Cloche sacrée du roi Seongdeok

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La cloche sacrée du roi Seongdeok.

La cloche sacrée du roi Seongdeok (en coréen : 성덕대왕신종, Seongdeok-Daewang-Shin-Jong) ou cloche Émilé (en coréen : 에밀레종, Emilé-Jong) est une cloche de 18,9 tonnes située en Corée du Sud à Gyeongju et constituée en bronze massif. Elle date du VIIIe siècle et a été construite pendant l'époque du royaume de Silla unifié. La cloche est gardée au Musée de Gyeongju où les touristes peuvent la voir. Elle est inscrite comme trésor national n°29 en Corée du Sud. La qualité sonore de la cloche ainsi que ses arts décoratifs contribuent à sa renommée internationale.

La cloche est la plus prestigieuse et célèbre de Corée. Le docteur Otto Kümmel, directeur des arts d'Extrême-Orient au Musée national d'Allemagne, a déclaré qu'en Allemagne, « une telle cloche aurait eu un musée entier pour elle seule »1.

Caractéristiques[modifier | modifier le wikicode]

La cloche se frappe de l'extérieur sur l'un des flancs.

Dimensions et contraintes[modifier | modifier le wikicode]

Une barre cylindrique de 8,5 cm s'enfonce dans le dragon pour soutenir la cloche.

La cloche Émilé est la plus grande cloche qui continue d'exister de nos jours en Corée1. Elle fait une hauteur de 3,75 m et pèse 18,9 tonnes1. Elle est suspendue à une barre de fer horizontale d'un diamètre de 8,5 cm2. Cette barre est insérée dans un anneau ayant la forme d'un dragon2. Lorsque la cloche est déplacée de son site d'origine pour être installée au musée de Gyeongju, cette barre devait être remplacée par un nouvelle2 ; cependant, la barre de fer devait mesurer au moins 15 cm de diamètre pour soutenir le poids de la cloche selon l'ingénierie moderne ce qui était trop pour la taille de l'anneau dont la taille faisait 9 cm de diamètre2 ; il a donc été décidé de conserver l'ancienne barre2. Des expertises ont montré que c'est le martellement de nombreuses fines couches d'alliages en une unique masse cylindrique qui a permis la fabrication d'une barre suffisamment solide pour soutenir les 18,9 tonnes de la cloche2.

Son[modifier | modifier le wikicode]

icône vidéo Vidéos externes
Son de la cloche sacrée du roi Seongdeok
에밀레종소리 Emille bell sound of Korea sur le compte YouTube de 유정신보
The Bell of King Seongdeok - A Korean National Treasure sur le compte YouTube de transformingArt

La cloche sacrée du roi Seongdeok est particulièrement réputée pour le son exceptionnel qu'elle produit lorsqu'elle est frappée3. En effet, la cloche émet un son puissant, résonnant et persistant3. C'est l'asymétrie de la cloche qui explique la résonance et le timbre profond. Au contraire des cloches européennes, japonaises et chinoises, les cloches coréennes ont une épaisseur inconstante, structure unique dans le monde3. Le son est une onde. Ainsi, même si la cloche est frappée une seule fois, la forme différente entre l'intérieur et l'extérieur de la cloche entraîne la création d'ondes différentes4. L'addition de ces ondes provoque un « phénomène de battement » qui se manifeste par la prolongation de la vibration pendant un long moment3. Le son donne ainsi l'impression de « rebondir alors même qu'il semblait mourir »3. Le son est purifié par la présence d'un tuyau à son de 96 cm de longueur qui sert de filtre acoustique ; il permet d'absorber les ondes sonores de l'intérieur de la cloche de sorte qu'elles s'échappent en évitant d'interférer entre elles3. Contrairement aux cloches européennes situées à haute altitude, les cloches coréennes comme la cloche du roi Seongdeok sont maintenues à courte distance du sol4. Une fosse est creusée dans le sol afin d'amplifier le son ce qui permet à la cloche de se faire entendre à une distance de plus de 60 km4.

Art[modifier | modifier le wikicode]

La cloche est réputée également pour son art sur les flancs. La cloche comporte ainsi une frise détaillée qui fait le tour sur la partie basse et quatre ensembles de neuf fleurs sur la partie haute. Cependant, le motif le plus prestigieux de la cloche est les dessins d'anges offrant à Bouddha un encensoir chacun dans leurs mains5.

L'endroit où l'on frappe la cloche a une forme de lotus.

L'anneau dans lequel la barre qui suspend la cloche est enfoncée représente un dragon2.

Une inscription de 1 037 caractères chinois est présente sur l'un des flancs de la cloche. Elle raconte des histoires à propos de la cloche et de Bouddha. L'inscription commence ainsi :

« La vérite profonde inclut d'invisibles phénomènes. Ainsi, même si on regarde, on ne peut pas voir. Même si le tonnerre remplit l'espace entre ciel et terre, on ne peut savoir d'où il vient. Pour cette raison, le Bouddha enseigna la vérité en paraboles, selon les temps et les auditeurs. De même, la Cloche Sacrée fut faite afin que les êtres doués de sensations puissent entendre le son parfait de la vérité. »

— Inscription de la cloche sacrée du roi Seongdeok

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

La cloche lors de son déplacement en 1915 vers le Musée de Gyeongju.

L'idée de fabriquer une cloche divine est émise par le roi Gyeongdeok, 35e roi de la dynastie Silla, à la mémoire de son père, le roi Seongdeok1. 27 tonnes de bronze sont utilisées pour la construction1. Le roi meurt avant que la cloche ne soit terminée, mais son fils, le roi Hyegong, achève la construction de la cloche en 7711. Les méthodes utilisées par ceux qui l'ont conçue à l'époque de Silla, il y a environ 1 200 ans, ne sont pas entièrement connues de nos jours1. Les experts s'accordent à dire qu'une telle cloche serait difficile à réaliser de nos jours en tenant compte des limites technologies de l'époque2.

Selon une ancienne légende, la première version de la cloche n'aurait produit aucun son. La cloche aurait été refaite plusieurs fois sans succès. Le rêve d'un moine aurait annoncé que la cloche sonnerait si un enfant était jeté dans le bronze en fusion. Un enfant aurait ainsi été sacrifié, puis le son de la cloche aurait été le plus beau son jamais obtenu. C'est d'après cette légende que la cloche a pris son nom de cloche Émilé, le son « em-ee-lé » étant proche d'un mot traditionnel signifiant « maman »6, ce son ayant été la plainte émise par l'enfant pour appeler sa mère. La réalité historique de la légende n'est pas vérifiée et comporte des invraisemblances. Plusieurs ouvrages véhiculent l'idée que la légende est une invention moderne qui date des années 1920 et qu'elle a été confondue avec celle d'autres cloches.

En 1915, la cloche est installée dans un musée à Gyeongju. En 1975, elle déplacée au Musée national de Gyeongju.

Galerie[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • (fr) Livre imprimé [livre] Diamond Sutra Recitation Group, Les cinquante merveilles de la Corée : Volume 1. Culture et art, 2009

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

Articles connexes[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 4 mai 2020.
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