Guerre du Kippour

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La guerre du Kippour en 1973

La guerre du Kippour, portant aussi le nom de guerre du Ramadan dans le monde arabe ou même guerre d'octobre ou guerre israélo-arabe de 1973, est la quatrième guerre israélo-arabe qui fut l'un des faits marquants de la guerre froide. Elle opposa du 6 au 24 octobre 1973, Israël, à une alliance menée par l’Égypte et la Syrie et comprenant la plupart des états arabes. La guerre cesse à la suite d'un cessez-le-feu imposé par le Conseil de Sécurité de l'ONU sur les pressions des États-Unis et de l'Union soviétique. La guerre du Kippour est la cause directe du premier choc pétrolier qui va désorganiser l'économie mondiale.

Circonstances de la guerre du Kippour[modifier | modifier le wikicode]

Depuis la guerre des Six Jours de 1967, la situation a changé au Proche-Orient au profit des pays arabes adversaires de l'État d'Israël. Dans les pays arabes se sont installés de nouveaux dirigeants et régimes politiques. En 1968, en Irak, un coup d'état militaire porte au pouvoir une tendance droitière du parti baas (parti laïc, socialisant et nationaliste panarabe). Un arrêt de la guerre civile contre les Kurdes réclamant leur indépendance a lieu. En Libye le colonel Mouamar Kadafi a pris le pouvoir en 1969, il peut mettre à la disposition de la cause arabe les ressources financières tirées de la vente du pétrole. En novembre 1970, la branche syrienne du parti bass prend le pouvoir avec le général Assad. Par contre en septembre 1971, le roi Hussein de Jordanie fait massacrer les résistants palestiniens (fedayins) installés dans le pays qu'ils contrôlent en partie. Une crise passagère s'en suit avec la Syrie et l'Égypte. La réconciliation a lieu en septembre 1973. Depuis septembre 1970, en Égypte, Anouar al Sadate a succédé au leader historique Gamal Nasser. Jusqu'en juillet 1972, il maintient de bonnes relations avec l'Union soviétique qui fournit plusieurs dizaines de milliers de « conseillers militaires » ainsi que du matériel militaire moderne.

Au même moment, les États-unis et l'Union soviétique signent des accords qui concentrent leur attention sur des conflits majeurs pouvant déboucher sur la guerre nucléaire. Ils semblent se désintéresser des conflits plus conventionnels aux effets plus limités sur la paix mondiale. Les pays arabes se sentent libérés d'un risque d'intervention américano-soviétique. De plus, ils ont conscience du rapport des forces avec Israël qui leur est favorable (évaluation à 2 contre un pour l'aviation, 3 contre un pour les chars, 2 contre un pour les soldats immédiatement mobilisables).

Déroulement de la guerre[modifier | modifier le wikicode]

Les troupes égyptiennes traversent le canal de Suez

Le 6 octobre 1973, le jour du jeûne de Yom Kippour ("Grand Pardon" pour les juifs), les troupes égyptiennes et syriennes attaquent par surprise en même temps dans les deux régions de Sinaï et du Golan, territoires égyptien et syrien occupés par Israël depuis 1967. Après un à deux jours d’avancée des armées arabes, le cours de la guerre s’inversa dès le 16 octobre en faveur de l’armée israélienne qui finit par repousser les Syriens hors du Golan après 2 semaines et marcha au-delà du canal de Suez dans le territoire égyptien (elle parvient à quelques centaines de kilomètres du Caire). La III e armée égyptienne est totalement encerclée. Ce renversement de situation inattendue fut dû aux aides militaires américaines. Dès le 14 octobre les États-Unis établissent un pont aérien pour ravitailler Israël en armes. Les soviétiques font de même pour l'autre camp.

Un second cessez-le-feu est décidé le 24 octobre. Les deux grands (États-Unis et Union soviétique) venaient de tester en grandeur réelle les nouvelles règles du jeu international. Les petits pays ne sont libres qu'à la condition que leurs conflits ne risquent pas d'entrainer un conflit majeur entre les super-puissances.

Les pays participants[modifier | modifier le wikicode]

  • Égypte
  • Syrie
  • Maroc avec 5 450 hommes (deuxième armée importante sur le front du Golan)
  • Algérie avec plusieurs escadrons d'aviation
  • Libye des Mirages ainsi que 1 milliard de dollars
  • URSS soutien logistique de la coalition (Égypte/Syrie)
  • Les pays du Golfe, leur soutien a été important pour la coalition en matières militaire, monétaire et surtout de pression par le blocage de leurs exportations pétrolières vers les pays de l'ouest (Amérique, France...)
  • Sans oublier la participation de 16 pilotes de chasse du Pakistan au côté des Arabes (à noter que le Pakistan est un pays musulman non-arabe et qui est l'un des plus grands alliés des États-Unis dans la région de l'Asie pendant la Guerre froide).

Pendant les deux semaines et demi de combats, les pertes humaines sont les suivantes : Israël a eu 3 020 soldats tués et 8 135 blessés ; les pays arabes 9 500 tués et 19 850 blessés.

Conséquences de la guerre du Kippour[modifier | modifier le wikicode]

Menachem Begin, Jimmy Carter et Anouar al Sadate, à Camp David en septembre 1978

La guerre a provoqué des bouleversements en Israël. La croyance en l'invincibilité de l'armée israélienne et à l'efficacité des services de renseignements a été très ébranlée. Le gouvernement de Golda Meir est mis en cause et doit démissionner en avril 1974. Il est remplacé par le gouvernement d'Yitzhak Rabin.

La guerre place les pays arabes en meilleure position pour négocier avec Israël. Sur l'initiative du président américain Jimmy Carter, l'égyptien Sadate et l'israélien Menachem Begin signent les accords de Camp David en septembre 1978. En échange d'une renonciation à la guerre contre Israël, l'Égypte récupère la péninsule du Sinaï.

La guerre a eu un grand impact sur le monde :

  • Grand choc pétrolier à cause du blocage arabe. Les 16 et 17 octobre, les pays arabes exportateurs de pétrole, réunis à Koweït-City, augmentent de 70% le prix du baril de pétrole. En l'espace de deux mois les cours du brut seront quadruplés. De plus, ils décident de réduire de 5% chaque mois leur production (jusqu'à l'évacuation des territoires occupés par Israël).
  • Changement du cours de la guerre Froide (De plus en plus de causes qui pouvaient rendre un affrontement entre l'URSS et l'Amérique bien réel).

Vikiliens pour compléter sur les conflits israélo-arabo-palestiniens[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Pour le liste des conflits israelo-arabe

Une très bonne adresse qui expliquerait au plus curieux

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