Comices curiates

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Les comices curiates sont une des assemblées dans lesquelles les Romains prenaient des décisions. Ils y élisaient le roi, certainement par acclamation et décidaient de la guerre, mais aussi des adoptions. C'est la plus vieille assemblée de Rome puisqu'elle semble exister depuis les début de l'histoire romaine. La participation aux comices curiates se fait par droit de naissance dans une famille patricienne (la « gens »). Les participants étaient divisés en trois tribus, elles-même divisées en dix curies chacune. Il semble que seuls les patriciens prenaient part aux décisions. Leurs clients assistaient peut-être aux réunions mais sans voter. La plèbe était tenue à l'écart.

Sous la République, les comices curiates perdent la plus grande partie de leurs pouvoirs qui passent soit au comices centuriates (basés sur la fortune) soit au comices tributes (basés sur le domicile).

Cependant un magistrat élu par les comices centuriates devait obligatoirement recevoir le pouvoir d'imperium d'un vote des comices curiates.

Les Comices curiates se transformaient en comices calates quand ils discutaient de questions religieuses.

Origine des comices curiates[modifier | modifier le wikicode]

Sous la royauté, les comices curiates étaient constitués des principaux chefs de famille (gentes). Les comices étaient en fait les conseillers du roi.

La gens n'était pas une unité militaire très pratique pour former l'armée romaine. Souvent les membres de la « gens » et leurs clients combattaient assez indépendamment des autres « gens ». Pour renforcer la cohésion de l'armée, avant le VIe siècle av. J.-C., les gentes sont regroupées dans trois tribus. Selon la tradition légendaire, Romulus aurait créé les trois tribus, les Ramnes, les Tities et les Luceres. Ce premier rassemblement de tribus a été certainement à l'origine de la cité de Rome.

Chaque tribu était divisée en dix curies. Le mot curie a pour sens « ceux qui combattent ensemble ». Chaque curie avait à sa tête un « curio » qui présidait ses réunions et faisait office de prêtre, car les réunions se passaient sous la protection des dieux qui sont consultés grâce aux auspices. Les trente « curiones » formaient un état-major dirigé par le « curio maximus ». C'étaient les curies qui fournissaient les soldats nécessaires pour la campagne militaire annuelle. Ce sont les curies qui servent aussi de cadre pour le vote (en particulier de la guerre).

Le fonctionnement des comices curiates[modifier | modifier le wikicode]

Les historiens sont divisés sur la manière dont étaient composés les comices curiates. Étaient-ils réservés aux seuls patriciens ou ouverts à tout citoyen romain ? Les comices curiates étant fondés sur le droit de naissance, il semble plus probable que seuls les patriciens prenaient part aux réunions, avec la présence de leurs clients (mais le vote de ceux-ci est incertain). La plèbe est écartée de ces comices .

Les chefs des gentes (l'ainé de la famille ainée), appelés les « patres », avaient bien sûr un rôle de premier plan pour orienter le vote de la curie dont ils dépendaient. Ils formaient par ailleurs le sénat romain (appelé aussi la curie).

Les comices curiates siégeaient au Comitium (une partie du Forum). Les comices curiates étaient réunis par le roi, le seul magistrat de Rome à l'époque, quand celui-ci le jugeait nécessaire. En cas de vacance de roi, la fonction était remplacée par l'interroi. Les comices ne votaient pas mais approuvaient par acclamations ce qui leur était proposé.

Au début de la république, le président est toujours un haut magistrat d'origine patricienne : un consul romain, un préteur ou le dictateur.

On discute et vote d'abord dans chaque curie. La majorité des voix dans une curie détermine le vote de toute la curie. Chaque curie dispose d'une voix. Comme il y a trente curies, il est impossible d'obtenir un majorité simple, qui doit toujours être 16. On ne sait pas ce qui se passe quand il y a égalité des voix.

On ne sait pas dans quel ordre les curies votent. Il semble que la première à voter est déterminée par le sort (c'est-à-dire le choix des dieux).

Les fonctions des comices curiates[modifier | modifier le wikicode]

Les fonctions électives[modifier | modifier le wikicode]

Ce sont les comices curiates qui, sur proposition d'un candidat par le Sénat, élisaient le roi, car à cette époque la royauté étant élective.

Une fois l'élection faite, le sénat ratifiait la décision, puis par « inauguratio » on demandait l'avis des dieux. Ensuite le roi recevait le droit d'imperium grâce à une nouvelle décision des comices (la « lex curiata de imperio »)

Les fonctions législatives[modifier | modifier le wikicode]

Les comices curiates acceptent ou rejettent les propositions faites par le roi. Ils votent les opérations militaires. Ils décident des moyens financiers pour les cultes publics.

Les fonctions militaires[modifier | modifier le wikicode]

Sur proposition du roi et du sénat, les comices curiates votent la déclaration de guerre. Mais il semble qu'ils ne votent pas les traités de paix, dont la négociation et la décision appartiennent au roi (ou plus tard au consul) et au sénat.

Les fonctions judiciaires[modifier | modifier le wikicode]

Pendant la période royale, le droit de condamner à mort appartenant aux patriciens. Aussi les patriciens condamnés par le roi pouvaient faire appel de cette condamnation en demandant l'intervention du peuple réuni dans les comices curiates (c'est-à-dire de ceux qui avaient la même origine sociale qu'eux).

Ce droit d'appel sera étendu aussi aux plébéiens dès la fin du VIe siècle av. J.-C..

Le contrôle interne des curies[modifier | modifier le wikicode]

Les curies ont un contrôle sur leur propre administration interne. Chaque curie admet en son sein un étranger (la cooptation), peut admettre également un plébéien sans demander le consentement des autres curies. Cependant les adoptions, afin qu'une gens ne disparaissent faute de garçon, doit être soumis à l'ensemble des curies rassemblées sous la présidence des pontifes (les chefs des principaux cultes romains)..

La perte de pouvoir des comices curiates[modifier | modifier le wikicode]

À l'origine les comices curiates avaient une fonction militaire. Puis avec la création du système censitaire des classes centuries par le roi Servius Tullius, ce sont elles qui servent désormais de cadre au recrutement de l'armée romaine. Donc ce sont les comices centuriates, réunissant les centuries, qui récupèrent les pouvoirs de nommer les hauts-magistrats qui ont hérité des fonctions du roi lorsque la royauté a été supprimée à la fin du VIe siècle av. J.-C..

Cependant les comices curiates sont maintenus. Mais les curies sont représentées par trente licteurs (qui dans le système politique romain, représentent le pouvoir de commandement civil et militaire absolu). Les comices curiates accordent alors le pouvoir d'« imperium » aux magistrats supérieurs qui y ont droit (dictateur, consuls et préteurs). D'ailleurs il semble que la plupart des Romains ne savaient plus, à cette époque, à quelle curie ils appartenaient.

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