Dîme

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La dîme est un impôt établi au profit de l'Église catholique. Il a été créé par Charlemagne à la fin du VIIIe siècle.

La dîme portait sur les récoltes et les troupeaux. Toutes les propriétés, quelles soient celles des nobles, des roturiers et même les biens personnels des ecclésiastiques, devaient la dîme. Son montant moyen était d'environ 7,5% des produits de l'agriculture, bien qu'il soit variable selon les régions. La dîme se prélevait avant tous les autres impôts.

On distinguait les grosses dîmes portant sur les céréales (blé, orge, seigle et avoine), les menues dîmes sur les légumes ou les plantes textiles (comme le chanvre) et les dîmes novales qui touchaient les terres récemment remises en culture. Quelquefois les menues dîmes et les dîmes novales étaient laissées à la libre disposition du curé desservant qui devait se contenter de la portion congrue. Mais au cours du XVIIIe siècle, l'augmentation de la portion par décisions royale était miée au fait que le bénéficiaire de la portion congrue renonçait à la perception des menues dîmes et des dîmes novale pour les laisser au gros décimateur.

Les gros décimateurs ne percevaient pas eux-mêmes la dîme : ils l'affermaient, c'est-à-dire il remettaient le droit de perception à une personne ou à un groupe de personnes. Celles-ci versaient d'un coup le montant estimé de la dîme à charge pour elles de percevoir l'impôt en nature auprès des cultivateurs (avec plus ou moins de recours à la force). Ce contrat de fermage est conclu pour une année ou plusieurs années consécutives. Souvent le fermier de la dîme est un habitant de la paroisse qui dispose de revenus importants car il doit faire l'avance des fonds avant de rentrer dans son argent par la vente des produits.

Théoriquement la dîme devait servir à l'entretien du clergé de la paroisse, donc du curé et de ses éventuels vicaires. Mais au cours du temps certaines dîmes sont accaparées par des laïcs (ce sont les dîmes inféodées). Souvent aussi la dîme était perçue au profit d'un curé dit « primitif » (l'évêque, l'abbé...), mais qui n'exerçait pas les fonctions religieuses dans la paroisse , où il se faisait remplacer par un autre. Le « curé primitif » reversait au clergé effectif ce qu'il jugeait nécessaire, gardant pour lui le complément. Ce reversement s'appelait la portion congrue. L'augmentation de la portion congrue fut un des combats du bas clergé tout au long du XVIIIe siècle et un des motifs qui séparèrent le bas-clergé du haut-clergé à la veille de la Révolution française

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