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Despotat d'Épire

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Le despotat d'Épire en 1230 (en vert)

Le despotat d'Épire est un État européen apparu au début du XIIIe siècle. Il est installé en Albanie et les régions voisines. Il est né au moment de l'éclatement de l'empire byzantin à la suite de la quatrième croisade de 1204.

Le despotat qui se veut héritier de la culture grecque byzantine et orthodoxe, doit lutter contre ses puissants voisins : l'empire latin de Constantinople créé par les Croisés catholiques, la République de Venise qui occupe les côtes des Balkans et l'empire de Nicée, lui aussi héritier de l'empire byzantin. En 1268, le despotat est le théâtre de luttes entre deux frères ennemis qui cherchent des alliés soit à l'occident, soit chez les Byzantins. Le pouvoir est alors pris par la famille Orsini, d'origine gréco-sicilienne. Des troubles dans la succession amènent des interventions de l'empire byzantin (qui a été rétabli en 1264). En 1331, Byzance s'empare du pays.

Le despotat d’Épire[modifier | modifier le wikicode]

Vers 1081, les Normands s’emparent du pays qui est repris par Byzance deux ans après. Cette occupation est importante car elle fut à l’origine du despotat d’Epire.

Le despotat est fondé par Michel Doukas. Celui-ci était le cousin des empereurs de Byzance Isaac II Angeet Alexis III Ange. Il commence sa carrière politique en 1204, date à laquelle il est gouverneur de Malysas, une ancienne province byzantine en Asie Mineure. En 1205, l’Empire byzantin est détruit par les croisés de la IVe Croisade qui fondent l’Empire latin de Constantinople. Michel se rapproche du nouvel empire, mais s’en détourne vite. Il se réfugie en Albanie où il trouve des nationalistes byzantins, refusant d’obéir à un empire de culture latine (occidentale) contrôlé par un empereur catholique. Il rassemble ces nationalistes, il fonde un nouvel État basé sur la culture chrétienne orthodoxe de l’Empire byzantin : le despotat d’Épire dont il fut Michel Ier, le premier despote.

Bien que Michel Ier soit considéré comme un second Noé par les orthodoxes, il n’est pas reconnu légitime par le patriarche orthodoxe de Constantinople Jean X qui se rapproche du basileus de Nicée (un autre empire de culture grecque-orthodoxe) Théodore Ier Lascaris. Pour survivre, Michaël Ier utilisera la ruse, s’alliant des fois à cet empire latin qu’il haït. En 1210, il conclut une alliance avec la République de Venise et attaque des fiefs de l’Empire Latin avec cruauté envers les prêtres catholiques qu’il fait crucifier. Mais, cette cruauté fut une erreur : Venise, horrifié rompt l’alliance et rappelle son armée. Michaël Ier continuera la guerre contre l’Empire Latin et ses alliés, la Serbie et la Bulgarie, jusqu'en 1215, date à laquelle il est assassiné par un de ses domestiques.

Son beau frère, Théodore Ier lui succède. Son premier exploit est de capturer l’empereur latin Pierre II de Courtenay. En 1224, il occupe le royaume de Thessalonique. En 1225, il s’empare de comptoirs vénitiens et latins et se rapproche de l’empire de Nicée et de l’empire de Bulgarie. En 1230, il se brouille avec ce dernier, lui fait la guerre mais il est fait prisonnier par le tsar Ioan Asan II qui lui crève les yeux. Ne pouvant plus régner sur le despotat, il laisse son neveu, Michel II prendre le trône. Mais, il ne se retira de la vie politique pour autant.

Michaël II fut donc le despote suivant. En 1238, le despotat est (en partie grâce à lui), reconnu par le patriarche de Constantinople Germain II. La même année son oncle, Théodore, est libéré par les Bulgares, mais il refuse de revenir sur le trône, il part dans l’Empire de Nicée où il devint une sorte de Premier ministre et vice-roi de Thessalonique. Mais, en réalité, Théodore s’arrangea pour brouiller les relations entre Nicée et Épire dans un but : voir mourir leur deux princes et prendre leur trônes. Mais, après la bataille de Pélagonnia en 1252, le basileus Jean III et le despote Michaël II découvre ses complots et l’emprisonne. Les relations entre Nicée et Épire s’adoucissent, mais Michel II se brouilla avec le successeur de Jean III, Théodore II en 1256 et s’allie avec le roi de Sicile Manfred et le prince d’Achaïe Guillaume II pour annexer à son despotat la vice-royauté nicéenne de Thessalonique. Sa coalition est battue à Pélagonnia. En 1264, il est vaincu par Michel VIII Paléologue, qui avait peu de temps avant refondé l’Empire byzantin et il doit devenir son vassal.

Divisions du despotat et guerres familiales[modifier | modifier le wikicode]

À la mort de Michel II en 1268, le despotat est divisé en deux par ses fils, Nicéphore Ier et Jean Ier. Les deux frères étaient opposés : Nicéphore Ier était pro-byzantin, Jean Ier était pro-latin (une rumeur dit même qu’il avait abandonné le christianisme orthodoxe pour se convertir au christianisme catholique).

Le fils de Nicéphore Ier, Thomas, despote en 1296, rompt avec Byzance pour se rapprocher du roi de Sicile Charles II qui accepte une alliance avec Thomas et le successeur de Jean Ier, Constantin… si ceux-ci abdiquent pour ses fils. Ils refusent, Charles II qui leur fait la guerre perd, mais les deux despotats son ruinés.

Les Orsini, maîtres du despotat[modifier | modifier le wikicode]

Niccolo Orsini, un noble épirote d’origine sicilienne et neveu des deux despotes Thomas et Jean II, assassine ses oncles et prend le pouvoir dans le despotat d’Épire à nouveau uni.

Son frère, Giovanni l’assassine en 1323 et prend sa place. En 1331, il est attaqué par le duc d’Athènes Gautier VI, il est obligé de reconnaître la suzeraineté de la Sicile pour rester au pouvoir en Epire. Giovanni conquiert ensuite la Thessalonique, ce qui est mal vu par le basileus de Byzance Andronic II Paléologue qui lui déclare une guerre qui se terminera par une victoire pour Byzance. Giovanni voit ensuite son règne se fragiliser par un conflit entre les nobles pro-siciliens et les nobles pro-byzantins. Il sera empoisonné par sa femme, Anne

Son fils, Nicéphore II avait moins de dix ans, sa mère, Anne prend la régence et envoie à Constantinople des émissaires négocier une alliance. En 1337, le despotat connait ses premières révoltes dont les meneurs furent des montagnards albanais. Andronic III Paléologue et son généralissime, Jean Cantacuzène aident l’armée du despotat à mater la révolte, ils en profitent aussi pour emmener en esclavage des albanais. En 1339, Nicéphore II adulte veut se débarrasser de la tutelle byzantine, Andronic III envahit le pays et le chasse. En 1341, Andronic III meurt, le généralissime Jean Cantacuzène lui succède sous le nom de Jean VI, mais sa prise de pouvoir n’est pas reconnue. Le basileus ne se soucie pas de l’Épire qui est conquise par le tsar de Serbie Stefan Uros IV. Nicéphore II reprend le pouvoir en 1356 mais meurt en 1359 dans une bataille contre des révoltés albanais.

Ensuite, l’Épire fut ravagé par les guerres civiles entre les pro-grecs et les nationalistes albanais.

Liste des despotes d'Épire[modifier | modifier le wikicode]

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