Déclin de la Rome antique

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Le déclin de la Rome antique correspond à la fin de l'Empire romain, avec la scission entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient (395) et l'arrivée massive des peuples germaniques (les Barbares pour les Romains) au début du Ve siècle. Amorcée au IIIe siècle, cette période terminale de l'histoire romaine est appelée le Bas-Empire par les historiens.

Les difficultés sociales[modifier | modifier le wikicode]

En 212, l'empereur Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire. Cela poursuit l'œuvre d'extension de la citoyenneté de Jules César (tous les hommes libres de l'Italie) et de l'empereur Claude (les chefs de la Gaule). Mais cela permet aussi au trésor impérial de percevoir 5 % des successions.

La société romaine se rigidifie. Les couches supérieures de la société, l'ordre sénatorial et l'ordre équestre subsistent mais se divisent en plusieurs catégories. Les membres de l'ordre équestre sont désormais admis au Sénat. Les plus riches des citoyens migrent vers les campagnes, où ils disposent de grands domaines. Ils les agrandissent continuellement en s'emparant par tous les moyens de la propriété de la terre. Ils fuient la fiscalité impériale, qui rend les habitants des villes collectivement responsables des impôts (les riches doivent donc payer pour les pauvres qui ne le peuvent pas). Ils fuient aussi les dangers des invasions fréquentes. Les envahisseurs qui suivent les routes romaines attaquent surtout les villes. Ils négligent en partie les campagnes qu'ils ne peuvent contrôler en raison d'un manque de leurs effectifs militaires. Ces grands domaines seront le point de départ de beaucoup de villages en Europe occidentale. Cependant, en Italie, les campagnes se vident car les habitants affluent à Rome pour y trouver du pain et des jeux. Les terres retournent à la friche ou sont converties en terrain de parcours pour l'élevage des moutons.

Les plus pauvres des citoyens, les hommes libres, deviennent des colons. Ils ne peuvent quitter la terre où ils demeurent et ne peuvent se marier en dehors du domaine où ils sont employés par les grands propriétaires. Afin de permettre le maintien de l'activité de production, au IVe siècle, la loi rend les métiers obligatoirement héréditaires et les réglementent. Il y a donc formation d'un système de castes. L'esclavage, un des piliers de l'économie antique, pose des problèmes. Profitant des troubles politiques et militaires de nombreux esclaves s'enfuient. Sous l'influence du christianisme, de nombreux maîtres par leurs testaments affranchissent leurs esclaves. Enfin l'arrêt de la conquête militaire (à partir de l'empereur Hadrien) freine l'approvisionnement en esclaves. La main-d'œuvre bon marché devient donc difficile à trouver (d'où l'hérédité des métiers).

L'instabilité du pouvoir impérial[modifier | modifier le wikicode]

Après l'assassinat de l'empereur Commode en 196, ce sont les différentes armées qui font et défont les empereurs. La plupart des empereurs désormais ne seront plus d'origine romaine.

Les Tétrarches vers 300

La dynastie des Sévères (Septime Sévère, Caracalla, Élagabal et Sévère Alexandre) de 196 à 235 est d'origine libyenne et syrienne et s'appuie sur l'armée d'Illyrie (Yougoslavie). Une période de cinquante années d'anarchie politique lui succède, il y a plusieurs empereurs en même temps. En 284, le général Dioclétien (d'origine illyrienne) prend le pouvoir. Pour mieux défendre l'empire et régler pacifiquement le problème de la transmission du pouvoir, il imagine le système de la tétrarchie (quatre personnes se partagent le pouvoir). Deux Augustes (Dioclétien en Orient et Maximien en Occident sont secondés par deux Césars qui seront leurs successeurs légitimes et qui eux-mêmes devenant Augustes s'adjoindraient deux nouveaux Césars...).

Mais le système ne fonctionne pas après la démission de Dioclétien en 305. En 312, après avoir éliminé ses concurrents, Constantin Ier reste seul maître du pouvoir. Afin de mieux défendre l'empire menacé surtout sur le Danube et en Asie mineure il déplace la capitale à Byzance qui devient Constantinople. En 337, ses fils se partagent l'empire mais très vite se battent pour en reconstituer à leur profit l'unité. Il en sera de même pour leurs successeurs. En 394, Théodose Ier, empereur d'Orient refait l'unité de l'empire. Cependant, en 395, il partage définitivement le monde romain en deux empires : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient qu'il confie à ses deux fils.

Le triomphe politique du christianisme[modifier | modifier le wikicode]

L'empereur Constantin Ier

Pendant l'Empire romain le christianisme est d'abord persécuté. Aux yeux des autorités impériales et aussi à ceux de nombreux Romains le christianisme nuit à l'empire. N'adorant qu'un seul Dieu, les chrétiens refusent d'honorer Rome et l'Empereur qui sont considérés comme des dieux. Or le culte de Rome et de l'Empereur est le ciment d'unification de tous les habitants de cet immense empire qui regroupe des peuples si différents. Les chrétiens de plus ne fournissent que très peu de soldats or l'empire est menacé sur ses frontières. De plus la doctrine chrétienne considérant tous les hommes comme frères, sape le système de l'esclavage qui permet le fonctionnement de l'économie et de la société romaine. Aussi l'attitude des chrétiens est considérée comme une trahison.

Aux premier et deuxième siècles les persécutions sont localisées et souvent le résultats d'incidents régionaux entre non-chrétiens et chrétiens ; d'ailleurs les adeptes du christianisme sont encore peu nombreux. L'empereur Néron après l'incendie de Rome en 64 persécute les chrétiens. Mais au IVe siècle, quand l'empire est menacé et que le christianisme a pris de l'ampleur, la persécution se généralise et est organisée par le pouvoir impérial (ainsi les persécutions ordonnées par le César Galère en 303 ou par l'empereur Julien vers 360).

Cependant Constantin Ier, par l'édit de Milan de 313, arrête les persécutions et met le christianisme à égalité avec les autres religions orientales de l'empire. Il se fait baptiser avant de mourir. En 380, l'empereur d'Orient Théodose Ier se fait baptiser et en 381 il interdit le paganisme et les hérésies en Orient. En 394 il fait de la religion chrétienne la seule religion autorisée dans tout l'empire. Désormais ce sont les prêtres et les adeptes des autres religions qui sont persécutés. Cependant, dans les campagnes les anciennes croyances se maintiennent (le mot païen qui désigne les non-chrétiens vient du mot latin signifiant paysan). Il faudra un long et patient effort de l'Église chrétienne pour les convertir.

La dislocation territoriale[modifier | modifier le wikicode]

L'Empire romain cesse de s'agrandir après les conquêtes de l'empereur Trajan (début du IIe siècle). L'empereur Hadrien pour protéger l'empire fait construire des fortifications (comme le Mur d'Hadrien en Grande-Bretagne). Cependant, la pression des peuples extérieurs à l'empire se fait de plus en plus forte. L'empereur Marc-Aurèle passe une grande partie de son règne à combattre les Germains sur le Danube et les Parthes en Asie mineure. Au IIIe siècle, les empereurs Sévères combattent victorieusement les Parthes puis les Perses. Mais à partir de 235, les Germains font des incursions dans l'empire, l'Italie est même envahie par les Alamans en 271. La Gaule est quasiment indépendante.
L'éclatement du monde romain vers 500 apr. J.-C.

Difficilement les empereurs réussissent à reprendre le contrôle de l'empire. Au IVe siècle la pression continue surtout en Asie où les Perses s'emparent de la Mésopotamie aux dépens des Romains. Pour cette raison, pour rendre la riposte romaine plus rapide et efficace, Dioclétien a tenté de partager le pouvoir (voir la section ci-dessus). Pour faire face les Romains composent avec l'envahisseur. Les Francs sont installés dans le nord de la Gaule, les Wisigoths sur les frontières du Danube. Ils devront contenir la poussée de leurs « cousins » restés à l'extérieur de l'empire. L'armée romaine doit faire appel à des mercenaires germains. Au Ve siècle, le Vandale Stilicon est le protecteur des fils de Théodose Ier, le Suève Ricimer fait et défait les empereurs.

Mais en décembre 406, une formidable vague germanique franchit le Rhin gelé et pénètre en Gaule. Les Suèves, les Alains, les Vandales, les Burgondes, bousculent les défenseurs romains et s'emparent du pays. En 410 les Wisigoths saccagent Rome. Vers 450 Attila ravage l'Italie, En 455, le Vandale Genséric s'empare Rome. En 476, le chef des Hérules Odoacre détrône Romulus Augustule le dernier empereur romain en Occident. En 492, l'Ostrogoth Théodoric devient le maître de l'Italie. Le monde romain ne survit plus que dans sa moitié orientale (l'Empire romain d'Orient).

Pour compléter sur le déclin de l'Empire romain[modifier | modifier le wikicode]

Pour compléter sur l'histoire de Rome dans l'Antiquité[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 19 janvier 2009.
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