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Corrida

« Corrida » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Une figure effectuée par un matador pendant une corrida.

La corrida (course: en espagnol) est un spectacle, consistant en un combat entre un homme et un taureau où le taureau est mis à mort à la fin du combat. Sa forme actuelle remonte au début du XVIIIème siècle et fut codifiée par le torero Francisco Romero. Avec les courses landaises et camarguaises et la course portugaise, la corrida fait partie des spectacles de tauromachie.

C'est une course qui se déroule dans des arènes (plaza de toros) essentiellement en Espagne, au Portugal, dans le sud de la France mais aussi dans certains pays d'Amérique Latine (Mexique, Pérou, Colombie, Venezuela, Équateur et Bolivie).

La corrida est un spectacle critiqué : pour les amateurs de corrida, il s'agit d'un art dans lequel la beauté de l'animal a une place centrale, pour les opposants, il s'agit d'une tradition qui peut faire souffrir un animal.

En France, les corridas ne sont autorisées que dans le sud, de la ville de Bordeaux à celle de Fos-sur-Mer près de Marseille.

La plaza de toros[modifier | modifier le wikicode]

Plaza de toros de Séville. Photographie prise en août vers 14.00

La plaza de toros est le lieu où se donnent les corridas. C'est un amphithéâtre, avec une partie centrale en terre et sable et des gradins autour.

La division entre Sol et sombra. Photographie prise vers 18 heures, en décembre (été dans l'hémisphère sud). Plaza de toros de Santiago de Cali. Colombie.

Le centre (le ruedo ou coso ou redondel) est le lieu de l'affrontement entre l'homme et le taureau. Autour de l'espace central il y a une barrière de planches jointes (talenquera) derrière laquelle les hommes peuvent se protéger d'une attaque pressante du taureau. Un couloir le callejón fait le tour de l'arène entre la talenquera et les gradins. Afin de faciliter le passage rapide au-dessus de cette barrière il y a un marche-pied (estribo). C'est près de cette barrière que généralement le picador à cheval « travaille » le taureau (si le cheval du picador est acculé à la barrière, celle-ci le soutient et il ne risque pas de se coucher sur le flanc et de s'exposer dangereusement aux coups de cornes). La barrière n'est pas continue, elle est percée de chicanes (burladero) qui permettent l'entrée ou la sortie sur l'arène.

Les spectateurs assis dans les gradins (tendidos) se répartissent en trois zones en fonction de l'ensoleillement. En Espagne le soleil donne très fort l'après-midi et rester plusieurs heures en plein soleil est souvent très éprouvant. Ce qui est le plus recherché et donc ce qui coûte le plus cher ce sont les places à l'ombre (sombra), c'est là d'ailleurs que se trouvent les loges des officiels (la presidencia et les palcos). Cette zone occupe la partie ouest de la plaza de toros. De part et d'autres, donc approximativement au nord et au sud, s'étend la zone de sol y sombra qui bénéficie du soleil au début du spectacle mais qui progressivement entre dans l'ombre. Elles sont meilleur marché que la zone sombra. Les sièges les moins chers sont dans la zone sol, c'est-à-dire à l'est, face au soleil de l'après-midi ... chaleur et éblouissement garantis.

Taureaux et toreros[modifier | modifier le wikicode]

Toro de lidia (de combat). Colombie. 2011
Le matador Cayetano Rivera Ordóñez en 2010. L'habit de lumière et la cape.

Les taureaux qui doivent participer à une corrida doivent remplir certaines conditions d'âge (3 à 4 ans au moins) et de poids (500 kg en moyenne). De plus ils ne doivent présenter aucun défaut (il y a une sélection rigoureuse dans les élevages et une dernière inspection a lieu avant la course). Généralement il y a six taureaux par spectacle (2 par toreros).

Le matador est le chef d'une équipe (la cuadrilla) qui va l'aider à affaiblir le taureau avant la mise à mort. Le torero (el diestro ou el espada), le matador de toro, qui va « jouer » le taureau et le tuer doit avoir reçu l'« alternative » (le droit de toréer). Après un long et dangereux apprentissage, cette alternative lui est donnée par un torero expérimenté.

Attention, Le mot « toréador » souvent utilisé en français, est incorrect (on le trouve malgré tout dans le fameux air du toréador de l'opéra Carmen œuvre de Georges Bizet).

Un spectacle très codifié[modifier | modifier le wikicode]

Paseo de cuadrillas. Les hommes à cheval sont les alguazils. Huelva. Andalousie

Les corridas ont lieu dans l'après-midi. Généralement elles commencent à l'heure indiquée sur les affiches (cartels), soit à partir de 16 ou 17 heures (a las cinco de la tarde). On a laissé passer l'heure la plus chaude de l'après-midi où être présent dans l'arène serait un supplice. Le spectacle dure entre deux et trois heures.

La corrida commence par le défilé de tous les participants (hommes, chevaux, mules … mais pas les taureaux). C'est le paseo de cuadrillas. Le cortège est précédé par les algazils (alguacilillos) à cheval qui sont habillés en costume de l'époque du roi Philippe IV ( milieu du XVIIe siècle). Symboliquement ils viennent chercher les clés pour ouvrir l'enclos (le toril) où les taureaux attendent pour entrer en scène.

Une fois le défilé terminé, seuls restent dans l'arène les hommes et les chevaux des picadores. Le même cérémonial va alors se répéter six fois au cours du spectacle. Chaque taureau est « joué » en une vingtaine de minutes. Entre deux taureaux on évacue le cadavre grâce à un équipage de mules, on remet un peu l'arène en état et à l'occasion le torero reçoit sa récompense. Chaque torero affronte deux taureaux (à moins qu'il n'y ait un accident)

La « réception » du taureau

On introduit le premier taureau. Celui-ci, qui jusqu'alors était dans l'obscurité est projeté dans le plein soleil, lui qui était emprisonné dans un espace réduit va avoir toute l'arène pour lui. Généralement le taureau entre en trombe, surpris par son nouvel environnement il s'arrête au bout d'un certain temps, et excité par le torero et ses aides il découvre qu'il n'est pas seul. Le torero va « recevoir » le taureau avec le capote (la grande cape). Il fait des passes spectaculaires (verónicas) qui ont pour but de calmer le taureau et de l'attirer vers l'homme. C'est à ce moment que le torero prend la mesure de son adversaire. Le taureau peut se montrer fougueux (bravo ou brioso) ou bien plus lent (manso ou apático), on peut repérer ses défauts (il a tendance à charger dans telle ou telle direction...)

Commence alors le premier jeu avec le taureau (la suerte de varas). Il s'agit d'affaiblir le taureau. Pour cela on va lui faire perdre du sang. Les picadores à cheval vont lui donner des coups de pique (varas ou puyas). Souvent le public se déchaîne, conspue les picadores si ceux-ci se montrent trop cruels. Le taureau ne se laisse pas faire et souvent s'en prend aux chevaux des picadores, qui quelquefois sont en mauvais posture et acculés contre la talenquera.

Une fois que le taureau semble suffisamment affaibli, le torero va l'affronter. C'est d'abord la suerte de banderillas. Trois paires de banderilles sont plantées sur le dos du taureau qui bien entendu charge son adversaire. Quelquefois les aides (peones) reçoivent l'honneur de planter une paire de banderilles.

Commence alors la partie finale. Le clarinazo des trompettes annonce la mise à mort (la suerte de matar). Avant d'affronter le taureau, le torero dédicace (brindis) la mort du taureau à une personnalité présente dans la loge présidentielle, ou bien au public qui l'ovationne pour le remercier.

Le torero se munit de la petite cape rouge (la muleta) et de l'épée. Il va alors jouer avec le taureau. (c'est la faena). Les figures de passes sont nombreuses et variées. Toutes présentent des risques pour l'homme puisqu'il s'agit de faire en sorte que le taureau charge et passe le plus près du toréro. Le public soutient l'homme si ses actions lui paraissent le mériter, on entend alors les applaudissements, les olés, les musiciens de la fanfare ponctuent avec leurs instruments aussi les belles actions. Mais s'il est déçu par le peu de témérité du torero ou par des actions peu élégantes le public peut aussi protester par des sifflements, des cris...

Une fois qu'il a montré son art tauromachique et son courage, le torero va mettre à mort le taureau. C'est l'estocade (el estoque). Il s'agit d'enfoncer l'épée jusqu'à la garde à un endroit précis du garrot entre les deux omoplates. Le torero a immobilisé le taureau en lui faisant baisser la tête afin que le cou soit bien dégagé. Mais souvent alors qu'il fait le geste fatal (se pencher en avant vers le taureau l'épée à la main) le taureau réagit et peut charger une dernière fois. Un bon torero ne porte qu'une seule estocade, qui foudroie la bête, qui s'affaisse sur ses genoux et bascule. Mais il arrive que le torero rate le coup. Il doit alors donner le coup de grâce avec une autre épée (la espada cruceta) au niveau du cervelet (descabello) ... et ce, sous les hurlements de colère ou les sifflements du public. Si l'animal est à terre mais encore vivant, ce sont les péones qui l'achèvent au couteau (puntilla).

Vient alors la récompense. Si la faena a plu au public le torero reçoit des trophées accordés par le président de la journée : ce peut être les oreilles, la queue ou les deux. Si le public est mécontent c'est la bronca. Le torero doit faire le tour de l'arène sous les applaudissements en montrant ses trophées.

D'autres formes de spectacles de tauromachie[modifier | modifier le wikicode]

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