Les Contes de Canterbury

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Portrait de Geoffrey Chaucer

Les Contes de Canterbury (The Canterbury Tales) sont un recueil de vingt-quatre histoires écrites au XIVe siècle par l'écrivain anglais Geoffrey Chaucer.

Chacun des vingt-quatre contes est dit à tour de rôle par des pèlerins anglais partis de Londres pour la cathédrale de Canterbury.

Ces contes ont été rédigés en moyen anglais : deux sont en vers, le reste en prose.

L'ouvrage eut tant de succès que son auteur fut invité à la cour pour les lire au roi Édouard III d'Angleterre.

Le contexte[modifier | modifier le wikicode]

Le pèlerinage à Canterbury est aussi célèbre que celui de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chrétiens s'y rendaient à pied, pour faire pénitence, sur la tombe de Thomas Beckett (wp), l'archevêque de Cantorbéry assassiné dans sa cathédrale en 1170 sans que son ami le roi Henri II d'Angleterre intervienne pour le protéger.

Les pèlerins se regroupaient pour le départ de Londres dans une auberge de Southwark, sur la rive gauche de la Tamise, près du pont de Londres. Les chemins n'étaient pas sûrs et les pèlerins voyageaient en groupes pour échapper aux voleurs attirés par l'argent qu'ils transportaient pour payer dans les auberges le vivre et le couvert.

Les groupes étaient mixtes et très disparates : ils comportaient des nobles, des marchands, des paysans, des prêtres.

Frise de Ezra Winter (1886–1949), les pèlerins sur leur monture.

Les contes[modifier | modifier le wikicode]

Les 24 pèlerins attablés, 1484.
Chaucer pour les enfants, 1877.

Le prologue présente la saison des départs, au mois d'avril, quand le temps permet des randonnées à pied ou à cheval : l'auteur décrit chacun des personnages avec précision, tant au point de vue physique que moral en une véritable galerie de portraits.


Quand Avril de ses averses douces
a percé la sécheresse de Mars jusqu’à la racine,
et baigné chaque veine de cette liqueur
par la vertu de qui est engendrée la fleur ;
quand Zéphyr aussi de sa douce haleine
a ranimé dans chaque bocage et bruyère
les tendres pousses, et que le jeune soleil
a dans le Bélier parcouru sa demi-course ;
et quand les petits oiseaux font mélodie,
qui dorment toute la nuit l’œil ouvert,
tant Nature les aiguillonne dans leur cœur...

Les Contes reprennent les thèmes et le ton du Décaméron de Boccace.

Ils sont dits tour à tour par des personnages le plus souvent désignés par leur profession :

  • le Chevalier : À batailles mortelles il avait été quinze fois ;
  • le Meunier : Il s’entendait à voler le blé, et à prendre trois fois sa redevance ;
  • le Régisseur : il savait habilement plaire à son maître, lui donner et lui prêter sur le bien du maître, et en obtenir un merci, et de plus un habit et un capuchon ;
  • le Cuisinier : Il savait rôtir, et bouillir, et griller, et frire ;
  • le Juriste : et pourtant il paraissait plus affairé qu’il n’était ;
  • la Bourgeoise de Bath : En bonne camarade elle savait rire et jaser ;
  • le Frère mendiant : Il connaissait bien les tavernes de chaque village;
  • le Huissier d'église : C’était un aimable drille, et de bon cœur ;
  • l'Universitaire d'Oxford : De l’étude avant tout il prenait soin et souci ;
  • le Marchand : Il savait bien faire le change des écus ;
  • l'Écuyer, fils du chevalier : Il allait chantant, ou flûtant, tout le jour ;
  • le Franklin : Vivre dans la joie était sa constante habitude ;
  • le Médecin : il gardait ce qu’il gagnait en temps de peste, pour ce que l’or est en médecine un cordial ;
  • le Vendeur d'indulgences : Sa valise était devant lui dans son giron, bondée d’indulgences venues de Rome toutes chaudes ;
  • le Marin : par mainte tempête sa barbe avait été secouée ;
  • la Prieure : Fort coquet était son manteau, je m’en avisai ;
  • Sire Topaze ;
  • Mellibée ;
  • le Moine : C’était un sire moult gras et en bon point ;
  • l'Aumônier des nonnes ;
  • la Deuxième nonne : ...qui était sa chapelaine ;
  • l'Assistant militaire : bien savait-il dresser ses armes, en bon archer ;
  • l'Économe : sur qui les acheteurs pourraient prendre exemple pour être habiles à acheter des victuailles ;
  • le Curé : C’était un vrai berger, et non un mercenaire.

Leur succès est dû à la diversité des registres. De très nombreuses versions illustrées ont été publiées, qui ont contribué à la popularité de ces contes : par exemple, en 1877, celle de Mary Eliza Haweis (1848-1898)

Du point de vue linguistique, c'est un témoignage précieux sur la langue anglaise de l'époque ; ces contes sont également la première œuvre littéraire en anglais, après des siècles d'utilisation du latin.

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

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