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Fonctionnement de la démocratie athénienne au Ve siècle av. J.-C.

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Les lieux importants de la vie politique d'Athènes au Ve siècle av.J.C.

Au Ve siècle av. J.-C., la cité d'Athènes va connaître un fonctionnement démocratique. Au début du siècle, les réformes de Clisthène réduisent considérablement l'influence politique des familles nobles les plus riches (l'aristocratie). Vers 465 av. J.-C., les réformes d'Éphialte et de Périclès permettent à l'ensemble des citoyens athéniens de participer à la vie politique de la cité et de pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de l'État. Les assemblées où le peuple siège directement ou par des représentants désignés par le sort discutent et votent les lois. Les dirigeants de l'État sont élus pour une année, renouvelables sans limite, agissent collectivement, sont soumis à un contrôle permanent et doivent rendre des comptes à leur sortie de fonction. Cependant, près de 90 % de la population d'Athènes ne dispose pas des droits du citoyen : ce sont les femmes, les enfants, les étrangers et les esclaves, et seuls ceux qui résident en ville peuvent participer activement à la vie politique.

L'Ecclésia est l'assemblée souveraine des citoyens athéniens[modifier | modifier le wikicode]

Le rôle de l'Ecclésia[modifier | modifier le wikicode]

À Athènes au Ve siècle av. J.-C., les citoyens réunis dans l'Ecclésia disposent du pouvoir souverain. L'Ecclésia vote les lois et élit chaque année les magistrats les plus importants. Tous les mois, l'assemblée contrôle l'action de ces magistrats et peut éventuellement les suspendre de leurs fonctions. Surtout au bout de leur mandat, l'Ecclésia peut contraindre les magistrats à l'exil pendant dix ans par le vote de l'ostracisme (fait par gravure, sur un tesson de poterie, des noms des personnes jugées indésirables. Il faut que 6 000 tessons portent le même nom pour obtenir l'ostracisme).

Tout citoyen qui propose une loi en est responsable pendant un an, de ce fait il pouvait être poursuivi en justice par des personnes qui s'estimaient victimes sans raison de la loi.

Qui participe aux réunions ?[modifier | modifier le wikicode]

La Pnyx, avec dans le fond la tribune pour les orateurs et ses escaliers d'accès.

L'Ecclésia se réunit trois ou quatre fois par mois (il y a dix mois dans l'année grecque) dans la ville d'Athènes. Le jour de réunion est annoncé par des hérauts qui sillonnent la ville et les campagnes. L'ordre du jour, décidé par la Boulé (voir ci-dessous), est présenté à l'avance. Seul les hommes étaient des citoyens, les autres (les femmes, les métèques et les esclaves) n'avaient pas le droit de vote. Sur les 40 000 citoyens, seuls 5 000 ou 6 000 font le déplacement régulièrement. Certains habitent à plusieurs heures de marche : ainsi le citoyen athénien vivant à Marathon est à plus de 40 km de la ville d'Athènes ; il doit voyager de nuit s'il veut être présent dès le lever du jour. D'autres sont trop occupés par leur métier pour se permettre de perdre un jour de travail ; d'autres sont en voyage... Pour encourager les citoyens à participer à se porter candidat aux fonctions de l'État, donc à participer aux réunions des assemblées, on leur verse, s'ils sont désignés, une indemnité de présence : le misthos (en grec ancien : μισθός / misthós)1. Il est également évident qu'un homme politique suffisamment riche pour verser une indemnité de présence à ses partisans peut influencer les discussions et les votes de l'assemblée.

Le coût de fonctionnement de cette démocratie (et les grands travaux d'embellissement de la ville qui procurent du travail à une partie des citoyens et des métèques) est en grande partie assuré par le tribut versé par les cités ayant adhéré à la Ligue de Délos. Celles-ci sont mécontentes de la lourdeur des impôts qui leur sont demandés. Mais elles sont maintenues, bon gré mal gré, dans l'obéissance par la force militaire et la rapidité d'intervention de la marine de guerre athénienne.

Les réunions de l'Ecclésia[modifier | modifier le wikicode]

L'Ecclésia se réunit sur la colline de la Pnyx, proche de l'Acropole. Le lieu de réunion est l'espace de plein air, clos par un mur. Il n'y a pas de siège. L'orateur dispose d'une tribune à laquelle il accède en gravissant quelques marches. Cette tribune a un autel pour les sacrifices en l'honneur de Zeus. Tout citoyen peut demander la parole : évidemment, les bons orateurs sont favorisés (il n'y a pas de sonorisation). Celui qui parle est sacré (on lui pose sur la tête une couronne qui indique alors cette particularité). Le temps de parole est le même pour tous (isegoria) et mesuré par une horloge à eau (la clepsydre).

Après la discussion, le vote a lieu à main levée. La majorité, estimée à vue d'œil, décide.

L'agora d'Athènes où sont regroupés les édifices de la vie politique au Ve siècle av.J.C.

La Boulé est la représentation permanente des citoyens athéniens[modifier | modifier le wikicode]

La population de la cité d'Athènes est répartie entre dix tribus, composées chacune d'un groupe (ou trittye) de la campagne, un de la ville et un de la côte. Cela permet de réduire l'influence des grands familles aristocratiques dont les membres sont mélangés, d'une manière minoritaire, avec les autres citoyens. Ce sont les tribus qui forment la base de l'organisation démocratique. Chaque année, dans chaque tribu, on tire au sort 50 citoyens de plus de trente ans qui forment alors une prytanie. Installée dans un bâtiment spécial édifié sur l'agora d'Athènes (le bouleutérion), chaque prytanie va assurer une permanence pendant un mois, à tour de rôle ; elle expédie les affaires courantes de la cité. Tous les jours, un prytane est élu comme président, c'est-à-dire chef de l'État. C'est la possibilité pour n'importe quel citoyen d'occuper au moins une fois dans sa vie une fonction politique importante. Les prytanes président les réunions de l'Ecclésia.

Au total, 500 citoyens (50 x 10) vont former la Boulé. Celle-ci se réunit dans le Bouleutérion, un bâtiment de l'Agora. La Boulé prépare l'ordre du jour de l'Ecclésia.

L'Héliée est un tribunal populaire[modifier | modifier le wikicode]

Les jetons de vote des juges du tribunal de l'Héliée

Créé pendant le gouvernement de Solon, au début du VIe siècle av. J.-C., l'Héliée est un tribunal où siègent des citoyens de toutes les classes sociales. Les juges ou héliastes sont tirés au sort pour une année. Ils sont 6 000 et répartis en 12 sections de 500 membres. Chaque matin, une section est tirée au sort pour juger une des affaires de la journée.

Les justiciables plaident sans l'assistance d'un avocat ; généralement, ils récitent un argumentaire rédigé par des écrivains professionnels (logographes) auxquels ils ont fourni les éléments nécessaires. Après avoir écouté les parties en présence, les juges, sans délibération commune, votent. Pour cela, ils se servent de jetons ayant des formes différentes: la condamnation est représentée par un jeton muni d'une tige creuse, l'acquittement ou le succès sont indiqués par un jeton muni d'une tige pleine. Le vote est secret : on ne peut deviner l'avis du juge, car celui-ci tient son jeton entre deux doigts de sa main et masque ainsi la forme de la tige. Ce système où peuvent être juges des citoyens incompétents ou prévenus contre un des plaideurs et n'ayant aucun conseil de professionnels de la justice a beaucoup été critiqué pour son manque de rigueur et ses variations en fonctions des circonstances.

Les magistrats[modifier | modifier le wikicode]

Afin d'éviter la tyrannie d'un seul homme disposant d'importants pouvoirs, les magistrats athéniens sont tirés au sort ou élus et restent en fonction uniquement pour une année.

Les archontes occupent les plus anciennes fonctions de magistrats, qui auparavant étaient réservées aux plus riches. Au Ve siècle av. J.-C., ils sont recrutés parmi toutes les classes sociales et conservent des fonctions représentatives, mais prestigieuses. L'archonte-éponyme donne son nom à l'année. L'archonte-roi s'occupe des affaires religieuses. Lorsqu'ils sont sortis de charge, les archontes forment le conseil de l'Aréopage qui ne s'occupe plus que des affaires judiciaires se rapportant à la religion.

Les stratèges apparaissent à la fin du VIe siècle av. J.-C.. Ils sont d'abord des chefs militaires placés à la tête des bataillons d'infanterie (les taxeis). Ils sont alors soumis à l'autorité de l'archonte-polémarque. Ils sont dix (un par tribu). Comme ils doivent disposer de talents militaires, ils sont élus pour un an et rééligibles sans limite. Rapidement ils deviennent les magistrats suprêmes de la cité. Ils ont laissé le commandement effectif des bataillons d'hoplites à des officiers, les taxiarques. Ils ne perçoivent pas d'indemnité pour leur fonction, donc ils ne peuvent se recruter que dans les classes riches de la cité.

Il existe d'autres magistrats : surtout dans le domaine financier (comme les trésoriers d'Athéna) ou dans le domaine du contrôle de l'économie.

À la fin de leur mandat annuel, les stratèges doivent rendre compte de leur gestion sur le plan financier, moral et politique. Ils sont responsables sur leurs biens et leurs personnes. Ils peuvent être ostracisés s'ils n'ont pas donné satisfaction.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. La misthophorie est le principe de cette d'indemnisation.
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