Guerre d'Hiver

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Un soldat finlandais durant la guerre d'Hiver en février 1940

La guerre d'Hiver est un conflit durant la Seconde Guerre mondiale qui oppose l'URSS à la Finlande. Cette guerre débute le 30 novembre 1939, principalement à cause du refus des Finlandais de vouloir créer une zone tampon autour de Léningrad, située à 30 km de la frontière, pour la protéger d'une attaque du Troisième Reich.

Cette invasion de la Finlande est fortement désapprouvée par la Société des Nations qui exclut l'URSS le 14 décembre 1939. Les finlandais résistent à l'offensive à un soldat pour quatre dans le camp adverse, jusqu'au 13 mars 1940, date à laquelle est signé le traité de Moscou. Cet accord empêche ainsi l'envoi de renforts franco-britanniques par le nord de la Scandinavie.

L'opération Weserübung, qui désigne l'invasion du Danemark et de la Norvège par l'Allemagne nazie, détourne ensuite l'attention internationale des tensions finlando-soviétiques, tournée pour la Scandinavie vers la situation norvégienne.

Les deux pays subissent des pertes variables, la Finlande perd 10% de son territoire et 20% de ses industries, tandis que l'image de l'armée soviétique, bien que victorieuse, est largement écornée.

Le constat des difficultés rencontrées par l'armée rouge en Finlande contribue à la prise de décision d'Adolf Hitler de lancer l'opération Barbarossa.

Cette guerre montre enfin à Staline l'inefficacité des purges staliniennes commise dans l'Armée Rouge, et mène le dictateur soviétique à redonner le commandement à des officiers entraînés et vétérans.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Une relation conflictuelle avec la Russie tsariste puis soviétique[modifier | modifier le wikicode]

La déclaration d'indépendance finlandaise prononcé au Sénat le 4 décembre 1917

Depuis le Moyen-Âge et l'invasion par Éric IX le Saint de la Finlande en 1157, cette dernière fait partie intégrante de la Suède, le roi suédois convertissant progressivement les populations païennes au christianisme. En 1809, la Finlande est cédée par le traité de Fredrikshamn à l'Empire russe, ce qui met fin à la guerre de Finlande. en 1812, la Finlande devient donc un grand-duché autonome, avec Helsinki pour capitale : l'une de ses fonctions est alors de protéger la capitale économique, industrielle et culturelle russe que forme Saint-Petersbourg.

Le nationalisme finlandais progresse considérablement en Finlande au cours du XIXe siècle, créant un fort mouvement indépendantiste. Les russes concèdent de plus en plus d'avantages au peuple finlandais, comme le droit de votes des femmes en 1906, une première en Europe. Avec les révolutions bolchéviques, la Finlande déclare son indépendance le 6 décembre 1917 qui est reconnue par l'URSS le 4 janvier 1918.

Cela provoque une guerre civile entre les sociaux-démocrates surnommées les « Rouges » soutenus par la Russie bolchevique, jusqu'au traité de Brest-Litovsk entre la Triple Entente et la Russie qui met fin fin à la guerre ouverte sur le front est. Les Rouges sont opposés aux conservateurs (les « Blancs ») et qui sont soutenus par le Sénat finlandais, l'Empire allemand et la Suède, ces troupes étant dirigées par le général Carl Gustaf von Mannerheim. Ce sont finalement les conservateurs qui l'emportent en mai 1918 à Vyborg, non sans avoir recourt à des massacres et des déportations. Frédéric Charles de Hesse est désigné par le Sénat pour devenir roi de Finlande. Celui-ci étant un noble allemand, cela provoque une forte désapprobation des membres de la Triple Alliance, à un mois de l'armistice de la Première Guerre mondiale. Le roi abdique ainsi à la fin de la Première guerre mondiale, et c'est von Mannerheim qui assure la régence, avant de laisse place à la République en 19191.

À la suite de l'indépendance, les Finlandais et les Russes signent le traité de Tartu, qui vise à redéfinir les relations et les frontières entre ces deux pays. Ce traité sera renforcé par un pacte de non-agression signé en 1932 et renouvelé en 1934, mais les relations russo-finlandaises n'en demeurent pas moins très instables. D'un côté, les Finlandais ont peur de leur voisin russe, et de l'autre, les Russes se montrent très critiques vis-à-vis de la Finlande, qui s'est grandement rapprochée de l'Allemagne.

Ces relations déjà fortement tendues s'aggravent lorsque Staline accède au pouvoir après la mort de Lénine. Sous prétexte de protéger Léningrad (anciennement Saint-Petersbourg), Staline réclame une vaste zone démilitarisée dans la mer Baltique et l'isthme de Carélie, cette injonction de Staline cristallise les tensions entre Russes et Finlandais qui courent depuis de nombreuses années déjà. Cet espace est notamment le lieu de fréquentes incursions de volontaires finlandais animés par un sentiment d'antibolchévisme, connues sous le nom de guerres tribales, entre 1918 et 1922.

Augmentation des tensions au sujet de Léningrad[modifier | modifier le wikicode]

La délégation finlandaise envoyé à Moscou pour négocier avec Staline. Au fond Tanner, et à droite Passikivi

Entre 1938 et au début de l’année 1939, l'Union soviétique fait pression sur la Finlande pour obtenir certaines îles dans le golfe de Finlande, afin d'assurer la défense de Léningrad, les Soviétiques craignant que les Finlandais ne s'allient à un potentiel envahisseur. Les Finlandais refusent les demandes soviétiques, qui les intensifient alors. Le 5 octobre, l'URSS demande à la Finlande l'envoi d'un délégué à Moscou afin de discuter concrètement de la situation.

Juho Kusti Paasikivi, qui avait déjà menée les discussions concernant le traité de Tartu, est envoyé négocier. Ce dernier n'était prêt qu'a céder tout au plus - et contre compensation financière - trois îles proches de Léningrad, et n'envisageait rien de plus, du fait de la politique de neutralité voulue par le gouvernement. Ce traité aurait ainsi été semblable à ceux signés par les pays baltes un peu plus tôt. Afin d'afficher sa fermeté, la Finlande mobilise son armée et fait évacuer les villes frontalières.

Les différentes offres et contre-offres formulées par les soviétiques et les finlandais concernant la frontière entre les deux pays.

Les négociations débutèrent le 12 octobre à Moscou entre Viatcheslav Molotov et Paasikivi. L'URSS proposa une entraide mutuelle généralisé ou simplement au niveau du golfe de Finlande, que Hanko devienne une base militaire soviétique, que l'URSS récupère toutes les îles dans le golfe de Finlande, le déplacement de la frontière à 65km de Leningrad, la destructions des fortifications des deux côtés de la frontière, ainsi que le nord de la péninsule de Rybachiy. De plus, ils leur était interdit d'intégrer un quelconque pacte dirigé contre l'un ou l'autre de ces pays. En compensation, l'Union soviétique proposa une partie de la Carélie soviétique, et autorisait les finlandais à fortifier les îles Aland, chose qu'elle cherchait à faire depuis 1938. Paasikivi rentra donc en Finlande afin de connaître la réponse à donner, qui refusa la proposition, ne souhaitant rien concéder. Seul Mannerheim et Paasikivi étaient disposé à faire des concessions, car il était vitale pour eux que l'URSS n'entraine pas la Finlande dans une guerre perdue d'avance. Il était impensable pour le gouvernement finlandais que l'URSS aille jusqu'à déclarer la guerre, il pensait que la sympathie des nations comme les États-Unis, exception faite de la Suède, qui leur viendrait surement en aide. L'Allemagne nazie, autre interlocuteur privilégié dans la Baltique, encouragea les finlandais à accepté les propositions russes.

Viatcheslav Molotov signant un accord entre la République démocratique de Finlande et l'URSS en présence de Joseph Staline et d'Otto Ville Kuusinen, la dernière personne à droite.

Tanner revint à Moscou, le 21 accompagné du ministre des Finances Väinö Tanner, afin de veiller à ce que Passikivi ne soit pas trop conciliant avec les soviétiques. L'ambassadeur ne devait tout au plus proposer que de légère rectifications au niveau de la frontière en Carélie. Mais Staline ne changea nullement ses propositions, les finlandais retournèrent une troisième fois dans leur pays, les différents partis finlandais s'interposaient quand à la réponse à donner, Mannerheim soutenue par Paasikivi, luttait pour obtenir un compromis. La délégation revint à Moscou. Cette fois ci, ils était disposé à offrir une petite concession supplémentaire, mais refusait toute donation de base militaire pour les soviétiques. Molotov expliqua devant le Soviet suprême le 3 octobre que le refus des finlandais était le fait de puissances étrangères hostile à l'URSS. Les négociations échouèrent le 3 novembre. Dans les jours qui suivirent, Staline cherchait à obtenir absolument un accord, le 13 novembre la délégation rentrait en Finlande sans n'avoir rien obtenue. Le fait qu'il ne se passe rien dans les jours qui suivirent donnèrent l'impression à la Finlande d'avoir gagné et bien manœuvré. Les personnes évacuées aux frontières revinrent chez eux et on parle de démobiliser l'armée.

La stratégie soviétique était de faire peser une menace sur les Finlandais. Pour cela ils constituèrent une République démocratique de Finlande, composé de communistes qui avait été précédemment exilés. Arvi Tuominen fut désigné Premier Ministre mais celui-ci refusa et ce fut Otto Ville Kuusinen, exilé en Russie depuis 1918 qui en prit la tête. L'ensemble des Finlandais présent en URSS furent regroupé dans une armée populaire finlandaise, et l'URSS commença à mobiliser son armée, et à lancer une intense propagande accusant la Finlande qu'elle accusait d'être à la solde du capitalisme international.

L'incident de Mainila[modifier | modifier le wikicode]

L'URSS chercha par la suite à donner une forme de légalité à son agression, provoqua un incident à la frontière le 26 novembre 1939, le village russe frontalier de Mainila fut bombardée par l'artillerie soviétique, tuant quelques soldats russes. L'URSS accusa alors la Finlande et réclama le retrait des troupes finlandaise ainsi que des excuses. Ce que refusèrent les finlandais, et accusèrent les russes prétendant avoir des preuves. Elle proposa que les deux pays démilitarise leur frontière et se retire à 20km de cette dernière, ce que refusa Moscou. Le 29 novembre, devant la montée des tensions, les États-Unis se proposèrent en médiateur, mais Molotov dénonça le pacte de non-agression, rompit les relations diplomatiques. L'invasion de la Finlande et donc la guerre d'Hiver début le lendemain, par air, terre et mer. A Terijoki (actuellement Zelenogorsk), premier village occupé par les Soviétiques, la République démocratique de Finlande, qui exhorta les finlandais à accueillir les soviétiques en libérateur.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Guerre d'Hiver de Wikipédia.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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