Hôtel de Sully

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Façade sur cour de l'hôtel de Sully

L'hôtel de Sully, situé 42 rue Saint-Antoine dans le quartier du Marais à Paris, est un hôtel particulier très raffiné du XVIIe siècle.

Possédé par différents propriétaires, il appartient actuellement au ministère de la culture qui l'utilise entre autres pour réunir le centre des monuments nationaux.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

La construction de l'hôtel de Sully a commencé dès 1625 sous l'impulsion de Mesme Gallet, un riche contrôleur des finances du roi Louis XIII de France qui avait acheté le terrain à la famille Huault. L'emplacement de l'édifice se situait en contact avec la place Royale (actuelle « place des Vosges »). Flambant neuf, cette place était un lieu de détente qui rencontrait beaucoup de succès auprès de l'aristocratie française ; il est donc tout naturel que Gallet ait souhaité disposer de sa propre demeure près de ce repère de la noblesse. Pour la construction, Mesme Gallet fait appel à Jean Androuet du Cerceau. Cet architecte de renom avait déjà œuvré au service de grands seigneurs, dont le Roi, et s'était précédemment illustré dans la construction de résidences somptueuses, dont l'hôtel de Mayenne (1613) pour Henri de Lorraine, situé dans la même rue, le château de Fontainebleau (1623) pour Louis XIII, et postérieurement l'hôtel de Brontevilliers (1639). Cet architecte fait ériger un bel hôtel particulier en pierres de Saint-Leu (Oise) et aménage en accompagnement un jardin et une orangerie au fond du jardin qui sépare l'ensemble architectural de la place Royale, conformément aux ordres d'une convention datant de 1611 qui demandait à ce que la place soit totalement encerclée de bâtiments.

Façade du bâtiment le plus ancien

Mais Mesme Gallet doit se séparer de son hôtel plus vite que prévu... Ruiné par les dettes qu'il avait contractées pour pouvoir construire l'hôtel, il est contraint de léguer celui-ci à son créancier, Harbert de Mesnil, pour se rembourser. Ce dernier ne tardera pas lui-même à céder l'édifice à Roland de Neufbourg. Celui-ci, à l'aide de son gendre François Poussart, va entreprendre de grandes extensions de la résidence : ils font l'acquisition des maisons situées de part et d'autre et les adjoingnent à l'hôtel. Après quelques travaux pour assurer l'unité architecturale de l'union de ces trois bâtiments, l'hôtel est prêt à être habité. Mais une fois encore le temps ratrappe les heureux propriétaires... Après la mort de son beau-père, Poussart met en vente l'hôtel en espérant trouver un bon acquisiteur : il ne sera pas déçu. Situé en plein cœur du quartier de Marais qui faisait fureur auprès de la noblesse parisienne, l'hôtel est très attrayant. Séduit par son allure et sa localisation, Maximilien de Béthune, second duc de Sully, ministre « retraité » d'Henri IV accepte de conclure un achat à Poussart. Le 23 février 1634, l'édifice passe aux mains du riche duc et devient « l'hôtel de Sully ». À partir de 1651, l'ancien ministre décide d'apporter lui aussi sa pierre à l'édifice. Pour organiser les travaux, il fait appel à François le Vau, architecte qu'il révèlera par ailleurs au monde de la noblesse (il sera par la suite employé par le Roi). Il lui fait d'abord convertir une galerie en appartement, puis plus tard en 1660, il lui commande les plans d'une nouvelle aile ouest.

L'hôtel reste pendant longtemps aux mains de la famille de Sully. Il est un des foyers intellectuels du Marais : il accueille même des invités parmi les plus illustres, comme Voltaire ou Madame de Sévigné. Il est par la suite vendu à Turgot de Saint-Clair en 1752, puis en 1800 à Jean Cadrès. L'ensemble est ensuite converti en grand entrepôt pour des commerçants et des artisans peu soucieux de la conservation et l'entretien du bâtiment historique ; des boutiques y sont aménagées. Enfin en 1920, la comtesse de Béhague rachète l'ensemble. Celle-ci, amoureuse de l'hôtel, va entreprendre le réhabiliter. En mai 1944, le complexe architectural est cédé par ses descendants à l'État. Depuis le 7 juillet 1953, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques1. Charles Halley puis Robert Vassas se succèdent pour restaurer l'édifice et lui retirer son allure commerçante. L'orangerie est aussi rachetée pour être rattachée à l'hôtel : l'ancienne propriété est réunie au complet. En 2000, l'hôtel de Sully devient le siège du centre des monuments nationaux.

Description[modifier | modifier le wikicode]

Architecture[modifier | modifier le wikicode]

Le complexe architectural est tout d'abord composé d'un premier bâtiment sur rue. Il s'agit de la plus ancienne partie de l'hôtel, construite par le maître maçon Jean Notin suivant les plans de Monsieur du Cerceau de 1625 à 1629. Elle est formée d'un portail qui supporte une terrasse sur sa toiture ; il relie deux parties latérales qui comportent, elles, deux étages supplémentaires dont un contenu dans la toiture pyramidale. Pendant le XXe siècle, la terrasse aménagée sur la partie centrale était occupée par un bâtiment commercial.

De l'autre côté de ce bâtiment sur rue, on trouve une petite cour pavée : il s'agit de la cour d'honneur. En effet, la partie droite du bâtiment sur rue est carrée tandis que celle de gauche est prolongée dans une aile gauche de l'hôtel. Celle-ci, commandée par le duc de Sully, date de 1651 et a été construite par François Le Vau. Également signée par cet architecte, cette cour est fermée à l'ouest par une autre aile dont l'autre côté donne sur un vaste jardin de parterres d'arbustes. L'hôtel de Sully est donc un hôtel particulier en forme de « U » mais dont le partie centrale n'est pas située au niveau de la rue.

En matière de style architectural et décoratif, l'hôtel de Sully rejoint d'une manière générale un courant que l'on appelle « style Louis XIII (wp) ». Il est constitué de deux étages en plus du rez-de-chaussée séparés entre eux par une moulure historiée. D'une manière plus générale, les murs extérieurs, notamment dans la cour, sont abondamment sculptés et historiés dans le style maniériste ; des femmes et des végétaux sont représentés. Les ouvertures qui percent la toiture sont des lucarnes surmontées d'un fronton courbe ou triangulaire. L'ensemble est très symétrique.

Appartements de la duchesse de Sully[modifier | modifier le wikicode]

Les deux ailes posthumes

Au premier étage, on trouve l'appartement de la duchesse de Sully, Charlotte Séguier, qui est un point incontournable des intérieurs de l'hôtel de Sully. Les lieux et sa fine décoration datent des aménagements de François le Vau. On y trouve également de remarquables boiseries et plafonds peints réalisés par le peintre Antoine Paillet.

Cet appartement aristocratique est composé d'une petite antichambre avec tapisseries, secrétaire et peinture à l'huile : une décoration plutôt modeste pour préluder l'entrée dans la spectaculaire chambre de la duchesse. Richement décorée, la pièce comprend un lit à alcôve mais aussi de nombreux sièges car une vie mondaine animait la pièce pendant la journée également. Le plafond de la chambre se présente sous forme d'une coupole peinte à l'italienne. Un petit boudoir pour faire sa toilette ainsi qu'un oratoire à la décoration religieuse complètent cette chambre.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Ouvrage[modifier | modifier le wikicode]

  • L'Hôtel de Sully, au cœur du Marais, éditions du patrimoine

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

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