Florence Aubenas

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Florence Aubenas en 2005 après sa libération

Florence Aubenas est née le 6 février 1961 à Bruxelles (Belgique). Elle est une journaliste française.

Elle a été retenue comme otage à partir du 5 janvier 2005 en Irak - notamment à Bagdad - pendant une durée de trois mois en compagnie de son guide Hussein Hanoun al-Saadi, pour avoir fait un reportage sur les refugiés de Falloujah. Elle a été relâchée au bout de 157 jours grâce au soutien des Français pour la liberté d'expression.

Florence Aubenas travaille depuis 2012 au sein du quotidien Le Monde comme grand reporter et depuis 2006 chez Le Nouvel Observateur.

Florence Aubenas est Officier des Arts et des Lettres. Elle a été présidente entre 2009 et 2012 de l'Observatoire international des prisons.

C'est la fille de Jacqueline et de Benoît Aubenas, la sœur de Sylvie et d'Olivier Aubenas. Sa mère était critique de cinéma et travaillait pour l'INSAS (Institut supérieur des Arts du Spectacle) et l'ULB (Université libre de Bruxelles). Son père était fonctionnaire européen en tant que diplomate. Après un baccalauréat littéraire, Florence Aubenas devient journaliste. Elle laisse sur son passage, l'image d'une femme indépendante et professionnelle. Florence Aubenas a aussi des loisirs comme la natation : elle a appris à nager à l'âge de 6 ans.

Sa vision du métier[modifier | modifier le wikicode]

Florence Aubenas aime beaucoup son métier, elle est vraiment passionnée. Pour elle, c'est comme un métier d'aventure. Elle pense qu'il faut être débrouillard et que la qualité essentielle d'un journaliste est la curiosité.

Quand Florence Aubenas était enfant, elle ne pensait pas être journaliste, elle lisait beaucoup de BD de Tintin et de Spirou. Elle en a peut-être tiré l'inspiration pour devenir journaliste.

Au départ, elle pensait que ce métier serait difficile pour elle mais ce fut tout le contraire car finalement, d'après elle, le dialogue est plus facile et il y a moins de rapport de force quand on est une femme.

Son parcours scolaire[modifier | modifier le wikicode]

Enfant, Florence Aubenas habitait Bruxelles et étudiait à l'école européenne de Bruxelles (à Uccle). Elle était bonne élève et les matières qu'elle aimait le plus étaient les lettres, les langues et le latin. En 1979, elle obtient un baccalauréat littéraire. Comme elle ne savait pas quoi faire après le bac, ses parents lui ont conseillé de s'inscrire en hypokhâgne : classes préparatoires littéraires (2 ans d'étude). Elle a donc quitté sa famille pour aller à Paris. A la fin des deux années, elle s'inscrit en fac à Nanterre (92) pour obtenir une licence de lettres mais elle avait l'impression que ça ne déboucherait sur rien alors elle s'est inscrite à Sciences Po, HEC, au CFJ (Centre de formation des Journalistes) où elle a été reçue du premier coup. Étant le premier résultat du calendrier, elle n'a pas passé les épreuves des autres écoles. Au CFJ, elle a effectué un stage en section télévision et finalement choisit de devenir secrétaire de direction. Elle est diplômée du CFJ en 1986.

Les grandes étapes de sa carrière[modifier | modifier le wikicode]

Elle va débuter sa carrière au Matin de Paris et au Nouvel Économiste avant de rejoindre le journal Libération en 1986 durant 20 ans. Elle y est d'abord secrétaire de rédaction puis devient grand reporter. Elle parcourt le monde pour témoigner de nombreux événements au Rwanda (génocide qui a fait 800 000 morts en 3 mois en 1994), au Kosovo (1996), en Algérie (1997), en Afghanistan (2002) et en Irak (fin 2004 - début 2005). Elle couvre également plusieurs grands procès en France. Elle s'est ainsi fait connaître pour sa couverture du procès d'Outreau (2004) à Paris Première, procès pour lequel elle fut l'une des premières à exprimer ses doutes sur la culpabilité des prévenus finalement innocentés. Elle rejoint ensuite l'hebdomadaire Le nouvel Observateur de 2006 à 2012 puis se met à travailler pour Le Monde. Elle lance le concours "Le Monde Académie" qui est destiné aux jeunes qui veulent devenir journalistes. En septembre 2012, elle effectue, pendant plusieurs semaines, un reportage au côté des rebelles de l'armée syrienne à Alep. Florence Aubenas est Officier des Ars et des lettres. Elle a été présidente entre 2009 et 2012 de l'Observatoire international des prisons. Lors de ses reportages, elle emmène avec elle "le doudou lapin" de sa nièce comme porte-bonheur.

L'enlèvement de Florence Aubenas en Irak et sa libération[modifier | modifier le wikicode]

Le 5 janvier 2005, Florence Aubenas se rend en Irak pour suivre le procès de Saddam Hussein. À la sortie de l'Université de Bagdad, alors qu'ils réalisaient un reportage sur les réfugiés de Falloujah, Florence Aubenas et son fixeur Hussein Hanoun sont enlevés, sont "jetés" dans le coffre d'une voiture. Ils sont ensuite conduits dans une cave sombre et humide, les pieds et les mains liés, un bandeau sur les yeux. L'enlèvement survient quelques semaines après la libération de deux journalistes : Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Les kidnappeurs pensaient que Florence Aubenas était une cible facile.

Elle a été libérée le 11 juin 2005 au bout de 5 mois, soit 157 jours grâce au soutien des Français pour la liberté d'expression. Elle est accueillie à l'aéroport de Paris par le chef de l'état Jacques Chirac puis retrouve sa famille proche. Le 14 juin 2005, lors d'une conférence de presse, elle raconte ses conditions de détention. Ses ravisseurs l'autorisaient seulement à parler pour leur répondre, ses déplacements se limitaient à 24 pas par jour soit deux aller-retour aux toilettes et ils l'appelaient par le prénom Leila ou numéro 6, jamais par son vrai prénom. Elle indique que tous les jours, elle avait faim ou était malade.

Son expérience en tant que travailleuse précaire[modifier | modifier le wikicode]

De février à juillet 2009, alors qu'elle travaille pour le Nouvel Observateur, elle prend un congé sans solde, s'installe dans une chambre d'étudiant à Caen et s'inscrit à Pôle Emploi pour chercher du travail en cachant son métier de journaliste et en se donnant un faux nom. Elle fait croire à tout le monde qu'elle est partie au Maroc pour écrire un livre. Son but est de mener une enquête sur la France des travailleurs précaires qui survivent avec un salaire inférieur au SMIC. Ce type d'expérience avait déjà été mené en Allemagne.

Lorsqu'elle remplit sa fiche auprès de Pôle Emploi, elle indique qu'elle est une femme de 48 ans, niveau baccalauréat et qu'elle accepte tout type de poste. Après avoir enchaîné les petits boulots, elle obtient un travail d'agent d'entretien sur les ferries de la compagnie Brittany Ferries au quai d'Ouistreham à Caen en Normandie.

Elle témoigne du salaire extrêmement bas de l'ordre de 300 euros par mois (le SMIC était d'un montant de 1217 euros brut en 2005). Les employés sont sous payés et exploités. L'emploi du temps est "haché", les horaires sont difficiles : les employés se déplacent pour une heure très tôt le matin ou très tard le soir, ils n'ont que 3 minutes pour nettoyer une chambre. En effet, il faut en nettoyer 20 en une heure.

Florence Aubenas a travaillé pendant un mois et demi, une heure par jour de 5 à 6 heures du matin ou de 21h30 à 22h30, 6 jours sur 7.

Pour raconter son expérience, Florence Aubenas a écrit un livre Le quai d'Ouistreham, paru le 18 février 2010. Le film Le quai d'Ouistreham, tiré du livre, avec l'actrice Juliette Binoche dans le rôle de Florence Aubenas, est en cours de tournage (mars-avril 2019) et sortira dans les prochains mois.

Sources utilisées pour rédiger l'article :[modifier | modifier le wikicode]

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