Grotte de Lascaux

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La grotte de Lascaux est l'une des plus importantes grottes ornées paléolithiques. La grotte est située dans le Périgord, sur la commune de Montignac (Dordogne).

L'âge des peintures et des gravures qu'elle renferme est estimé à environ 18 000 ans. Elles ont longtemps été associées au Magdalénien, mais elles pourraient remonter au Solutréen, qui le précède.

Peinture pariétale de Lascaux, figurant un aurochs.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Découverte[modifier | modifier le wikicode]

En septembre 1940, quatre adolescents âgés d'environ 13 ans (Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agnel et Simon Coencas) découvrent l'entrée de la cavité lors d'une promenade et alertent leur instituteur.

Études et relevés[modifier | modifier le wikicode]

Le préhistorien Henri Breuil est le premier spécialiste à visiter Lascaux. Il entreprend les premiers relevés dès la fin de l'année 1940. Il revient en 1949 et entreprend des fouilles, espérant trouver une sépulture. Il met au jour des pointes de sagaies décorées, en bois de renne. Une autre importante campagne de recherches a été menée de 1989 à 1999.

Description de la grotte[modifier | modifier le wikicode]

Plan de la grotte

La grotte de Lascaux mesure 250 mètres de long pour un dénivelé d'environ 30 mètres. La partie décorée correspond à un réseau supérieur, le réseau inférieur étant difficilement pénétrable du fait de la présence de dioxyde de carbone. L’entrée actuelle correspond à l’entrée préhistorique.

Les salles[modifier | modifier le wikicode]

La première salle, Salle des Taureaux ou Rotonde, longue de 17 m, large de 6 m et haute de 7 m, se prolonge par le Diverticule axial, une galerie plus étroite de même direction, à peu près de même longueur ;

Depuis la Salle des Taureaux, à droite du Diverticule axial, on accède au Passage, une galerie d’une quinzaine de mètres, dans le prolongement duquel s’ouvre la Nef, un couloir plus élevé, d’une vingtaine de mètres.

La Nef elle-même se poursuit par une partie non décorée, les parois ne s'y prêtant pas, puis par le Diverticule des Félins (ou Cabinet des Félins), un étroit couloir d’une vingtaine de mètres.

Une salle ronde, l'Abside, s'ouvre vers l’ouest à la jonction entre le Passage et la Nef.

Le Puits s'ouvre au fond de l'Abside. Son accès suppose une descente d'environ 4 à 5 mètres jusqu’au début du réseau inférieur.

Les découvertes archéologiques[modifier | modifier le wikicode]

Le brûloir de Lascaux, en grès rose. Magdalénien ancien ou Solutréen ?

La plupart des vestiges archéologiques découverts à Lascaux ont été recueillis lors de l’aménagement des sas d’entrée et des salles, ou lors de fouilles plus méthodiques, en particulier dans le Puits. Ces vestiges comprennent de l’industrie lithique, osseuse, de la parure, de la faune, de nombreux charbons et de nombreux fragments de colorants.

Dans la Nef ont été découverts des lampes, des colorants ainsi que des restes alimentaires. Dans l’Abside, un nombre important d'objets ont été abandonnés (pointes de sagaies, grattoirs, burins et lampes). De nombreux vestiges ont également été découverts dans le Puits : pointes de sagaies, restes de colorants, coquillages percés et lampes, dont un exemplaire en grès rose entièrement façonné, dont le manche est orné d’un signe barbelé.

Les figurations pariétales[modifier | modifier le wikicode]

Salle des Taureaux[modifier | modifier le wikicode]

Grand panneau de la Salle des Taureaux
Cheval représenté dans la grotte de Lascaux

La Salle des Taureaux présente la composition la plus spectaculaire de Lascaux. Ses parois en calcite se prêtant mal à la gravure, elle est uniquement ornée de peintures, souvent de dimensions impressionnantes : certaines mesurent jusqu'à cinq mètres de long.

Deux files d'aurochs se font face, deux d'un côté et trois de l'autre. Les deux aurochs du côté nord sont accompagnés d'une dizaine de chevaux et d'un grand animal énigmatique, portant deux traits rectilignes sur le front qui lui ont valu le surnom de « licorne ».

Côté sud, trois grands aurochs en côtoient trois plus petits, peints en rouge, ainsi que six petits cerfs et le seul ours de la grotte, superposé au ventre d’un aurochs et difficilement lisible.

Diverticule axial[modifier | modifier le wikicode]

Le Diverticule axial est également orné de bovidés et de chevaux accompagnés de cerfs et de bouquetins. Un dessin représentant un cheval fuyant a été brossé au crayon de manganèse à 2,50 m du sol. Certains animaux sont peints sur le plafond et semblent s’enrouler d’une paroi à l’autre. À ces représentations, qui ont nécessité l'usage d'échafaudages, s'entremêlent de nombreux signes (bâtonnets, points et signes rectangulaires).

Passage[modifier | modifier le wikicode]

Le Passage présente un décor fortement dégradé anciennement, notamment par des circulations d'air.

Nef[modifier | modifier le wikicode]

La Nef comporte quatre groupes de figures : le panneau de l'Empreinte, celui de la Vache noire, celui des Cerfs nageant, ainsi que celui des Bisons croisés. Ces œuvres sont accompagnées de nombreux signes géométriques énigmatiques, notamment des damiers colorés qu'Henri Breuil qualifia de « blasons ».

Diverticule des Félins[modifier | modifier le wikicode]

Le Diverticule des Félins doit son nom à un groupe de félins, dont l'un semble uriner pour marquer son territoire. On peut y voir des gravures de fauves d'une facture assez naïve. On y trouve également d'autres animaux associés à des signes, dont une représentation de cheval vu de face, exceptionnelle dans l’art paléolithique, où les animaux sont généralement représentés de profils ou selon une « perspective tordue ».

Abside[modifier | modifier le wikicode]

L'Abside comporte plus de mille gravures dont certaines superposées à des peintures, correspondant à des animaux et des signes. On y trouve le seul renne représenté à Lascaux.

Puits[modifier | modifier le wikicode]

La scène du Puits

Le Puits présente la scène la plus énigmatique de Lascaux : un homme à tête d'oiseau et au sexe érigé semble tomber, renversé peut-être par un bison éventré par une sagaie ; à ses côtés est représenté un objet allongé surmonté d’un oiseau, peut-être un propulseur ; sur la gauche un rhinocéros s'éloigne. Un cheval est également présent sur la paroi opposée.

Deux groupes de signes sont à noter dans cette composition : entre l’homme et les rhinocéros, trois paires de ponctuations digitées ; sous l’homme et le bison, un signe barbelé complexe que l’on retrouve sur d’autres parois de la grotte, mais aussi sur des pointes de sagaies et sur la lampe en grès trouvées à proximité.

Cette scène renvoie probablement à un épisode mythologique dont la signification est difficile à établir.

Procédés artistiques[modifier | modifier le wikicode]

Parmi les procédés artistiques utilisés par les artistes de Lascaux, on peut citer la polychromie, l'estompe, la perspective, les réserves, l'anamorphose.

Interprétations[modifier | modifier le wikicode]

La grotte de Lascaux n’a livré qu’un nombre modeste de restes osseux et d’outils de silex : elle n’a jamais été un lieu d’habitation et sa fréquentation semble essentiellement liée à ses œuvres pariétales.

La faune figurée sur les parois de Lascaux est celle que l’on retrouve dans la majorité des grottes ornées de l’aire franco-cantabrique (en France et en Espagne) : cheval, aurochs, bison, cerf et bouquetin dominent, suivis d’animaux plus rares et souvent dangereux, comme l’ours, le rhinocéros et les grands félins.

Les espèces représentées ne correspondent pas aux espèces chassées et consommées : un seul renne gravé, considéré comme douteux, a été identifié, alors que ces animaux représentent la grande majorité des restes osseux mis au jour (plus de 88 %).

Il est indéniable que certains éléments figurés, certaines associations de signes, ont une valeur symbolique. C’est probablement le cas pour les trois paires de ponctuations que l’on retrouve au fond du Diverticule des félins et dans le Puits, aux limites des zones ornées. C’est sans doute le cas également pour les signes barbelés, les « blasons » ou les alignements de points présents sur différentes parois de la grotte.

La grotte de Lascaux est considérée par André Leroi-Gourhan comme un sanctuaire, une sorte de monument à caractère religieux.

Datation[modifier | modifier le wikicode]

Lascaux est l’un des tous premiers sites paléolithiques à avoir bénéficié de datations absolues par la méthode du carbone 14, réalisées par Willard Frank Libby lui-même. Cette méthode a été mise en œuvre sur des charbons de bois provenant de lampes découvertes dans le Puits. Le premier résultat obtenu (environ 15 500 ans avant le présent) plaçait la fréquentation de Lascaux dans le Magdalénien et fut mis en doute par l'abbé Breuil qui considérait les œuvres pariétales comme Gravettiennes.

Toutefois, une date d’environ - 18 600 ans, obtenue en 1998 par la méthode du carbone 14 en spectrométrie de masse sur un fragment de baguette en bois de renne provenant du Puits, montre que la grotte était fréquentée dès le Solutréen. Les solutréens sont-ils simplement passés ponctuellement dans la grotte ou ont-ils réalisé une partie, voire la majorité ou la totalité des œuvres ?

Exploitation touristique, conservation[modifier | modifier le wikicode]

En 1948, l'accès à la grotte est aménagé afin de permettre des visites touristiques qui vont se multiplier rapidement et mettre en péril la conservation des figurations pariétales.

Problèmes de conservation[modifier | modifier le wikicode]

Acidification des parois, « maladie verte » et « maladie blanche »[modifier | modifier le wikicode]

Les premiers indices d'altération sont constatés dès 1955. Ils sont dus à un excès de dioxyde de carbone (gaz carbonique) issu de la respiration des visiteurs, qui provoque une acidification de la vapeur d'eau expirée, corrodant peu à peu les parois. En 1957 est mis en place un premier système destiné à régénérer l'atmosphère et à stabiliser la température et l'hygrométrie.

En 1960, la « maladie verte » fait son apparition : les émanations de dioxyde de carbone liées aux visites, une température trop élevée et les éclairages artificiels permettent la dissémination de colonies d'algues sur les parois. L’enrichissement de l’atmosphère en dioxyde de carbone génère la « maladie blanche », un voile de calcite qui se dépose sur les parois et sur certaines œuvres. En 1963, les micro-organismes continuent à proliférer et la grotte est définitivement fermée au grand public.

Au début des années 1970, un fac-similé d'une partie de la grotte est réalisé et ouvert au public en 1983.

Moisissures blanches[modifier | modifier le wikicode]

En 2001, on constate l'apparition de moisissures dans le sas d'entrée de la grotte. Le sol se couvre en effet d'un champignon extrêmement résistant. De 2001 à 2003, des traitements d’urgence sont destinés à ralentir le développement rapide des moisissures. En 2006, la contamination est à peu près maîtrisée, mais, toutes les deux semaines, une équipe revêtue de combinaisons spéciales est chargée de débarrasser les parois, à la main, des filaments de mycélium qui réapparaissent malgré tout.

Quinze années de fréquentation touristique intense ont donc perturbé l'équilibre fragile qui avait permis la conservation miraculeuse de Lascaux.

Taches noires[modifier | modifier le wikicode]

Deux autres champignons ont fait leur apparition en 2007 dans le Passage, la Nef et l'Abside. Un traitement biocide a été effectué en janvier 2008. Cependant, dans deux zones tests, le développement des taches noires continuait en 2008.

D'après la conservatrice du site, les mouvements de l'air se sont profondément modifiés depuis les années 1980 dans la partie tachée de la grotte. L'air circulait auparavant alors qu'il semble immobile aujourd'hui.

Lascaux II et suivants[modifier | modifier le wikicode]

Par suite de la fermeture de la grotte au grand public et en raison de la multiplication des problèmes de conservation, un relevé stéréo-photogrammétrique de la totalité des zones ornées a été réalisé à la fin des années 1960 par l'Institut géographique national.

Une double coque en béton dont l'intérieur reproduit fidèlement la grotte originale fut réalisée à partir des relevés de l'IGN. Les œuvres pariétales furent ensuite reproduites.

Situé à 200 mètres de l'original, le fac-similé, nommé « Lascaux II », a ouvert ses portes en 1983. Quelques autres reproductions de peintures (frise des cerfs, bisons adossés et vache noire de la Nef, scène du Puits) sont exposées dans le parc du Thot, à quelques kilomètres de Montignac.

Article mis en lumière la semaine du 17 mai 2010.

Lien externe[modifier | modifier le wikicode]

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Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Grotte de Lascaux de Wikipédia.

45°03′13″N 01°10′12″E / 45.05361, 1.17