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Corse (langue)

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Corse
Nom d'origine Corsu
Pays France France (Corse)
Italie Italie (Sardaigne)
Nombre de locuteurs Estimé à 100 000 en Corse et 100 000 en Sardaigne, jusqu'à 400 000 locuteurs dans le monde
Classification linguistique
Classification par famille - langues indo-européennes
- langues italiques
- langues romanes
- langues italo-romanes
- italien
- corse
Statut officiel
Exemple
voir modèle • modifier

Le corse (en corse : corsu ou lingua corsa) est la langue romane traditionnellement parlée par les habitants de l'île méditerranéenne de Corse, où il est concurrencé par le français depuis le XIXe siècle. Il appartient à famille de langues ou dialectes italo-romans et est étroitement lié à l'italien toscan.

Le gallurais – bien que parlé de l'autre côté du détroit de Bonifacio, en Sardaigne – est considérée comme une variété méridionale du corse et non comme un dialecte sarde. C'est pour ainsi dire le prolongement du corse sur le nord de l'île voisine.

Statut et classification[modifier | modifier le wikicode]

En France, le corse a le statut de langue régionale et peut – de manière facultative – être enseigné comme matière scolaire sur toute l'île de Corse où il est déjà utilisé en tant que langue administrative. Presque tous les panneaux municipaux ou d'indication y sont bilingues. Toutefois, l'usage du corse à l'écrit est faible et le français, qui demeure l'unique langue officielle, prédomine sur l'île. À l'université de Corte, un enseignement mineur en langue corse est obligatoire dans tous les domaines d'études. Par ailleurs, des spécialisations en langue et culture corse sont disponibles de la licence au master.

Les variétés de corse du nord de la Sardaigne, le sassarais et le gallurais, sont également reconnues par le gouvernement régional et la signalisation est bilingue dans les zones où elles sont parlées.

Langue ou dialecte ?[modifier | modifier le wikicode]

Selon les critères linguistiques, le corse ne doit pas être considéré comme une langue indépendante car il est étroitement apparenté aux autres dialectes italiens centraux et est largement intercompréhensible avec eux (un corse et un italien peuvent se comprendre en parlant chacun sa propre langue, par exemple). Il est ainsi beaucoup plus proche du toscan que le toscan ne l'est des dialectes gallo-italiques ou italiens méridionaux. Néanmoins, le terme de « lingua corsa » (« langue corse ») s'est imposé.

La proximité linguistique avec la Toscane s'explique par la présence séculaire des Pisans et des Génois, qui ont gouverné l'île respectivement jusqu'aux XIIIe siècle et XVIIIe siècle en y diffusant la langue écrite toscane. L'italien toscan a donc servi de langue écrite de référence pour la langue vernaculaire corse, sur laquelle il a exercé une influence durable. Les influences ligures sont perceptibles dans les villes côtières de Calvi, Ajaccio et Bonifacio, où la langue vernaculaire ligure a remplacé le corse au cours des siècles précédents (dans les zones en rouge sur la carte ci-dessous).

Ce n'est qu'après l'annexion de la Corse à la France (1769) que la langue corse a commencé à être écrite, et la séparation politique et culturelle de l'île vis-à-vis de l'Italie a fait ressortir et consolide les particularismes de la langue insulaire en termes de vocabulaire, de prononciation et de grammaire, qui se distinguent de plus en plus de l'italien. Ainsi, cette tendance éloigne le corse de la notion de dialecte tout en le rapprochant de celle de langue puisque l'existence d'une version écrite standardisée est considérée comme une caractéristique essentielle des langues indépendantes (et non des dialectes).

Aperçu des zones linguistiques en Corse. Cette carte divise l'espace linguistique corse entre la langue parlée du nord et celle du sud - entre les deux, un espace de transition (en bleu et vert) ; dialectes ligures en rouge.
Aire de répartition et variétés du corse en Corse et en Sardaigne.

En ce qui concerne la question de son indépendance en tant que langue différenciée de l'italien, le cas du corse peut être comparé dans une certaine mesure au maltais, qui était à l'origine un dialecte de l'arabe. Le maltais s'est développé à l'écrit après avoir perdu contact avec la langue standard : un système d'écriture différent à même été adopté (alphabet latin). Cependant, de nos jours, il n'y a pratiquement aucune intelligibilité mutuelle entre le maltais et les dialectes arabes parlés au Maghreb, contrairement au corse et à l'italien. On peut également comparer le corse au cas du portugais, qui s'est développé à partir du galicien avant de s'en émanciper pour devenir une langue indépendante. En guise de « compromis », le corse dans sa forme actuelle peut être décrit, si non comme une langue indépendante, au moins comme une langue par élaboration (une variante dialectale érigée en langue distincte pour des motifs identitaires, comme le luxembourgeois par exemple). Ce qui complique le cas du corse par rapport aux exemples évoqués plus tôt est qu'il demeure malgré tout assez peu utilisé à l'écrit, que ce soit à l'école, dans l'administration ou la vie quotidienne, et parfois même à l'oral puisque la majorité de la population insulaire ne parle plus le corse.

Les divergences entre les deux cartes adjacentes, sur lesquelles les variantes régionales sont résumées et étiquetées différemment, illustrent diverses tentatives de catégorisation qui ont été faites dans le cadre de débats politico-historiques et linguistiques. La considération différente des phénomènes linguistiques à l'échelle individuelle (quelle isoglosse est importante et fait la distinction entre tel et tel autre dialecte ?) conduisent à des résultats différents.

Variétés et comparaisons linguistiques[modifier | modifier le wikicode]

Panneaux corses.
Panneau de signalisation bilingue du nord de la Sardaigne : italien en haut, gallurais (corse) en bas.

Concernant le fort lien linguistique déjà mentionné unissant le corse au toscan, il convient de noter que celui-ci s'applique avant tout aux dialectes du nord de la Corse (appelés corsu supranu ou cismuntincu) tandis que ceux parlés au sud (corsu suttanu ou pumuntincu) sont plus étroitement apparentés à ceux parlés dans le nord de la Sardaigne, les dialectes gallurais (gadduresu) et sassarais (sassaresu).

La langue corse présente en outre d'importantes similitudes avec le sicilien et le romanesco. Les nombreuses terminaisons en u créent des similitudes sonores avec le portugais. Les sons nasaux renforcent cette impression et rappellent en même temps le français. Dans l'ensemble, c'est tout de même à l'italien standard que la phonologie corse ressemble le plus. Le vocabulaire corse est lui aussi extrêmement proche de l'italien avec des influences et emprunts multiples au français. En voici quelques exemples :

Français Corse Italien Latin
voilà eccu ecco ecce
danger perìculu pericolo periculum
rivière fiume fiume flumen
gare gara stazione statio
voiture vittura macchina carrus
travailler travaglià lavorare laborare
regarder fidïà guardare spectare
fromage casgiu formaggio caseus
plage marina spiaggia litus
arriver ghjunghje arrivare advenire
prendre piglià prendere prendere
garçon zitellu ragazzo puer

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Latinisation et période italienne[modifier | modifier le wikicode]

Étendue de l'aire latinophone (rouge). Les différentes teintes de rouge indiquent la durée locale de la domination romaine en années (en rouge vif, plus de 500 ans ; rouge intermédiaire, entre 400 et 500 ans ; rouge clair, à peu près 350 ans ; rouge pâle, moins de 190 ans). En lettres noires : noms (en anglais, provençal et occitan sont synonymes) des langues vernaculaires contemporaines issues du latin. À droite, les provinces romaines de langue grecque et zones germaniques au nord. Rayures violettes : extension du roumain au XXe siècle.
Classification de l'aire linguistique romane en Europe et en Afrique du Nord selon Walther von Wartburg (1950) : Romanie occidentale en vert foncé (galicien-portugais, espagnol, catalan, occitan, français, gallo-italien, romanche) et Romanie orientale en vert clair (italien, corse, roumain) ; zones où le latin a disparu au Moyen Âge en noir et Romanie méridionale en rayures (sarde). La ligne dite Spezia-Rimini (en rouge) divise l'Italie centrale entre dialectes romans occidentaux et orientaux.

La latinisation, qui s'est faite progressivement, a unifié les îles de Corse et de Sardaigne en une seule zone linguistique sur la base d'un substrat préromain commun (phénicien, étrusque, etc.) rapprochant culturellement les deux îles du centre et du sud de l'Italie. L'unité linguistique corso-sarde est rompue au IXe siècle, lorsque les deux îles subissent des influences extérieures différentes. La Corse passe d'abord sous le contrôle du margrave de Toscane (à partir de 828) avant de passer sous domination pisane en 1077. Suite à la bataille de la Meloria (1284), Pise perd l'île au profit de la république de Gênes. La « toscanisation » linguistique de la Corse se poursuit tout de même pendant la période génoise (1284-1768) puisque Gênes utilise également la langue toscane à l'écrit. À cette époque, le corse est considéré comme un dialecte (dialetto) utilisé exclusivement pour la communication orale quotidienne tandis que c'est l'italien standard qui servait de langue écrite.

Annexion française[modifier | modifier le wikicode]

Après la vente de la Corse à la France par la république de Gênes en 1768, la francisation culturelle et linguistique de l'île commence. D'un point de vue linguistique, l'italien cesse d'être la langue écrite au profit du français.

En 1852, l'italien est interdit dans toute la Corse tandis que le corse forme une langue indépendante (par élaboration) dans la seconde moitié du XIXe siècle en standardisant son orthographe et en soulignant ses différences lexicales et grammaticales avec l'italien. Un sentiment identitaire distinct basé sur l'idiome corse a émergé et s'est exprimé par une plus grande production littéraire en langue corse. Cette phase d'épanouissement linguistique du corse en tant que langue écrite, que l’on peut qualifier d’un point de vue sociolinguistique comme une « phase de pré-expansion », ne s’est pas faite par une action d’aménagement linguistique institutionnellement contrôlée. L'introduction de l'école obligatoire en 1882 - avec le français pour unique langue d'enseignement - aboutit en fin de compte au renforcement du français et à un affaiblissement massif du corse.

Dans les années 1920, la volonté de développer le corse comme langue écrite subit une réinterprétation politique, qui se traduit par la création du Partitu corsu d'azzione, qui prône l'autonomie de la Corse. Cette organisation politique est issue d'un cercle intellectuel autour du journal A Muvra (Le Mouflon), qui avec son « corsisme » formait le pendant idéologique du « cyrnéisme » plus francophile de l'almanach L'Annu Corsu (plus tard L'Année Corse). Le point de vue des irrédentistes (et fascistes) italiens, qui considéraient la Corse comme une région « non rachetée » de l'Italie (Benito Mussolini déclare la Corse comme partie intégrante de l'Italie en 1936), est contredit par les Corses eux-mêmes, qui avaient désormais développé leur propre identité. Cette attitude trouve son expression dans le « Serment de Bastia », par lequel 20 000 Corses jurent lors d'un rassemblement en 1938 que l'île appartenait à la République française.

En 1973, Jean Rocchie fonde les scole aperte, écoles d'été volontaires pour les enfants désireux d'apprendre le corse, supprimé à l'école. La langue corse est devenue un symbole important de l'identité des Corses. Depuis 1974, le corse est reconnu comme langue régionale par la République française grâce à l'amendement de la loi Deixonne (loi sur les langues) et il est désormais enseigné de manière facultative dans les écoles. Le programme régional de radio diffusé en Corse utilise la langue régionale aux côtés du français. Depuis 1989, le corse a le statut de langue administrative au même titre que le français ; cependant, de nombreux Corses aspirent à une plus grande institutionnalisation et donc au bilinguisme officiel sur leur île.

En décembre 2015, le président nouvellement élu de l'assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, attire l'attention du public en prononçant un discours en corse lors de l'ouverture du parlement. Aux élections régionales, les nationalistes modérés luttant pour l'autonomie corse (Femu a Corsica) ainsi que les nationalistes plus radicaux luttant pour l'indépendance totale de l'île (Corsica libera), dont Talamoni est membre, remportent la majorité des 41 sièges du parlement régional avec 16 et 8 sièges respectivement. De nombreux responsables politiques français ont condamné à la fois le contenu du discours et le fait qu'il ait été prononcé en corse.1 Cet emballement médiatique démontre que le statut égal du corse et du français en tant que langues administratives sur l'île, pourtant en place depuis 1989, est bien accepté en Corse mais parfois encore incompris voire méconnu des Français continentaux.

Le 29 septembre 2023, le président Macron prononce à son tour un discours devant le parlement régional de Corse dans lequel il annonce l'octroi d'un nouveau statut d'autonomie pour l'île. Il parle de « l'inscription de l'île et de ses spécificités dans la Constitution » et d'un « article dédié », c'est-à-dire un amendement constitutionnel dédié à cette question. Il rejette néanmoins dans le même discours l'élévation du corse au même statut de langue officielle que le français et affirme qu'il est hors de question pour lui de reconnaître la Corse comme une nation.2

Usage[modifier | modifier le wikicode]

Vandalisme dirigé contre l'État central : l'inscription en français sur les panneaux bilingues a été barbouillée de peinture.

Statistiques[modifier | modifier le wikicode]

L'État français, qui a déclaré le français unique langue de la République, ne collecte pas de statistiques sur la répartition des langues minoritaires parlées sur son territoire. Les informations sur le nombre de locuteurs du corse reposent donc sur des estimations, elles fluctuent fortement et se contredisent parfois. On estime parfois qu'il y a environ 100 000 locuteurs de corse en Corse ; ils sont également 33 000 à résider sur le territoire métropolitain. Si l'on inclut les locuteurs du gallurais (jusqu'à 100 000) et ceux du sassarese (jusqu'à 150 000) en Sardaigne, on dénombre au total 383 000 locuteurs du corse en France et en Italie. Des estimations de plus de 400 000 locuteurs dans le monde seraient donc logiques. D'autres sources évoquent seulement 60 000 locuteurs pour le corse, tandis que d'autres se montrent plus optimistes avec plus de 200 000 rien qu'en France.

Le nombre de locuteurs du corse est parfois considéré comme en déclin (hypothèse dérivée de la prédominance du français dans l'éducation et les affaires), parfois en augmentation ces dernières années (ce qui pourrait être attribué, entre autres, à l'enseignement accru du corse dans les écoles de l'île). En tout cas, le corse est bien moins menacé que les autres langues minoritaires en France car, contrairement à l'alsacien ou à l'occitan, il compte un nombre important de locuteurs parmi les jeunes générations.

Enseignement[modifier | modifier le wikicode]

Les statistiques indiquent qu'environ 98 % des élèves corses du primaire reçoivent au moins une heure et demie de cours de corse par semaine. Dans les écoles secondaires, l'enseignement du corse concerne environ 59 % des élèves au niveau secondaire inférieur (collège) et environ 22 % au niveau secondaire supérieur (lycée). Cependant, elles indiquent également que seulement 2 % des familles transmettent la langue à la génération suivante et que le véritable bilinguisme est rare ; le français domine largement.

Toponymie[modifier | modifier le wikicode]

Le nom officiel de la plupart des villes, villages, montagnes et autres sites géographiques de Corse n'est ni corse ni français mais italien, bien que leur orthographe ne suive pas toujours les règles orthographiques de l'italien moderne. En préservant les noms italiens, l'État français a rempli l'une des conditions pour l'acquisition de la Corse à la république de Gênes en 1768. Souvent, les noms sont prononcés en français (par exemple Ajaccio [aʒakˈsjo] à la place de l'italien [aˈjattʃo] - ayattcho - et Bastia [basˈtja] au lieu de l'italien [basˈtija] - bastiya). Dans certaines villes, il existe également un nom différent en langue corse qui peut être utilisé dans la signalisation publique en complément du nom officiel, par ex. : Portivechju pour Porto-Vecchio, Carghjese pour Cargèse, Bunifaziu pour Bonifacio.

Médias[modifier | modifier le wikicode]

La station publique Radio France diffuse France Bleu à l'échelle nationale, une émission de radio composée du programme principal de la radio parisienne et de programmes vitrines pour lesquels les stations régionales de Radio France se déconnectent du programme parisien pour diffuser leur propre programme, y compris en langue régionale. France Bleu RCFM Fréquence Mora émet depuis la Corse de manière quasi continue de 6 heures du matin jusqu'au soir, partiellement en corse.3 Des radios privées corses dont AltaFrequenza, qui existe depuis 1981, diffusent également en corse.4

À la télévision comme dans la presse, la langue corse joue un rôle nettement subordonné au français.5 Le plus grand quotidien local est le Corse-Matin, de langue française, qui publie également régulièrement des articles en corse. L'hebdomadaire Journal de la Corse contient également des articles en langue corse, tout comme le mensuel Corse.6 Parmi les petits journaux exclusivement de langue corse figurent le trimestriel satirique A Piazzetta ainsi que U Ribombu et U Ribellu, proche du FLNC.

Les auteurs corses écrivent généralement en français. Parmi les écrivains corses les plus célèbres du XXe siècle figurent Angelo Rinaldi (1940-),  Archange Morelli (1949-) et Marie Susini (1916-1993).

Situation vis-à-vis des autres langues régionales de France[modifier | modifier le wikicode]

Bien que de nombreux Corses soutiennent l'institution du bilinguisme officiel, les efforts antérieurs en ce sens ont échoué à cause du gouvernement central français. La préservation et l’usage de la langue dépendent donc fortement de l'engagement régional, local et surtout personnel. L'identité régionale distinctive des Corses, qui distingue la Corse des autres régions linguistiques de France, comme l'Occitanie ou la Catalogne française (Roussillon), peut être bénéfique pour le corse. L'UNESCO classe la langue corse comme potentiellement en danger.

Le corse en Sardaigne[modifier | modifier le wikicode]

Zones linguistiques de Sardaigne, le corse est en vert.
Fréquence d'usage des langues régionales et minoritaires en Italie (ISTAT, 2015) : l'île de Sardaigne, au nord de laquelle sont parlés les dialectes corses, est représentée en gris ; les dialectes locaux y sont utilisés au quotidien par moins de 5 % de la population.

Les dialectes corses parlés dans le nord de la Sardaigne sont considérés comme très menacés : contrairement au sarde, ils ne sont pas officiellement reconnus par l'État italien comme langue régionale et ne sont donc ni protégés ni promus. Aujourd'hui, l'italien domine la vie publique dans toute la Sardaigne. Selon une enquête de 2015, la Sardaigne est l'une des régions d'Italie dans laquelle les langues ou dialectes régionaux sont particulièrement rarement utilisés.

Structure linguistique[modifier | modifier le wikicode]

Morphosyntaxe[modifier | modifier le wikicode]

Comme dans presque toutes les langues romanes, l'article défini est issu des pronoms démonstratifs latins ille, illud et illa.

Article défini
Genre et nombre Masculin Féminin
Singulier u (l' devant une voyelle) a (l' devant une voyelle)
Pluriel i (l' devant une voyelle) e (l' devant une voyelle)

L'article indéfini est un pour le masculin, una pour le féminin ou un' pour les mots féminins commençant par une voyelle.

Les pronoms personnels sont eo, tù, ellu/ella, noi, voi, elli/elle. Comme en italien standard, le placement du pronom n'est pas obligatoire : parlu, « je parle » ; eo parlu « moi je parle », le pronom sert ici à insister sur le fait que c'est moi qui suis en train de parler, pas quelqu'un d'autre.

Comme en italien, les pronoms possessifs sont précédés par un article défini : u mio, « mon » ; u to, « ton », etc.

Les verbes auxiliaires les plus importants sont esse et avè, « être » et « avoir », qui servent notamment à former le parfait. Comme dans le verbe avè, l'infinitif en corse a perdu la terminaison typiquement latine -RE. Cependant, le verbe esse est toujours le même qu'en latin. En plus du parfait, comme dans toutes les langues et dialectes romans, il existe un imparfait ; à l'oral, le futur est remplacé par le présent.

Le corse, comme l'italien standard (toscan) et le roumain (roman oriental), n'a pas de formes plurielles se terminant par -s. Au contraire, les formes plurielles du cas nominatif latin (-i, -ae) ont été conservées. Les mots masculins se terminent généralement par -u et forment leur pluriel en -i : lettu, letti (lit, lits). Les mots féminins forment généralement leur singulier en -a et leur pluriel en -e : scala, scale (escalier, escaliers). Les mots se terminant au singulier par -e peuvent être masculins ou féminins et forment leur pluriel en -i ou (au nord) -e : noce, noci/noce (noix au singulier et au pluriel).

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