Conséquences des conquêtes sur les Romains

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La ville de Rome est la capitale de l'Empire romain

La conquête de l'Empire va bouleverser la vie des Romains. Certains, les familles sénatoriales, les chevaliers vont être bénéficiaires de l'extension du monde romain qu'ils administrent à leur profit. D'autres, les citoyens modestes vont être ruinés, par le service militaire perpétuel, par la concurrence de la main-d'œuvre servile augmentée par les prisonniers et des produits importés des provinces conquises vers l'Italie. Beaucoup de ces Romains vont se fondre dans la clientèle des plus riches.

Les bénéficiaires de la conquête[modifier | modifier le wikicode]

Les familles sénatoriales[modifier | modifier le wikicode]

Les familles sénatoriales (la noblesse romaine) sont les grandes bénéficiaires de la conquête. Pendant un siècle (moitié du IIIe-moitié du IIe siècle av. J.-C.), dix familles fournissent la moitié des deux cents consuls qui se succèdent par deux chaque année. L'accaparement des hautes magistratures (préteurs et consuls) et la nomination au Sénat permettent de s'enrichir considérablement.

Comme chefs de l'armée, les consuls (et éventuellement les [[préteur (Rome antique)|préteurs) perçoivent une grande part du butin pris à l'ennemi vaincu. Comme proconsuls ou propréteurs (anciens magistrats sortis de charge), ils pillent les provinces dont l'administration leur a été confiée par le Sénat. Ainsi Verrès, propréteur en Sicile de 73 à 71 av. J.-C., extorque dix millions de deniers aux Siciliens. Jules César demande le proconsulat de la Gaule cisalpine et de la Narbonnaise afin de se livrer à la conquête de la « Gaule chevelue » et ainsi avoir les moyens pour financer son action politique à Rome.

Comme sénateurs, ils font main basse sur une grande partie du domaine public géré par le Sénat (terres confisquées aux peuples vaincus en Italie et dans les provinces). Ils louent les terres du domaine public (souvent, d'ailleurs, ils ne versent pas le loyer) et les font cultiver par des esclaves ou des journaliers (ouvriers agricoles payés à la journée et qui sont employés seulement lorsqu'on a besoin d'eux). De plus, ils rachètent à bas prix les terres que les citoyens modestes et les familles de soldats absents pendant de longues années sont contraints de vendre pour survivre (voir section suivante).

Caton l'Ancien, consul, censeur en 184 av. J.-C., possède un grand domaine (60 hectares en oliviers et 25 hectares en vignes ; de plus, il utilise les pâturages sur le domaine public où il fait élever cent moutons). Certains domaines dépassent les mille hectares (la superficie d'une petite ville). Scipion l'Africain, consul et vainqueur d'Hannibal, possède une fortune évaluée à un million de deniers.

Les chevaliers[modifier | modifier le wikicode]

Le groupe des chevaliers est aussi un grand bénéficiaire de la conquête. Les chevaliers sont des citoyens romains dont la fortune très importante les classe pour servir comme cavaliers dans l'armée romaine (c'est pour cette raison qu'on les appelle chevaliers : ils font partie de l'ordre équestre).

Mais depuis la deuxième guerre punique à la fin du IIe siècle av. J.-C., les magistratures sont interdites à ceux qui ont pour métier le maniement de l'argent, ce qui est la spécialité des chevaliers. Ils pratiquent le grand commerce d'import-export avec les provinces ; ils sont banquiers, armateurs. Ils sont aussi usuriers (ils prêtent de l'argent avec un intérêt annuel exorbitant de 50 % !). Ils sont aussi publicains, c'est-à-dire qu'ils rendent un service public. Ils se regroupent dans de grandes sociétés pour réaliser les grands travaux publics décidés par l'État romain (routes, aqueducs...), ils fournissent aussi le matériel militaire, évidemment ils réalisent alors de grands bénéfices (en dépensant moins qu'ils ne reçoivent de l'État). Surtout ils prennent en charge la perception des impôts dus par les provinces. Ils versent à l'État d'un coup le montant de l'impôt et se chargent ensuite de récupérer sur les contribuables (l'État ferme les yeux sur les moyens employés alors pourvu qu'ils ne provoquent pas des troubles).

Les perdants de la conquête[modifier | modifier le wikicode]

Les esclaves sont les plus grands perdants de la conquête. Leur nombre s'accroit considérablement. Le consul Paul-Émile, au milieu du IIe siècle av. J.-C. ramène plus de 150 000 esclaves après sa guerre victorieuse en Macédoine. La conquête par Jules César aurait vidé la Gaule de plus de un million de personnes vendues comme esclaves. Il y avait plusieurs millions d'esclaves en Italie. Leur grand nombre fait baisser leur prix d'achat et ils sont traités comme du bétail. Ils sont employés surtout dans l'agriculture où ils concurrencent durement les ouvriers agricoles journaliers. Les révoltes d'esclaves sont craintes par les Romains. Il y en a eu une en Sicile en 135-133 av. J.-C.. Celle de Spartacus ravage l'Italie entre 73 et 71 av. J.-C..

Les citoyens-soldats-petits paysans sont aussi victimes de la conquête dont ils ont été les artisans. Longtemps éloignés de leurs terres celles-ci retournent à la friche. À leur démobilisation, s'ils veulent reprendre le travail, ils doivent emprunter à des taux d'intérêt usuraires (souvent plus de 50 % annuel). Leurs remboursements sont très difficiles, car ils produisent du blé (plante annuelle qui peut être vendue rapidement). Leur production est fortement concurrencée par le blé importé à moitié prix de Sicile, puis de Tunisie (ex-domaine de Carthage) et d'Égypte à la fin de la République. Accablés par les dettes ils vendent à bas prix leurs terres aux riches familles sénatoriales. Celles-ci les transforment en oliveraies ou vignobles (où il faut attendre plusieurs années avant d'avoir une production à vendre). Ces citoyens modestes souhaitent que le Sénat mette à leur disposition les terres du domaine public. Mais elles sont déjà utilisées par les riches éleveurs qui en tirent de la viande, de la laine et des peaux (voir la section précédente). Les paysans expropriés tentent de survivre comme journaliers agricoles, mais la concurrence des esclaves est vive. Leur ultime ressource est de gagner la ville où ils vont grossir les rangs de la clientèle des riches.

C'est donc la base sociale de la République qui est détruite par la conquête.

Pour compléter sur la formation de l'Empire romain[modifier | modifier le wikicode]

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