Début de la culture des plantes

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La culture des plantes commence lorsque en travaillant les hommes produisent leur alimentation végétale et abandonnent progressivement la cueillette. La culture nait lorsque les hommes prennent le contrôle de la croissance de certaines espèces végétales. Les traces les plus anciennes de cultures apparaissent au Moyen-Orient avant 9000 avJC. En Asie, en Afrique et en Amérique l'apparition des cultures végétales est plus tardive mais est indépendante de celle du Moyen-Orient. Par contre en Europe l'introduction de l'agriculture , après 6000 avJC, semble due à des migrations de populations provenant du Moyen Orient. La culture des plantes est une des caractéristiques principales de l'époque néolithique.

Les premières plantes cultivées[modifier | modifier le wikicode]

Les premiers foyers de l'agriculture

Les plantes cultivées proviennent de plantes sauvages. Ces dernières sont adaptées aux conditions du sol et du climat des régions où elles poussent.

Le blé, l'orge et les légumineuses sont cultivées au Moyen-Orient dès 9 000 avJC. De là ces plantes passeront en Europe vers 7000 avJC qu'elles mettront près de cinq millénaires à coloniser. Le riz et le millet sont cultivés en Extrême-Orient aux alentours de 6000 avJC. Le maïs et les courges cultivés apparaissent entre 5000 et 4000 au Mexique. Il en est de même pour le maïs, les haricots et la pomme de terre au Pérou. Vers 5000 avJC on cultive le mil, le sorgho et l'igname en Afrique au sud du Sahara.

Ces plantes sont des céréales (blé, orge, riz, maïs, sorgho...) à fort pouvoir calorique ou des légumineuses qui apportent des protéines. À côté de ces plantes cultivées, l'homme continue, comme au paléolithique, la cueillette d'autres plantes comestibles qui lui servent d'alimentation complémentaire.

Différentes possibilités pour la naissance de la culture des plantes[modifier | modifier le wikicode]

Des épis de blé actuels

La culture des plantes a été rendue possible par le changement climatique qui commença dès la fin des grandes glaciations de l'ère quaternaire, environ vers 10 000 av. J.-C. Les températures et la pluviosité augmentent. Les glaciers reculent, abandonnant de nouveaux terrains pour la végétation naturelle. La forêt gagne du terrain vers le Nord et en altitude, tandis que les graminées, les légumineuses et les crucifères prennent plus de place.

Pour passer de la cueillette des plantes sauvages à la culture des plantes, l'homme préhistorique a mis plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires. Les multiples observations, les diverses expérimentations plus ou moins réussies ont été le fait de milliers de paysans. Certains préhistoriens donnent un rôle essentiel aux femmes dans la naissance de l'agriculture.

Au Moyen-Orient, pendant la période mésolithique, les chasseurs-cueilleurs, revenaient annuellement dans les régions où les céréales sauvages poussaient en abondance. Une fois les plantes épuisées, ils se déplaçaient pour revenir l'année suivante.

Diverses possibilités ont été avancées pour expliquer la naissance de la culture des plantes. Certains pensent que les hommes ont pu observer que des graines abandonnées au milieu des détritus de cuisine poussaient mieux (d'où l'idée de semer des plantes dans un sol préparé et enrichi d'engrais naturels). D'autres pensent que l'observation que les plantes peu soumises à la concurrence d'autres plantes fournissaient des cueillettes plus abondantes (d'où l'idée du désherbage et du sarclage). Préparation du sol à ensemencer, enrichissement par des engrais, désherbage et sarclage sont les opérations de base de la culture des plantes.

Des préhistoriens pensent que l'augmentation de la population des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, les a obligé à gagner des terres moins favorables aux plantes sauvages. Pour continuer à profiter de ces plantes ils ont dû les cultiver.

Conséquences de la culture des plantes[modifier | modifier le wikicode]

Une maison néolithique en Écosse

La culture des plantes coexiste avec la cueillette qui se maintient à côté d'elle, ou qui continue de dominer dans d'autres régions.

Dans certaines régions privilégiées comme le Moyen Orient, la cueillette de céréales abondantes permettait à la population de rester une grande partie de l'année sur le même territoire. Ayant consommer toute sa récolte elle se déplaçait mais revenait chaque année à l'endroit de ses meilleures cueillettes. On peut alors considérer qu'elle était sédentarisée. Étant fixée la population augmente naturellement grâce à une plus grande fréquence des naissances. En effet le déplacement continuel des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique les obligeait au portage des nouveaux-nés et des jeunes enfants. Les naissances étaient de ce fait espacées de trois ou quatre ans. Avec la sédentarisation la difficulté n'existe plus, les naissances peuvent être plus rapprochées.

Devenant plus nombreuses et mieux nourrie, la population demande des ressources alimentaires plus abondantes. Il faut donc passer à la culture des plantes. Celle-ci exige un travail qui s'étend sur de nombreux mois: préparation du terrain, semailles, sarclage, protection des jeunes plantes contre les dégâts commis par les animaux sauvages, voire domestiques, récolte. Il faut donc rester à proximité des champs. Les habitations jusqu'alors temporaires deviennent permanentes et constituent les premiers villages où se regroupent quelques dizaines de familles. La sédentarisation est alors achevée.

Mais la culture des plantes fournit une récolte où tout arrive en même temps. Or la consommation est échelonnée sur la plus grande partie de l'année. Il faut donc constituer des stocks qui seront conservés dans des silos. Ne voulant pas s'éloigner de ces richesses accumulées, le paysan accentue sa sédentarisation. Mais ces trésors doivent aussi être protégés de la convoitise des tribus voisines. Passant tout son temps au travail des champs, le paysan n'a plus l'entrainement nécessaire pour être un guerrier efficace. Il doit donc se placer sous la protection de guerriers professionnels qui échangent leur service armé contre leur entretien matériel par les paysans. La société commence alors à se diviser entre le groupe des producteurs et celui des guerriers.

Dans les régions forestières, comme en Europe occidentale, la culture des plantes demande l'ouverture de clairières de cultures par abattage des arbres. La flore va donc être modifiée (les plantes exigeantes en lumière comme les graminées, les crucifères vont alors se développer). La faune également va s'adapter à ce nouvel environnement; le sanglier qui recherche un mélange de couvert forestier mais aussi de clairières va se multiplier. Le paysage naturel va donc se modifier à cause de cette opération qui se poursuivra jusqu'au Moyen Âge.

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