Droit des animaux

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Depuis les années 1970, de nombreuses associations se mobilisent pour protéger et défendre les animaux. Certains de ces mouvements sont connus comme la SPA (société protectrice des animaux), la fondation 30 millions d’amis. D’autres sont plus récents et se spécialisent parfois sur des domaines spécifiques. Ils défendent les animaux d’élevage, les taureaux des corridas, les éléphants des cirques ou les cobayes de laboratoires.

La philosophie de la défense des animaux[modifier | modifier le wikicode]

Les défenseurs des animaux veulent tous faire cesser les pratiques qui leur font mal et leur cause du tort sans raison valable. On distingue parmi eux deux positions: ceux qui veulent améliorer le bien-être des animaux et ceux qui veulent que l’on cesse complètement de les exploiter. Ces deux façons de penser ne sont pas contradictoires.

Bien-être animal : Ces défenseurs sont issus d’un courant anglais qui s’appelle « welfare » ce qui veut dire « bien-être ». Certains d’entre eux sont végétariens, mais ne plaident pas forcément pour que les gens cessent de manger de la viande car ils pensent que c’est une revendication trop ambitieuse pour qu’elle puisse aboutir et qu’il faut déjà commencer par améliorer ce qui existe pour que les animaux souffrent moins. Une des grandes figures de ce mouvement est le philosophe Peter Singer. [1]

Abolition[modifier | modifier le wikicode]

D’autres défenseurs estiment que nous devons cesser complètement d’utiliser les animaux pour nous habiller, pour nous nourrir… Ils sont issus du mouvement dit « abolitionniste » qui prône l’arrêt total de l’exploitation des animaux par les humains. Les mouvements abolitionnistes plaident pour que les gens deviennent végétariens et même vegans (ne pas manger de viande, ni d’œufs, ni de produits laitiers ainsi que le miel; ils ne portent pas de cuir ...). Les grandes figures de ce mouvement sont le philosophe Tom Regan [2] et le professeur Gary Francione.

Les premiers défenseurs[modifier | modifier le wikicode]

Depuis des millénaires, des philosophes s’interrogent sur la manière dont nous traitons les animaux. Dans la mesure où l’être humain a pris le contrôle de la planète, il est capable d’imposer sa loi à tous les autres êtres vivants. Au fil de l’histoire, certains se sont demandé ce qui nous donnait le droit de les enfermer dans des enclos, de leur faire jouer dans des cirques, de les battre pour qu’ils avancent plus vite ou de les tuer pour en faire de la viande. Dès la Grèce Antique, des philosophes se demandent ce qui permet à l’homme de se sentir supérieur aux animaux et différents d’eux. Pendant des siècles, les grands penseurs débattent autour de cette question animale. Certains estiment que nous faisons partie de la même famille et que les animaux sont nos cousins lointains. D’autres affirment que les être humains sont totalement différents des animaux et qu’ils ont ainsi plus de droits.

Pour l'église catholique du Moyen Âge, les animaux ont peu d'importance et l’homme a le droit d’en disposer comme il veut. Au XVIème siècle, différents philosophes se mobilisent pour les défendre : Montaigne s'oppose à la chasse et à la captivité des animaux sauvages. Il pense que la cruauté à leur égard traduit un goût du sang malsain chez l’homme. Le peintre italien Léonard de Vinci se demande ce qui permet à l'homme de se sentir supérieur et dénonce la maltraitance des ânes. Sur les marchés de Florence, il achète des oiseaux en cage pour leur rendre immédiatement la liberté !

L’animal n’est-il qu’une machine ?[modifier | modifier le wikicode]

Au XVIIème siècle, le philosophe français René Descartes affirme que l'animal est une sorte de machine. Il réagirait par réflexes, tel un automate et n'aurait pas conscience de lui-même. Ainsi, il ne souffrirait pas et peu importe la manière dont on le traite. Cette théorie a influencé de nombreux scientifiques pendant plusieurs siècles. Elle leur a permis de mener toutes sortes d'expériences sur les animaux, sans se sentir coupables de les martyriser. Mais on sait aujourd'hui qu'elle est fausse. Extrait du livre ‘’Respecter les animaux à petits pas’’ de Florence Pinaud et Anne-Lise Combeaud aux éditions Actes Sud Junior.

Le XIXème siècle au secours des animaux[modifier | modifier le wikicode]

Au 19ème siècle, le biologiste anglais Charles Darwin révolutionne le débat sur la différence entre les animaux et nous. Il affirme que toutes les espèces ont les mêmes ancêtres communs. Quelques espèces vivantes apparues sur la Terre se sont transformées au cours des siècles par la sélection naturelle. Ce qui veut dire que les plus forts et les plus malins ont eu le plus de chance de survire suivant le milieu dans lequel ils vivaient. D’après Darwin, ce sont ces quelques ancêtres qui ont donné les milliers d’espèces que l'on trouve aujourd'hui sur la Terre. Du coup, l’homme serait un animal comme un autre dans la famille des mammifères. Au 19ème siècle, les premières associations de défense des animaux apparaissent. En Grande Bretagne, de nombreux mouvements s’opposent à la chasse. Avec les progrès technologiques des fusils, tuer des animaux est devenu plus facile et certains Anglais trouvent que ce n’est pas juste pour les biches et pour les lièvres. Ce n’est plus un vrai sport car ils n'ont plus aucune chance de s'en tirer. En 1824, la première société protectrice des animaux (SPA) voit le jour en Grande Bretagne. Quelques années plus tard, le médecin Etienne Paris et fonde la même chose en France, avec des refuges pour recueillir et soigner les chiens et chats abandonnés.

L’université se penche sur le sujet[modifier | modifier le wikicode]

Au 20ème siècle, les universitaires se lancent aussi dans le débat de la défense des animaux. Grâce aux découvertes scientifiques des éthologues, qui étudient la manière de vivre des animaux, l’université comprend qu’ils sont moins bêtes qu’on ne le pense. Et certains philosophes commencent à réfléchir sur la moralité de la manière dont ils sont traités. Ainsi est née l’éthique animale. Cette discipline philosophique est apparue dans les années 1970 à l’université anglaise d’Oxford autour du psychologue Richard Ryder, qui étudiait la défense animale. L’éthique animale est l'étude de la responsabilité morale des hommes vis-à-vis de ce qu'ils font subir aux animaux. Elle se demande ce qu'il est bien ou mal de faire aux animaux. Elle est la discipline de base de la majorité des associations de défense des animaux et réfléchit à des questions telles que ‘’faut-il accorder aux animaux les mêmes droits que les humains ?’’ Ou encore ‘’pourquoi les humains favorisent-ils leur espèce plutôt que de mettre à égalité toutes les espèces vivantes de la planète ?’’ Cette dernière attitude a été qualifiée de ‘’spécisme’’. Elle consiste à privilégier les individus de sa propre espèce (soit les humains) et à les considérer comme supérieurs aux autres. Alors que rien ne justifie cette attitude, sinon les sentiments. Une grande partie des mouvements de défense des animaux sont antispécistes [3] En France, les débats autour de l’éthique animale ont commencé plus tardivement. Cette discipline s’est fait connaître notamment grâce au philosophe Jean-Baptiste Jeangène Vilmer [4] qui a publié le premier livre français sur la question aux PUF en 2008, ‘’l’Ethique animale’’ préfacé par Peter Singer.


Espèce de spéciste ![modifier | modifier le wikicode]

‘’Les universitaires ont mis en lumière une attitude qu'ils appellent le "spécisme". Comme le racisme, elle consiste à privilégier les individus de sa propre espèce (soit les humains) et à les considérer comme supérieurs aux autres. Alors que rien ne justifie cette attitude, sinon les sentiments et l'égoïsme. Et parmi les espèces, certains préfèrent les animaux mignons ou qui ont l'air inoffensifs aux animaux moins jolis et réputés dangereux. C'est aussi une forme de spécisme car les animaux qui ne nous semblent pas beaux sont parfois très gentils.’’ Extrait du livre ‘’Respecter les animaux à petits pas’’ de Florence Pinaud et Anne-Lise Combeaud aux éditions Actes Sud Junior.

Les défenseurs du XXIème siècle[modifier | modifier le wikicode]

Aujourd’hui, des mouvements de défense des animaux existent un peu partout dans le monde. Ils sont plus nombreux en Angleterre et aux Etats-Unis, au Canada et dans les pays du Nord de l’Europe. En France, ils ont eu plus de mal à se développer. Parmi les mouvements français, certains ont réussi à se faire reconnaître comme la fondation 30 millions d’amis, la ligue de protection des oiseaux d’Allain Bougrain-Dubourg ou encore la fondation Brigitte Bardot. D’autre mouvements plus jeunes commencent aussi à gagner en visibilité comme L214 qui s’implique notamment dans la défense des animaux dans les élevages intensifs ou comme le mouvement belge GAIA (Voice of the Voiceless qui possède un département réservé aux enfants. Aux Etats-Unis, un des plus grands mouvements de défense animale s’appelle Peta (People for the Ethical Treatment of Animals, soit les personnes qui sont pour un traitement éthique des animaux). Spécialisé dans les actions médiatiques, il a réussi à mobiliser de nombreux people autour de sa cause. Ainsi, le chanteur Paul Mac Cartney et les acteurs Joaquin Phoenix (Gladiator), Anne Hathaway (Les misérables), Jessica Chastain (The tree of life), Casey Affleck (Les amants du Texas) ou encore Rooney Mara (Millenium) soutiennent le mouvement et n’hésitent pas à poser ou tourner des vidéos pour défendre les animaux. En France, de nombreux petits mouvements sont nés aux côtés des grandes organisations comme la fondation Brigitte Bardot. Parmi eux, l’Aspas plaide pour une meilleure protection des animaux sauvages, le comité radicalement anti corrida (CRAC) réclame l’abolition de cette pratique, la ligue de protection des oiseaux (LPO) est spécialisée dans la protection des volatiles…

Certains mouvements sont parfois considérés comme radicaux, c'est-à-dire qu’ils réalisent des actions « coup de poing » qui sont dénoncées comme étant trop violentes. C’est le cas des mouvements anglais Animal Rights Militia (ARM) ou Animal Liberation Front (ALF) et du mouvement américain The Revolutionary Cels - Animal Liberation Brigade (RCALB)

Ces mouvements s’en prennent parfois aux directeurs des laboratoires qui pratiquent la vivisection. Il n’existe pas de mouvements de ce type en France. Aujourd’hui, plus de la moitié des Français ont des animaux de compagnie. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à s’investir dans des actions pour défendre tous les animaux, ni qu'ils partagent les idées des associations de défense des animaux. Selon un sondage Ipsos, les animaux préférés des Français sont dans l’ordre le chien, le chat, le cheval, le dauphin, l’écureuil, le lapin, la biche, le tigre, le panda et le lion avant le poisson rouge et la tortue.

Végétarien, végétalien, vegan[modifier | modifier le wikicode]

Il existe plusieurs façons de cesser de manger des animaux pour les protéger. Les végétariens sont des gens qui ne mangent pas de viande, ni de poisson. Les végétaliens (vegan en anglais) font de même, mais bannissent également de leur menu tous les produits issus des animaux comme les laitages, les œufs ou encore le miel. Enfin, les vegans (souvent francisé en "véganes") refusent toute exploitation animale, qu'elle ait un rapport avec l'alimentation ou non. Ainsi, ils ne portent pas de cuir ni de laine, se prononcent contre les loisirs impliquant des animaux (cirque, zoos, delphinariums…) mais aussi contre le fait de détenir des animaux de compagnie.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • L’éthique animale, par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, aux éditions PUF, 2008.
  • Respecter les animaux à petits pas, par Florence Pinaud et Anne-Lise Combeaud (illustratrice), aux éditions Actes Sud Junior, 2013.
  • Des animaux et des bêtes, par Bebb aux éditions les points sur les i, 2013.
  • Site Gaiakids, pour la protection des animaux
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