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Germaine Tillion

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Germaine Tillion, dans un cercueil, s’apprêtant à rentrer au Panthéon.

Germaine Tillion est une résistante et ethnologue française née le 30 mai 1907 à Allègre et décédée le 19 avril 2008 à Saint-Mandé. Ses actes héroïques ont été récompensés le 27 mai 2015, date à laquelle Germaine Tillion entre au Panthéon aux côtés de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.

Enfance et études supérieures[modifier | modifier le wikicode]

Après avoir passé toute son enfance dans un petit village de Haute-Loire, elle part pour Paris en 1925. A Paris, elle va étudier à l'école du Louvre et à la Sorbonne. En 1932, elle sort diplômée de l'Institut d'ethnologie et part pour Londres en 1934. Germaine Tillion va suivre des cours à l'Institut International des langues et des civilisations africaines ce qui va la préparer à sa première mission en tant qu'ethnologue.

Il était une fois l'ethnographie[modifier | modifier le wikicode]

Après ses études d'ethnologie auprès de Marcel Mauss et en Angleterre, elle part pour sa première mission en Algérie et plus précisément dans les Aurès. Elle va y étudier le groupe ethnique des Chaouis. Germaine Tillion décrit l'ethnographie comme une famille dans laquelle on entre "comme on entre en religion, avec de grands principes, du recueillement, et des macérations". Dans le pays des Chaouïa, elle fait connaissance avec les habitants, étudie les relations entre les sexes et principalement le statut de la femme, l'économie du pays et la transmission du patrimoine. Germaine Tillion dit avoir fait "l'expérience de la solitude dans un milieu où il n'y avait jamais eu un européen". En l'an 2000 est publié son ouvrage, "Il était une fois l'ethnographie", qui raconte son expérience en tant qu'ethnologue dans les Aurès.

Résistance[modifier | modifier le wikicode]

De retour en France en mai 1940, Germaine Tillion entend le discours du Maréchal Pétain et dit : " Ce fut pour moi un choc si violent que j'ai dû sortir de la pièce pour aller vomir". Elle refuse la politique de collaboration et cherche un moyen de résister. Elle s'associe à Paul Hauet avec qui elle envoie des colis et libère des prisonniers. Elle recueille ainsi de nombreux renseignements sur l'armée allemande. Au travers de son premier engagement dans la Résistance Française, Germaine Tillion va rencontrer les personnes qui vont fonder le Réseau du Musée de l'Homme tel que Boris Vildé et Yvonne Oddon. Le Réseau du Musée de l'Homme est une organisation clandestine de la Résistance dont Germaine Tillion sera membre. C'est elle qui va le nommer ainsi à l'issue de la seconde guerre mondiale. Germaine Tillion montre une force de caractère énorme en s'engageant ainsi et elle va jouer un rôle essentiel dans la Résistance. Malheureusement, dans cette période de dénonciation et de collaboration, nombre de ses camarades résistants sont capturés et fusillés. Elle sera elle-même dénoncée par un abbé alors qu'elle tentait de délivrer l'un de ses compagnons résistants. Germaine Tillion est condamnée à mort mais sa sentence ne sera pas exécutée. En revanche elle sera déportée en Allemagne dans le camp de Ravensbrück.

Ravensbrück[modifier | modifier le wikicode]

Le 31 octobre 1943, Germaine Tillion arrive au camp de Ravensbrück situé au nord de Berlin. C'est un camp pour femmes et sa mère l'y retrouvera quelques temps après. Durant cette période de détention, elle va utiliser ses connaissances en ethnographie, ces dernières vont lui permettre de comprendre et décrypter les systèmes et l'organisation concentrationnaire. Elle relève les éléments clefs qui pourront servir à l'expliquer au monde extérieur. Germaine Tillion considère que la compréhension des choses et événements aide à mieux se défendre et résister, c'est pourquoi elle explique et décrit l'organisation de Ravensbrück à ses camarades de détention. Dans son livre Ravensbrück, elle explique que toutes les déportées se protégeaient chacune à leur manière, et qu'elle doit sa survie à ses amitiés sans lesquelles il n'y avait plus d'espoir. Durant son emprisonnement, elle va écrire une opérette intitulée Verfügbar aux enfers qui est une satire décrivant la vie dans les camps de concentration. Germaine Tillion est finalement libérée par un convoi de la croix rouge suédoise, en avril 1945, qui l'emmène, avec d'autres déportés, en Suède. Germaine Tillion aura passé deux ans à Ravensbrück.

Ses autres engagements[modifier | modifier le wikicode]

Après sa libération, Germaine Tillion mène des enquêtes sur l'histoire de chaque déportée française. Elle assiste aux procès des chefs SS de Ravensbrück. Elle reprend son rôle d'ethnologue dans les années 1950 pendant la guerre d'Algérie. Après cette guerre, Germaine consacre le reste de sa vie à enseigner, écrire des ouvrages, faire des recherches et transmettre son expérience. Elle s'éteint le 19 avril 2008 à Saint-Mandé âgée de plus de cent ans et ayant eu une vie hors du commun. En hommage à son engagement héroïque, les portes du Panthéon s'ouvrent pour accueillir cette femme exceptionnelle, exemple de courage et de persévérance.

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