Guerre contre la quatrième coalition

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Les campagnes militaires de la quatrième coalition

La quatrième coalition en 1806-1807, est formée par le Royaume-Uni, la Russie et la Prusse. Ces pays continuent la guerre contre Napoléon Ier, après la défaite austro-russe d'Austerlitz en décembre 1805. En une semaine de guerre environ, les Français vainquent l'armée prussienne aux batailles Auerstaedt et d'Iéna le 14 octobre 1806. Les Russes attaquant en Pologne sont difficilement vaincus à Eylau le 8 février 1807 et, plus facilement, à Friedland le 14 juin 1807. Alexandre Ier, empereur de Russie, rencontre Napoléon le 25 juin 1807 à Tilsit sur le Niémen. Les deux empereurs signent un traité d'alliance, qui réduit territorialement le royaume de Prusse. Napoléon est alors au sommet de sa puissance.

Pourquoi la Prusse rejoint-elle la coalition ?[modifier | modifier le wikicode]

La Prusse était en paix avec la France depuis 1795. En 1805, la Prusse n'avait pas rejoint la troisième coalition. Elle semblait même y être hostile, puisqu'elle occupe l'Électorat de Hanovre (propriété personnelle du roi d'Angleterre) à la suite de son évacuation par les Français qui s'en étaient emparé en 1804.

Cependant, la politique de réorganisation de l'Allemagne par Napoléon Ier inquiète la Prusse. Napoléon veut bien laisser le Hanovre à la Prusse, à condition qu'elle cède à la France les territoires prussiens à l'ouest du Rhin. Le 12 juillet 1806, Napoléon crée la Confédération du Rhin qui regroupe 16 princes de l'Allemagne du centre et du sud; Napoléon en devient le « Protecteur ». Napoléon accorde le titre de roi au duc de Bavière et au duc de Wurtemberg. Napoléon installe en Allemagne son « système familial ». Napoléon crée le grand-duché de Berg sur les bords du Rhin et le confie à son beau-frère Joachim Murat. Napoléon place son frère Louis sur le trône de Hollande, marie son frère Jérôme à une princesse du Wurtemberg et son beau-fils Eugène de Beauharnais à une princesse bavaroise. Tout comme le reste de l'Allemagne, la Prusse risque alors d'être vassalisée par Napoléon.

En Prusse, un « parti de la guerre » se regroupe autour de la reine Louise, épouse du roi Frédéric-Guillaume III et du ministre Hardenberg. Beaucoup de Prussiens restent convaincus que leur armée est la meilleure d'Europe, comme au XVIIIe siècle pendant le règne du roi Frédéric II. Les Prussiens entrent en négociations secrètes avec le tsar Alexandre Ier. La Russie promet l'envoi d'une armée et le Royaume-Uni promet de l'argent (la « cavalerie Saint-Georges »). La Prusse mobilise alors son armée et, le 26 septembre, adresse un ultimatum à Napoléon. Celui-ci doit retirer les troupes françaises stationnées en Allemagne à l'est du Rhin.

L'entrée de Napoléon Ier à Berlin le 27 octobre 1806

La campagne de Saxe et la défaite prussienne[modifier | modifier le wikicode]

Napoléon reçoit l'ultimatum prussien le 7 octobre. Sans attendre l'arrivée des troupes de leur allié russe, les Prussiens attaquent les Français en Saxe. Après une semaine de guerre, le 14 octobre 1806, Napoléon bat une partie de l'armée prussienne à Iéna, tandis que le même jour, le maréchal Davout, avec 26 000 hommes, écrase le gros de l'armée prussienne (60 000 soldats) à Auerstaedt. Le 27 octobre, Napoléon entre dans Berlin. Les forteresses prussiennes se rendent une à une, quelquefois seulement à la vue d'un détachement de cavaliers français (seules les villes fortifiées de Dantzig et de Kœnigsberg résistent). Entre-temps, Napoléon fait roi l'électeur de Saxe, qui entre dans la Confédération du Rhin. À Berlin, le 21 novembre 1806, Napoléon décide le blocus continental destiné à interdire le commerce entre le Royaume-Uni et l'Europe continentale. Il pense ruiner ainsi le Royaume-Uni qui sera alors contraint de demander la paix.

Napoléon Ier parcourt le champ de bataille d'Eylau en février 1807

La difficile campagne de Pologne[modifier | modifier le wikicode]

Puis les Français entrent dans la partie de la Pologne qui est, depuis 1795, sous le contrôle des Prussiens. Le 26 novembre, Napoléon est à Varsovie. Il y est accueilli en libérateur par les Polonais. Mais il se garde bien de proclamer l'indépendance de la Pologne, espérant pouvoir trouver un compromis avec le tsar Alexandre (qui possède aussi un morceau de la Pologne).

L'armée française, qui continue la guerre, est malmenée par l'hiver polonais. Les convois d'artillerie et de ravitaillement sont gênés par le manque de routes et l'abondance des marais. Les soldats ont faim et réclament du pain (c'est alors qu'on leur donne le surnom de « Grognards »). Pour sauver la ville de Kœnigsberg, les Russes attaquent. La bataille a lieu le 8 février 1807, en pleine tempête de neige, à Eylau. C'est une « boucherie » qui fait plus de 40 000 victimes. Napoléon, qui reste maître du champ de bataille, renonce à poursuivre les Russes qui se replient en bon ordre.

La guerre reprend avec la fin du printemps. Les Russes prennent l'offensive, mais sont écrasés grâce aux troupes du maréchal Ney à Friedland, le 14 juin 1807. Le tsar demande à négocier.

L'alliance franco-russe[modifier | modifier le wikicode]

La rencontre entre Napoléon Ier et Alexandre Ier, à Tilsit

Le 25 juin 1807, Napoléon rencontre le tsar Alexandre à bord d'un radeau ancré sur le Niémen, près de Tilsit, en Prusse orientale. Les deux hommes se réconcilient. Le 7 juillet, un traité d'alliance est signé entre la France et la Russie. La Russie adhère au blocus continental. Il semble que Napoléon et Alexandre se soient entendus pour se laisser libres de leurs actions l'un en occident, l'autre en orient. Le 9 juillet, la Prusse doit signer un traité avec la France : elle en sort considérablement réduite (toutes les possessions prussiennes à l'ouest de l'Elbe lui sont enlevées pour former le royaume de Westphalie au profit de Jérôme Bonaparte). La Pologne « prussienne » devient le grand-duché de Varsovie, donné au roi de Saxe.

Désormais, toute l'Europe, de l'océan Atlantique jusqu'à la Vistule, obéit à Napoléon. C'est le « Grand Empire » napoléonien.

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