Colonisation pendant la Troisième République

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La future mission civilisatrice de la France au Maroc après l'élimination de l'Allemagne. Première page du journal le Petit journal de 1911. Cette image montre l'idée que les républicains français se faisaient des effets bénéfiques de la colonisation. Notons cependant la présence à l'arrière plan, de soldats indigènes (tirailleurs sénégalais et méharistes sahariens) qui feront l'essentiel de la conquête coloniale obéissant à un officier français (en blanc)

À partir des années 1880, la France, désormais dirigée par les républicains, se lance dans la colonisation. Ses efforts se portent vers l'Indochine, l'Afrique occidentale, l'Afrique équatoriale, Madagascar et le Maghreb (Afrique du Nord). Les moyens mis en œuvre pour s'emparer de ces régions sont divers: la conquête militaire car les indigènes résistent dans de nombreuses régions ; mais aussi les traités passés plus pacifiquement avec des chefs ou souverains locaux. La France administre directement ses colonies, ou bien tout en laissant en place le gouvernement local le surveille étroitement (système du protectorat).

Une opinion publique française divisée sur la colonisation[modifier | modifier le wikicode]

L'expansion coloniale française qui avait été importante entre 1830 et 1860, ralentit fortement entre 1860 et 1880. Napoléon III qui avait poussé à la colonisation au début de son règne, est accaparé par les affaires européennes (unification de l'Italie et Unification de l'Allemagne, ainsi que par l'expédition du Mexique). À ses débuts la Troisième République est peu favorable à la colonisation. Les Français sont alors traumatisés par la défaite de 1871 face à l'Allemagne. Les royalistes qui dirigent le pays jusqu'en 1877 sont hostiles à la colonisations comme d'ailleurs une partie des républicains regroupés autour de Georges Clemenceau ou des socialistes. Une grande partie des Français ne veulent pas que les jeunes gens accomplissant leurs obligations militaires aillent se faire tuer loin du sol national. En 1900, la création d'une armée coloniale de métier, formée de soldats indigènes encadrés par des officiers français, élimina cette opposition.

L'arrivée au pouvoir des républicains en 1879 va modifier la politique coloniale de la France en particulier sous la direction de Léon Gambetta puis de Jules Ferry. En 1883, Jules Ferry est ministre des affaires étrangères et il justifie les conquêtes coloniales en Afrique et en Asie (au Tonkin). Il considère que les pays riches ont pour mission de civiliser les « races inférieures ». C’est aussi un moyen de s’enrichir économiquement. Dans ces années là, l'Europe connait un grave crise économique. Les industriels français souhaitent se constituer des "chasses gardées" où ils pourront écouler facilement leurs produits et s'approvisionner en matières premières bon marché, sans être concurrencés par les pays étrangers.

En revanche, Georges Clemenceau, un député de la Troisième République, n’est pas de cet avis. Il s’oppose aux idées de Jules Ferry sur la colonisation en dénonçant les arguments racistes des « races inférieures et supérieures » développés par Jules Ferry lors de son discours le 30 juillet 1885 au Parlement. Dans ce même discours fondateur, Jules Ferry justifie l'expansion coloniale, par la nécessité d'avoir des escales disséminées sur toutes les mers du globe, affin que les navires de guerre, dotés de machines à vapeur comme moteur, qui surveillaient les grandes routes commerciales puissent "faire du charbon" , c'est à dire se ravitailler en combustible pour alimenter leurs machines à vapeur, sans dépendre d'une puissance étrangères (rappelons que jusque à la fin du XIXe siècle, Français et Britanniques se considéraient comme des adversaires et des concurrents et non comme des alliés).

La colonisation française en Asie du Sud-est[modifier | modifier le wikicode]

En Asie du sud-est, la Cochinchine avait été conquise entre 1863 et 1867, afin de protéger les missionaires catholiques persécuté par l'empereur d'Annam, mais aussi pour établir des voies de pénétration vers le sud intérieur de l'empire chinois, qui essaie de se fermer aux influences étrangères. Le Cambodge est contraint de subir le protectorat français en 1863. En Indochine, l'Annam et le Tonkin deviennent des protectorats à la suite de la victoire française d'abord contre l'empereur d'Annam (1883) puis à l'issue d'une guerre franco-chinoise (1885). Les hauts-plateaux et montagnes du Laos sont conquis par le moyen de traités passés avec les chefs indigènes.

La colonisation française en Afrique et à Madagascar[modifier | modifier le wikicode]

En 1881, la France impose son protectorat à la Tunisie. Le Sahara au sud de l'Algérie est occupé progressivement entre 1882 et 1900. Au Maroc,l'accord difficile à obtenir avec L'Allemagne permet d'imposer le protectorat en 1912, il faut cependant combattre la résistance des Marocains. En Afrique occidentale, à partir de la vallée inférieure du Sénégal, passé sous contrôle français dès le Second Empire, des misions militaires , imposent la tutelle français aux chefs locaux entre 1880 et 1893. Le cours supérieur du Niger est atteint, et la ville sainte de [[Tombouctou]),porte du commerce trans-saharien est prise en 1893. La domination française dans la boucle du Niger devient effective en 1898 après la destruction de l'empire crée par le chef Samory. À partir ds régions côtières de la Côte-d'Ivoire et de la Guinée les Français progressent vers le nord et l'est en direction du Niger. Par contre au Dahomey ils rencontrent une vive résistance de la par du roi Behanzin qui n'est capturé qu'en 1892.

En Afrique équatoriale, le Congo et le Gabon entrent dans la zone d'influence de la France entre 1875 et 1880, grâce à l'action d'abord privée puis officielle de l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza qui passe des traités avec des chefs locaux. La région du lac Tchad, alors sous le contrôle de Rabah un redoutable marchand d'esclaves est conquise définitivement en 1900 par la jonction de trois colonnes militaires partie de l'Algérie, du Mali et du Moyen-Congo.

Madagascar, les Français sont présents dès le XVIIe siècle doivent lutter contre la concurrence britannique pour gagner l'alliance des souverains hovas qui dominent les hauts-plateaux de l'île. Après une première intervention militaire un premier traité assez vague est signé en 1884. Mais il doit être renforcé en 1895 à la suite d'une nouvelle intervention militaire.Dès 1896, la France annexe l'île, que le général Galliéni est chargé de "pacifier"" (c'est-à-dire de faire régner l'ordre français).

Organisation de l'empire colonial français[modifier | modifier le wikicode]

L'empire colonial français en 1920. La Syrie-Liban (ex-territoires de l'empire turc), le Cameroun et le Togo (ex colonies allemandes) ont été rattachés après la Première Guerre mondiale

L'organisation de l'empire colonial, créé à partir de conditions diverses, a varié selon les régions et selon les époques. Ainsi, Le Cambodge, l'Annam, la Tunisie et le Maroc deviennent des protectorats. Ces pays gardent leurs gouvernements "indigènes" mais la France assure une fonction de contrôle sur l'action de ces gouvernements. Par contre, l'Afrique occidentale et équatoriale, tout comme la Cochinchine deviennent des colonies administrées directement par un représentants de la France.

L'administration de l'empire colonial est organisée progressivement à partir de 1885. En 1887, le gouvernement est complété par un secrétariat d'État aux colonies qui dépendait du ministère de la Marine. En 1890, les sénateurs et députés élus dans les colonies ainsi que les délégués des colonies sans député forment le Conseil supérieur des Colonies. Ce n'est qu'en 1894, que les colonies disposent d'un ministère des Colonie. Cependant les protectorats relevaient du ministère des Affaires étrangères (puisqu'il s'agissait de conseiller-surveiller des gouvernements étrangers) et l'Algérie dépendait du ministère de l'Intérieur.

Le cas particulier de l'Algérie[modifier | modifier le wikicode]

L'Algérie, où s'est installé une importante communauté d'origine européenne, connait une succession de régimes coloniaux. Il y eut des tentatives d'"assimilation" (1852-1860) puis (1870-1896), pendant lesquelles on essaie de "franciser" le pays en encourageant l'immigration européenne et en créant un cadre administratif (comme les préfets) rattaché aux différents ministères métropolitains (1881). Une autre politique est tentée, comme "l'association" avec l'idée de création d'un royaume arabe, sur une idée de Napoléon III (1863), ce qui supposait l'arrêt de l'immigration européenne, cette idée disparait avec la chute du Second Empire en 1870. Dès 1896, l'Algérie connait le régime d'une certaine autonomie administrative et financière. Mais les indigènes musulmans sont tenus à l'écart des affaires qui restent entre les mains des colons d'origine européenne.


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