui au Dalaï Lama. La Chine est membre de l'OMC (organisation mondiale du commerce) où elle défend ses intérêts économiques. L'importante croissance économique de la Chine, exige qu'elle trouve les ressources minières et énergétiques indispensables. Pour cela la Chine a conclu des accords économiques avec de nombreux pays en Afrique et en Amérique latine. En échange des matières qu'ils fournissent à la Chine ces pays reçoivent des équipements. Enfin avec les États-Unis les relations sont ambiguës. La Chine finance l'énorme déficit budgétaire des États-Unis, mais elle a besoin du marché américain pour écouler une partie de ses produits manufacturés. Les États-Unis sont inquiets de la croissance de la Chine qui risque de leur ravir la première place.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas
  • Encyclopédie Wikipedia, articles consacrés à la Chine communiste, Mao Zedong, Deng Xiaoping, révolution culturelle chinoise

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