Guerre polono-turque (1672-1676)

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La république des Deux-Nations est un vassal de l'Empire ottoman de 1672 à 1676

La guerre polono-turque de 1672 à 1676 ou seconde guerre polono-turque a opposé la Pologne-Lituanie (appelées à l'époque République des Deux-Nations) et l'Empire ottoman et a grandement contribué au déclenchement de la grande guerre turque. Elle se termine en 1676 avec le traité de Zurawno où la République de Deux-Nations cède une grande partie de l'Ukraine à l'empire ottoman.

Causes[modifier | modifier le wikicode]

En 1666, le chef ukrainien Petro Dorochenko tente de prendre le contrôle de l'Ukraine, mais est stoppé dans ses ambitions par différentes factions voulant garder le contrôle de la région. Il signe un traité en 1669 avec les ottomans et reconnait que l'hetmanat cosaque est un vassal de l'Empire ottoman.

En parallèle, l'armée de la République des Deux-Nations essaye de réprimer les révoltes en Ukraine. Mais elle est affaiblie par des décennies de conflits (soulèvement de Khmelnytsky, le Déluge et la guerre russo-polonaise).

Les Tatars tentent de profiter de cette faiblesse, et intensifient leurs pillages à l'intérieur même de la République des Deux-Nations et s'allient aux Cosaques. Ils sont tous de même stoppés dans leur avancée par le roi de Pologne Jean III Sobieski qui freine leur première offensive (1666 à 1667) en les battant à de nombreuses reprises. Il gagne finalement une armistice après la bataille de Podhajce en 1667.

En 1670, Dorochenko tente une nouvelle fois de s'emparer de l'Ukraine. Le sultan ottoman remplace Adil Giray, allié de la Pologne-Lituanie, par Sélim Ier Giray. Sélim conclut une alliance avec les cosaques de Dorochenko, mais une fois de plus, ils sont battus par Sobieski.

Déroulement[modifier | modifier le wikicode]

Première partie (1672)[modifier | modifier le wikicode]

Portrait de Jean III Sobieski

Les forces ottomanes, environ 80 000 hommes, dirigées par le sultan Mehmed IV, envahissent l'Ukraine polonaise en août 1672. Les forces de Sobieski sont trop peu nombreuses pour rivaliser avec les Ottomans et Sobieski ne remporte que de petites victoires. Non préparée et déchirée intérieurement, la République des Deux-Nations ne peut pas augmenter les impôts et rassembler un armée. Elle est contrainte de signer la paix de Buczacz en octobre 1672. Elle cède une partie de l'Ukraine à l'Empire ottoman et doit payer un tribut annuel.

Deuxième partie (1673-1676)[modifier | modifier le wikicode]

La bataille de Khotin en 1673

Après avoir signé le traité, le Sejm lève des impôts afin de constituer une nouvelle armée.

Jean Sobieski mène une campagne militaire contre les ottomans. Il gagne de nombreuses fois conte les ottomans, la bataille de Khotin étant la plus grande victoire.

Lorsque le roi de Pologne meurt en 1673, c’est Jean Sobieski qui lui succède en 1674.

Le Sejm a refusé d’augmenter les impôts pour payer l’armée, ce qui entraine une désertion de masse de soldats impayés.

En 1674, la Pologne-Lituanie reprend les offensives en profitant d’une nouvelle guerre russo-turque. Les forces de Sobieski soit environ 6 000 hommes ont réussi à battre environ 20 000 Turcs et Tatars, à la bataille de Lwow en août 1675. Même après la bataille de Trembowla, le Sejm refuse de lever plus d’impôts pour avoir une meilleure armée.

En 1676, le traité de Zurawno est signé, il modifie celui de Buczacz, les Ottomans conservent les territoires conquis en 1672 et la Pologne-Lituanie ne doit plus payer de tribut à l’empire ottoman. Les Ottomans libèrent également de nombreux prisonniers polonais.

Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

L'attaque de la cavalerie par Józef Brandt (vers 1880).

Le Sejm rejette le traité, suite aux efforts des diplomates autrichiens et du pape Innocent XI. Sobieski est aussi contraint de réduire son armée à 12 000 hommes.

Cette guerre montre la faiblesse grandissante de la Pologne-Lituanie : son déclin, commencé au milieu du XVIIe siècle, aboutira un siècle plus tard aux partages de la Pologne. Le sejm est paralysé par le ‘’liberum veto’’ et par la corruption venant des puissances étrangères, ce qui empêchait de voter une levée d’impôt en faveur de l’armée.

Même après la paix de Buczacz défavorable à la République des Deux-Nations, le Sejm a légèrement augmenté les impôts, mais après les premières victoires, le Sejm nouvellement élu ne maintient pas la hausse des impôts et ne paye pas ses soldats : s’ensuit une vague de désertions qui freine énormément la Pologne-Lituanie.

Les forces polonaises sont dirigées par Sobieski, qui a acquis une réputation de commandant courageux et patriote. Sobieski a investi une partie de sa richesse personnelle dans la défense de son pays. Il est élu roi de Pologne en 1674, et devient Jean III. Sa réputation s’est même répandue jusque dans l’Empire ottoman. Il ne put cependant pas stopper le déclin de la Pologne-Lituanie. Le traité de Karlowitz de 1699 est l’une de ses dernières victoires.

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