Clément Marot

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Statue de Clément Marot, installée sur une fontaine de Cahors

Clément Marot est né à Cahors en 1496 et est mort à Turin en 1544. C'est un poète français qui assure la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance.

Une vie mouvementée[modifier | modifier le wikicode]

Son père était un marchand d'origine normande qui en 1505 devient le poète attitré de la reine Anne de Bretagne, épouse du roi Louis XII. Marot fait ses études à la Sorbonne et écrit des vers dès 1515. Remarqué par le roi François Ier Clément Marot devient le « valet de chambre » de la sœur du roi Marguerite d'Angoulême, future reine de Navarre qui est favorable à la Réforme protestante. Il devient valet de chambre du roi en 1526 et l'accompagne sur divers champs de bataille, il est blessé au bras et fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1525.

Marot était un libre-penseur (on disait alors un libertin) et avait de nombreuses aventures galantes. Malgré la protection royale il se fit de nombreux ennemis à la Cour. Dénoncé pour avoir mangé du lard pendant le Carême il est emprisonné en 1526 à Paris puis à Chartres. En 1527, pour avoir tenté de délivrer un homme emmené en prison il doit passer un quinzaine de jours à la prison de la Conciergerie au palais de la Cité, à Paris. Son poème L'Enfer témoigne férocement de ses ennuis judiciaires (pour éviter les ennuis le poème ne sera publié qu'en 1539).

Revenu en faveur auprès du roi, il doit cependant s'exiler au moment de l'Affaire des placards (1534) qui oppose violemment les catholiques aux protestants. Il se réfugie d'abord en Béarn (terre protestante de la reine Marguerite) puis en Italie, comme secrétaire auprès de Renée de France, fille du roi Louis XII, belle-sœur du roi François Ier et duchesse de Ferrare elle-même favorable au protestantisme.

Nostalgique de la vie de Cour en France, Marot obtient son droit de retour et à Lyon abjure solennellement ses idées protestantes. Mais en 1541, il publie son adaptation en vers français des trente psaumes de David, traduits de l'hébreu par son ami Vatale. Bien que les psaumes soient très appréciés du Roi et de la Cour, la Sorbonne (alors faculté de théologie) suspecte Marot d'hérésie mais laisse publier l'ouvrage (la traduction en langue nationale des écrits bibliques était considérée par l'Église catholique comme une pratique du protestantisme).

En 1543, devant les menaces du parlement de Paris heurté par la réédition du poème l'Enfer et la reprise des poursuites contre les protestants (appelé alors les luthéristes), Marot s'exile de nouveau d'abord à Genève où il rencontre Jean Calvin. Sa conduite fait scandale à Genève (devenu une ville très rigide depuis l'arrivée de Calvin) le contraint à partir en Savoie et en Piémont où il espère retrouver les troupes françaises qui viennent de remporter la victoire de Cérisoles, il y meurt dans la pauvreté.

Le poète[modifier | modifier le wikicode]

Clément Marot a commencé à écrire de la poésie à l'imitation de son père et de ses amis les rhétoriqueurs qui mettent à l'honneur une poésie savante plus sensible à la forme que de la sincérité de l'inspiration. Ils apprécient les trouvailles de la versification, les rimes-calembours, les fins de vers en écho... Puis Marot évolue, c'est un poète de Cour qui a composé des dizains et des œuvres suivant l'actualité (sur la libération des fils du roi retenus en otage à Madrid, sur la mort de la mère du roi Louise de Savoie...) qui ont été regroupées dans le recueil Adolescence clémentine paru en 1533, suivis en 1534 de Suite de l'Adolescence... Ses Épitres racontent les épreuves qui le frappent. Il utilise le décasyllabe. Clément Marot est l'inventeur de la règle grammaticale de l'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire avoir. En 1533, il publie la première édition critique des œuvres de François Villon.

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