la cabane  • le Livre d'or
Brazzarail (28522034145).jpg Actualités, astuces, statistiques et une interview, lisez la dernière Gazette de Vikidia ! DessinInterview.png

Dépêche d'Ems

« Dépêche d'Ems » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher
Bismarck, l'auteur de la dépêche d'Ems

La dépêche d'Ems est un texte rédigé par le chancelier prussien Bismarck le 13 juillet 1870. Ce texte rendait compte, d'une manière très insolente, de la réponse courtoise mais négative que le roi de Prusse donnait à une entrevue réclamée par l'ambassadeur de France. La France voulait une confirmation écrite du renoncement au trône d'Espagne, d'un cousin du roi de Prusse.

La dépêche publiée dans la presse le 14 juillet 1870, est considérée comme un affront par la France. Sans attendre les explications verbales de l'ambassadeur revenu à Paris, et sans essayer de résoudre diplomatiquement le problème, le gouvernement français, poussé par les députés du corps législatif, déclare la guerre à la Prusse le 17 juillet (reçue en Prusse le 19).

Les circonstances de la dépêche d'Ems[modifier | modifier le wikicode]

Napoléon III en 1868

En 1868, en Espagne, un coup d'État avait renversé le gouvernement de la reine Isabelle II. En 1870, le trône d'Espagne est offert au prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, un cousin catholique du roi de Prusse Guillaume Ier.

Malgré ses réticences, sous la pression de son premier ministre, le chancelier Bismarck, Guillaume Ier soutient son cousin. Des fuites diplomatiques révèlent l'affaire. Le 2 juillet à Paris c'est l'indignation. La France se voit encerclée par les Prussiens (à l'est par le royaume de Prusse et au sud par l'Espagne qui risque de devenir prussienne). Le gouvernement français, où l'influence de l'impératrice Eugénie est très forte, pousse à une intervention diplomatique, voire militaire.

L' ambassadeur de France en Prusse est chargé d'aller faire savoir au roi Guillaume Ier, l'opposition de la France à la candidature Hohenzollern. Le roi était en cure thermale à Ems près de Coblence. Le roi de Prusse, qui avait reçu également des observations négatives de la part du gouvernement britannique et du tsar de Russie décide de retirer son soutien. Il le fait savoir courtoisement à l'ambassadeur de France. D'ailleurs dès le 12 juillet, le prince Léopold fait savoir qu'il renonce à l'Espagne.

La France obtenait donc satisfaction. Désavoué par son roi, Bismarck pense à démissionner.

La dépêche d'Ems[modifier | modifier le wikicode]

Guillaume Ier vers 1870

Mais, le 12 juillet, le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères français, sans en parler à Émile Ollivier, le président du conseil des ministres, télégraphie à l'ambassadeur de France pour lui demander de rencontrer le roi de Prusse et d' exiger une réponse écrite.

L'ambassadeur rencontre le roi le 13 juillet. Guillaume Ier lui dit que pour lui il n'y a plus d'affaire espagnole et qu'il ne peut s'engager sur l'avenir. L'après-midi, le roi refuse de revoir l'ambassadeur porteur d'une demande de Napoléon III, puisqu'il qu'il n'y avait rien de plus à dire du fait qu'il était officiel que le prince Léopold renonçait. Il le lui fait savoir par l'intermédiaire de son aide de camp.

En même temps le roi fait télégraphier à Bismarck le récit précis des démarches françaises auprès de lui. Il laissait Bismarck libre d'en informer les ambassades allemandes et la presse.

Bismarck condense le récit du roi, présente la demande de la France comme une insolence et présente le refus du roi comme très sec. Pour Bismarck ce texte devait indigner les Allemands et exciter les Français (un chiffon rouge devant le taureau français). C'est ce récit déformé qui est la dépêche d'Ems.

Le 14 juillet, le texte de Bismarck est publié dans la presse allemande. Les réactions sont immédiates : à Berlin les esprits s'échauffent et on veut en découdre avec les Français. À Paris, le gouvernement qui se réunit, sans attendre le rapport oral de l'ambassadeur qui était de retour, choisit la réponse militaire à la gifle prussienne.

Le texte est transmis à tous les gouvernements européens et repris par toute la presse européenne. Sous la pression de l'impératrice, et des nationalistes, le gouvernement français prépare la mobilisation militaire.

Le 15 juillet les députés du Corps législatif votent les crédits de guerre (101 pour 47 contre, dont Thiers). Le 17 juillet Napoléon III décide la guerre. La déclaration de guerre est reçue en Prusse le 19 juillet.

Le 2 septembre Napoléon III avec une grande partie de l'armée française est fait prisonnier à Sedan ; le 3 septembre l'empire est abolit ; le 4 septembre 1870, la république est proclamée. Mais la guerre franco-allemande continue.

Journal-des-chemins-de-fer-image-titre.png Portail du XIXe siècle - Tous les articles concernant les années 1801 jusqu'à 1900.