Dictateur (Rome antique)

« Dictateur (Rome antique) » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
(Redirigé depuis Dictateur romain)
Aller à : navigation, rechercher
Voir les articles homonymes Attention, à ne pas confondre ! Pour les sujets ou articles dits homonymes, voir : Dictateur.

À Rome dans l'Antiquité, le dictateur était un magistrat exceptionnel exerçant sa fonction pendant une durée limitée. Il était nommé en cas de crise grave que les consuls n'arrivaient pas à résoudre. Le dictateur disposait de tous les pouvoirs et avait obligatoirement pour second un maître de cavalerie.

La charge de dictateur a été créée à la fin du VI° siècle av. J.-C.. Il ne s'agit pas d'une prise de pouvoir par la force. Le dictateur était nommé pour six mois par un des deux consuls sur ordre du Sénat. Il était choisi parmi les anciens consuls. Cette nomination n'intervenait qu'en cas de désastres militaires ou de graves crises politique ou sociale intérieure à la République. À l'origine le dictateur est un patricien. Le premier dictateur plébéien a été nommé en 356 par le choix d'un consul plébéien.

La détermination du consul (car il y en avait deux en même temps) qui choisit le dictature est incertaine. Était-ce le consul qui disposait à son tour de l'imperium et des faisceaux, ou était-ce celui qui était le plus proche de Rome ou bien était-ce tiré au sort ou bien y avait-il accord entre les deux consuls ? Il est rare que le sénat s'oppose au dictateur choisi par le consul.

Les pouvoirs du dictateur étaient très importants : il recevait les pleins pouvoirs. Pendant la dictature toutes les autres magistratures étaient suspendues (sauf celle des tribuns de la plèbe.) Les consuls en exercice perdent leurs pouvoirs. En fait les magistrats réguliers continuent à exercer leurs fonctions mais ils sont obligés d'obéir à tous les ordres du dictateur.

Le dictateur bénéficie d'une grande indépendance vis-à-vis du sénat. Il peut punir sans appel (provocatio) au peuple de ses décisions. Enfin il est irresponsable c'est-à-dire qu'après la fin de ses fonctions il ne peut être poursuivi pour ce qu'il a fait. Sans collègue il est entièrement maître de ses décisions et peut agir rapidement.

Bien que nommé pour six mois, généralement le dictateur démissionne de sa charge bien avant, dès qu'il a résolu les affaires pour lesquelles il avait été nommé.

Pendant ses fonctions le dictateur ne peut quitter l'Italie. Il ne dispose par du trésor public, il doit se débrouiller avec les moyens que le sénat lui alloue.

Le dictateur s'adjoignait un maître de cavalerie (sorte de chef d’état major). Dans ses déplacements le dictateur était précédé de 24 licteurs portant les faisceaux avec les haches ce qui indique le pouvoir absolu. Le dictateur bénéficie de la toge prétexte et du siège curule.

Entre 501 et 202 av. JC, on recense 76 dictatures. Progressivement la fonction n'est plus exercée, car les sénateurs préfèrent renforcer les pouvoirs des consuls en exercice.

Sylla, puis Jules César se firent nommer dictateurs à vie. Sous l’Empire, la dictature disparaît car, l’Empereur s'empare de tous les pouvoirs.

Portail de la Rome antique —  Histoire romaine, langues et civilisations italiotes.