Chute de Robespierre

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La nuit du 9 au 10 thermidor an II, gravure de Jean-Joseph-François Tassaert.

La chute de Maximilien de Robespierre est consécutive à une série d'événements datant 8 (26 juillet 1794) au 10 thermidor an II, qui ont abouti au renversement de Robespierre et des robespierristes et qui marque la fin du régime de la Terreur.

8 thermidor à la Convention[modifier | modifier le wikicode]

Discours de Robespierre du 26 juillet 1794, Archives nationales.

À la Convention, Robespierre monte à la tribune et lit son discours. Il commence par se justifier de la façon dont est appliquée la loi du 22 prairial et accepte d'être tenu responsable de la Terreur mais en accuse d'autres en plus et refuse d'être vu comme un tyran.

Robespierre retrace alors les différentes phases de l’attaque menée contre lui et désigne l’un après l’autre ses ennemis sans les nommer (à part Pierre Joseph Cambon) mais par des allusions transparentes : les anciens représentants en mission qu’il a fait rappeler, les membres du comité de Sûreté générale qui déshonorent le gouvernement et sabotent son action par la façon dont ils appliquent la loi du 22 prairial ; certains membres du comité de Salut public le traitent de dictateur, un autre, Barère, néglige la diplomatie et emploie des agents d’un civisme douteux, le dernier Carnot prive Paris de ses canonniers, s’entoure d’aristocrates qu’il protège, persécute les généraux patriotes. Robespierre conclut son discours en disant qu'il est « fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n'est point arrivé où les hommes de biens peuvent servir impunément la patrie ; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits tant que la horde des fripons dominera »1. Panis reproche à Robespierre de renvoyer n'importe quel jacobin.

Au club des Jacobins, le soir du 8 thermidor[modifier | modifier le wikicode]

Les Jacobins soutiennent Robespierre. Couthon propose que le club chasse de son sein tous les membres des comités qui ont voté à la Convention contre le discours de Robespierre et il en donne la liste, les Jacobins vont voter "oui". Sur cette liste, il y a plusieurs députés montagnards amis de Danton dont certains sont présents à la séance. Billaud dit « Je ne reconnais plus les Jacobins ». Ils sont chassés de la salle sous les huées et les cris « À la guillotine ! »2. Le président du Tribunal révolutionnaire Dumas leur crie: « Je vous attends demain au tribunal . »

« Frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Mes ennemis, ou plutôt ceux de la République sont tellement puissants et tellement nombreux que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups. C’en est assez pour moi, mais ce n’est pas assez pour la chose publique. Vous contenterez-vous de me plaindre ? Ne saurez-vous pas me défendre ou me venger ? La Convention a voulu vous humilier aujourd’hui par un insolent décret. Héros du 31 mai et toi brave Hanriot, avez-vous oublié le chemin de la Convention ? …Si vous me secondez les traîtres auront subi dans quelques jours le sort de leurs devanciers. Si vous m’abandonnez, vous verrez avec quel calme je saurai boire la ciguë… »

À la Commune et à la Convention, pendant la nuit du 8 au 9 thermidor[modifier | modifier le wikicode]

Dans la nuit du 8 au 9 thermidor, Saint-Just écrit son discours qu’il veut prononcer le lendemain. Il veut surtout apaiser les problèmes connus par la Convention. Barère, Carnot, Lindet, Prieur sont assis autour de la grande table ovale. Craignant une insurrection de la Commune, Barère fait convoquer le maire Lescot-Fleuriot et Payan. Billaud veut faire arrêter les deux hommes. Saint-Just s’y oppose. Pendant quatre heures de suite, on les retient dans l’espoir de désorganiser les préparatifs d’une éventuelle insurrection. Puis, on les laisse partir.

Dans la matinée, Barère, Billaud, Collot et Carnot attendent Saint-Just. À dix heures, Collot va présider la séance de la Convention. Les autres restent. Au lever du jour, Saint-Just quitte le Comité en promettant de revenir lire son rapport vers 10 heures.

Arrestation de Robespierre et de ses partisans[modifier | modifier le wikicode]

Après le discours de Robespierre, de nombreux membres de la Convention se sentent menacés. De plus l'un d'eux, Jean-Lambert Tallien, a reçu un mot de son amie Thérésa Cabarrus qui est alors emprisonnée avec, entre autres, la future impératrice Joséphine ; elle l'informe qu'elle devrait faire partie des prochaines victimes guillotinées, et elle lui demande d'agir.

Le 9 thermidor, Tallien prononce à la Convention un réquisitoire contre Robespierre, et Barère de Vieuzac fait voter par décret l'arrestation de Robespierre et de deux de ses proches, Couthon et Saint-Just. Deux autres proches de Robespierre, son frère Augustin Robespierre et Philippe Le Bas demandent à partager leur sort. Tous les cinq sont arrêtés.

Prise de l'hôtel de ville : La fin de Robespierre[modifier | modifier le wikicode]

La fin de Robespierre[modifier | modifier le wikicode]

Étendu sur une table, blessé, dans la salle du Comité de salut public, Robespierre est l'objet de la curiosité et des quolibets de thermidoriens, devant ses amis, défaits.

L’arrestation de Robespierre est connue vers 17 heures, la Commune convoque son conseil général à l’Hôtel de Ville. Sur les 144 membres, 75 seront guillotinés. Ils votent une motion d’insurrection, font appel aux patriotes. Le général de la Garde nationale Hanriot court aux Tuileries avec ses militaires pour délivrer les prisonniers, mais se fait prendre par les gendarmes qui les gardent. Il est enfermé dans la même pièce qu’eux. Les cinq députés sont transférés dans des prisons séparées. Robespierre va à la prison du Luxembourg. Le concierge, exécutant l’ordre de la Commune, refuse de le recevoir.

Pendant plusieurs heures, la Commune dispose de forces supérieures à celles de la Convention, en particulier en artillerie : 17 compagnies de canonniers et 32 pièces répondent à l’appel. Gardes, cavaliers et canonniers se massent sur la place de Grève. Ils décident d’aller libérer Hanriot et les cinq députés. De nombreux canonniers et des gendarmes à cheval, commandés par Coffinhal, vice-président du Tribunal révolutionnaire, se dirigent vers la Convention, enlèvent les postes de garde et délivrent Hanriot, toujours prisonnier au Comité de sûreté générale. Ils ne rencontrent pas de résistance et auraient pu envahir la salle des séances de la Convention. « Citoyens, voici l’instant de mourir à notre poste. » Mais ils refusent.

Augustin Robespierre, le premier à être libéré, arrive à la Commune. Il est décidé de former un Comité d’exécution de neuf membres. Une délégation vient prier Robespierre de rejoindre le Comité d’exécution. Son chef, Lasnier, ayant rencontré Hanriot et Coffinhal, tous trois tentent en vain de le convaincre. Robespierre refuse. Il se réfugie avec ses proches à l'Hôtel de ville.

Au matin du 10 thermidor, les Gardes nationaux s'emparent de l'Hôtel de ville. Le Bas se suicide, Augustin Robespierre se brise une cuisse en sautant par la fenêtre, Couthon est blessé suite à une chute et Maximilien se blesse d'une balle dans la bouche (selon une autre version, il aurait reçu une balle dans le visage tiré par le gendarme Merda).

L'exécution[modifier | modifier le wikicode]

Robespierre, son frère Augustin, Saint-Just, Couthon, le corps sans vie de Le Bas et plusieurs de leurs partisans (22 personnes en tout) sont guillotinés le 10 thermidor (28 juillet 1794).

Quand vient le tour de Saint-Just, il embrasse Georges Couthon et, en passant devant Robespierre, il lui dit : « Adieu ». Maximilien de Robespierre est le dixième exécuté. Sa tête est montrée au peuple sous des applaudissements (comme pour Louis XVI à l'époque).

Les vingt-deux têtes sont ensuite placées dans un coffre en bois, les corps étant rassemblés sur une charrette qui se dirige vers le cimetière des Errancis (ouvert en mars 1794). Les têtes et les troncs sont jetés dans une fosse commune et on répand de la chaux vive pour que le corps de Maximilien de Robespierre ne laisse aucune trace.

Ces exécutions marquent la fin de la dictature de Robespierre et de la Terreur.

Pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Dernier discours de Robespierre à la Convention.
  2. Numéro du 10 Thermidor du Conservateur décadaire.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • François-Alphonse Aulard, La Société des Jacobins.
  • Antoine de Baecque, Robespierre.
  • Françoise Brunel, Sur l'historiographie de la réaction thermidorienne.
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