France du XIe au XIIIe siècle

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Les rois de France (en bleu) et leurs contemporains

Des rois affaiblis[modifier | modifier le wikicode]

Une puissance territoriale réduite[modifier | modifier le wikicode]

Le royaume de France en 987 (en bleu le domaine royal)

À la fin du Xe siècle, le roi de France Hugues Capet et ses successeurs immédiats (Robert II le Pieux, Henri Ier, Philippe Ier), ne disposaient pas de grands domaines. Le plus gros morceau de leur domaine se trouvait entre la Seine et la Loire, riche région agricole mais de taille réduite ; quelques abbayes et évêchés dont le roi nomme les responsables étaient disséminés dans le reste du royaume. Ces nominations, permettent au roi de récompenser ses amis, de caser les membres de sa famille (frères cadets, sœurs), sans toucher à l'essentiel qui reste le domaine terrien.

Bien des princes territoriaux, comme le comte de Flandre, le comte de Toulouse, le duc de Gascogne, le duc de Normandie ... étaient bien plus riches en territoires que leur roi. Faute de revenus et d'hommes disponibles les premiers capétiens réduisent leurs interventions à l'extérieur de leur domaine.

Les atouts possibles[modifier | modifier le wikicode]

Cependant les Capétiens disposent d'atouts dont ils vont se servir progressivement.

Le roi est le seul seigneur qui soit sacré, généralement à Reims. On le sacre avec une pommade censée venir du ciel (voir le baptême de Clovis). Cette onction lui donne un prestige considérable.

En théorie le roi est au sommet de la pyramide des liens de vassalité qui unissent les hommes de son royaume. Tous les seigneurs, si puissants soient-ils, lui doivent fidélité, aide et conseil. Dans ses démêlées avec ses vassaux le roi peut tirer profit de cette position. Il peut prudemment intervenir dans les affaires des autres seigneurs.

Comme leurs voisins, les empereurs du Saint-Empire romain germanique auxquels ils sont apparentés, les premiers capétiens rendent la couronne héréditaire dans leur famille. De son vivant le père fait couronner son fils ; ainsi à la mort du père les grands seigneurs n'ont plus besoin de se réunir pour lui trouver un successeur. Les capétiens ont eu de plus la grande chance de vivre très âgés et de régner longtemps (trois successions seulement en un siècle à une époque où les gens dépassaient exceptionnellement la quarantaine) ce qui réduit le nombre de risques au moment de la succession.

Les Capétiens du XIIe siècle[modifier | modifier le wikicode]

Trois rois règnent au XIIe siècle ; Louis VI le Gros de 1108 à 1137, Louis VII de 1137 à 1180 et Philippe II Auguste de 1180 à 1223. Ils vont considérablement renforcer le pouvoir royal face aux grands princes territoriaux.

Louis VI[modifier | modifier le wikicode]

Louis VI et Louis VII passent une bonne partie de leur règne à combattre les petits seigneurs d'Île-de-France qui contestent leur autorité et terrorisent les habitants. Souvent le roi reçoit de l'aide des communautés villageoises, des villes (qui sont en train de renaître) et du clergé qui ont besoin de l'ordre et de la paix pour travailler pour produire leurs subsistances sans crainte des pillages.

Louis VII[modifier | modifier le wikicode]

Quelques temps avant son décès Louis VI, marie son fils Louis à Aliénor d'Aquitaine, la plus riche héritière du royaume. Elle apporte en cadeau de mariage, tout le sud-ouest et une bonne partie de centre du royaume. Désormais le roi, Louis VII, par l'intermédiaire de sa femme devient le plus puissant seigneur dans son royaume. Mais en 1152, les époux, qui n'ont pas eu de garçons, divorcent pour incompatibilité d'humeur. Aliénor porte alors son héritage à son second mari Henri Plantagenet, déjà comte du Maine et d'Anjou et qui devient en 1154 duc de Normandie et roi d'Angleterre. Un puissant et dangereux rival pour la royauté existe alors.

Philippe Auguste[modifier | modifier le wikicode]

La lutte contre les Plantagenets[modifier | modifier le wikicode]

Évolution du domaine royal entre 1160 et 1223

Philippe Auguste va briser la puissance des Plantagenets. Il encourage les révoltes des deux fils d'Henri, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, qui soutenus par leur mère Aliénor attaquent leur père. Devenu roi en 1189, Richard part combattre brillamment en Terre Sainte contre Saladin le sultan égyptien. Profitant de son absence, Philippe Auguste attaque les forteresses anglaises sur les frontières entre les deux domaines respectifs. La mort accidentelle de Richard en 1199, favorise le roi de France.

Jean sans Terre, roi d'Angleterre est aussi le plus grand seigneur français. Sa conduite envers un de ses vassaux, pour laquelle il refuse de venir s'expliquer devant le roi de France dont il est le vassal, le fait condamner pour félonie en 1202. Philippe Auguste, le suzerain, confisque la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou qui appartiennent à Jean. Celui-ci s'allie au comte de Flandre et à l'empereur germanique Otton IV. Jean est battu début juillet 1214 à bataille de la Roche-aux-Moines et ses alliés le sont également fin juillet 1214, à Bouvines. Jean perd ses possessions françaises, il ne conserve que le duché de Guyenne et le duché de Gascogne dans le sud-ouest de la France.

Par une politique d'achat de seigneuries et grâce à des héritages Philippe Auguste parvient également à agrandir le domaine royal (Amiens, Flandre, Auvergne) et à étendre son influence dans le sud du royaume où son fils Louis combat les Cathares.

Nouvelle organisation du domaine royal[modifier | modifier le wikicode]

Le roi a pour unique revenu les impôts qu'il perçoit sur les paysans et les habitants de villes du domaine royal. Philippe II organise l'administration du domaine royal désormais agrandi en y installant des baillis (ou sénéchaux dans l'ouest et le sud) qui le représentent sur place. Ils sont nommés par le roi et s'occupent de la justice, des finances et de fournir à l'armée royale les soldats nécessaires.

Dans le gouvernement central, Philippe Auguste supprime la fonction de sénéchal et répartit ses attributions entre le connétable responsable de l'armée royale, le chancelier, responsable de la justice royale et garde du sceau royal.

Philippe II favorise le mouvement des communes qui luttaient contre leurs seigneurs pour obtenir leur liberté.

Les souverains du XIIIe siècle[modifier | modifier le wikicode]

Cinq rois se succèdent au cours du XIIIe siècle : Philippe Auguste (jusqu'en 1223), Louis VIII (1223-1226), Louis IX dit saint Louis (1226-1270), Philippe III (1270-1285) et Philippe IV le Bel (1285-1314). Deux d'entre eux ont eu une grande importance dans le renforcement du prestige et du pouvoir royal.

Louis IX[modifier | modifier le wikicode]

Renforcement de l'administration royale[modifier | modifier le wikicode]

Monnaie d'or de Louis IX

Le domaine royal s'étant agrandi, le roi doit mieux organiser son administration.

Le conseil du roi est divisé en organes spécialisés : le Conseil, regroupant les familiers du roi, s'occupe de la grande politique.

La chambre des comptes examine les comptes des baillis et sénéchaux qui gèrent le domaine, centralise les revenus du roi (pour l'essentiel ses droits seigneuriaux, car il n'y a pas encore d'impôt royal) et surveille les dépenses. Le roi ordonne que la monnaie qu'il frappe ait cours dans tout le royaume à côté des monnaies seigneuriales qui vont ainsi disparaître.

La justice royale est rendue par des juges qui forment le parlement de Paris. Celui-ci en plus du jugement d'affaires ayant eu lieu dans le domaine royal, sert aussi de cour d'appel pour les procès déjà jugés par les justices seigneuriales (qui ne disparaissent pas). Le roi d'ailleurs rend quelquefois en personne la justice : l'image de saint Louis rendant la justice sous un chêne à Vincennes, sert la propagande royale mais est exacte. La justice est humanisée : la procédure par enquête se substitue progressivement à la preuve par le jugement de Dieu (révélé par la pratique de l'ordalie et du duel judiciaire). Les guerres privées, les tournois sont interdits.

La recherche de la tranquillité avec les rois voisins[modifier | modifier le wikicode]

Afin de se réconcilier avec le roi d'Angleterre, Louis IX lui redonne le Quercy, le Limousin et le Périgord , mais le roi d'Angleterre doit prêter l'hommage vassalique pour le duché de Guyenne qu'il conserve. Cela sera source de conflits futurs. En échange de la renonciation à ses droits seigneuriaux en Languedoc, le roi d'Aragon reçoit la Catalogne et le Roussillon.

Philippe IV le Bel et les débuts de l'absolutisme royal[modifier | modifier le wikicode]

Le roi empereur en son royaume[modifier | modifier le wikicode]

Maître direct d'un grande partie du royaume, le roi voit pourtant des limitations à son autorité. Les empereurs germaniques prétendent imposer leur supériorité aux autres souverains. Les papes , adeptes du gouvernement théocratique veulent également dicter leur politique aux rois chrétiens.

Soutenus par les efforts des légistes hommes de loi, souvent d'origine modeste, mais qui ont fait de solides études, Philippe IV le Bel arrive à faire admettre qu'il n'y a pas d'autre autorité que la sienne en France : le roi est la loi qui s'applique à tous les Français.

La lutte contre la papauté[modifier | modifier le wikicode]

Philippe le Bel s'oppose au pape Boniface VIII au sujet d'une affaire de nomination d'évêques. En 1303, les envoyés du roi s'emparent du pape pour le traduire devant un concile. Le pape meurt quelques temps après. En 1309, le pape Clément V, d'origine française, abandonne Rome et s'installe à Avignon, en limite du royaume, donc sous la surveillance du roi.

Les problèmes financiers[modifier | modifier le wikicode]

Exécution des templiers

Philippe IV a de graves problèmes financiers. Les revenus du domaine ne suffisent plus à couvrir les dépenses. En 1306, pour se procurer des revenus le roi fait saisir les biens des juifs et des lombards (qui étaient en fait les banquiers et les prêteurs du roi) et les fait expulser ... quitte à autoriser leur retour moyennant argent. Après un procès truqué, le roi s'empare aussi des immenses richesses accumulées par l'ordre des Templiers (1307-1314).

Les besoins étant tels que le roi manipule plusieurs fois la monnaie (la première fois en 1293). Il émet de nouvelles pièces qui contiennent une quantité de métal précieux inférieure aux pièces précédentes (la même quantité de métal permet alors de frapper un plus grand nombre de pièces).

Pour trouver de nouveaux revenus le roi décide la création d'impôts royaux. Mais pour calmer les esprits il convoque à plusieurs reprises les représentants de la noblesse, du clergé et du Tiers État (les bourgeois de villes) qui lui donnent leur accord.

Les questions territoriales[modifier | modifier le wikicode]

Philippe IV s'efforce de contrôler les dernières principautés territoriales sur lesquelles il n'a pas d'autorité directe. Contre le duc de Guyenne, donc le roi d'Angleterre, partout où il le peut il intervient en tant que suzerain dans les litiges entre le duc et les habitants. C'est un grignotage constant. Cette politique sera une des causes qui déclencheront en 1338 la Guerre de Cent Ans.

Le comté de Flandre, le plus riche du royaume, a des liens commerciaux très forts avec l'Angleterre. Les laines anglaises sont filées et tissées en Flandre. Pendant les conflits qui opposent le comte à ses sujets Philippe le Bel intervient, (c'est son droit de suzerain). En 1300, il fait emprisonner le comte et le remplace par un gouverneur français. Les Flamands mécontents, se révoltent, massacrent les Français vivant à Bruges (les Matines brugeoises de mai 1302) et infligent une sévère défaite à l'armée royale lors de la bataille des éperons d'or près de Courtrai en juillet 1302. Même si deux ans plus tard le roi parvient à vaincre les Flamands, la Flandre échappe à la domination directe. La Flandre sera aussi une des causes de la guerre de Cent Ans.

Par son mariage avec Jeanne de Navarre Philippe le Bel devient roi de Navarre et comte de Champagne (l'intégration de la Champagne au domaine royal est réalisée par son fils le roi Louis X le Hutin).

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