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Chemin de fer clandestin

« Chemin de fer clandestin » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Esclaves noirs en fuite sur le "chemin de fer clandestin". Tableau de 1893

Le chemin de fer clandestin, ou chemin de fer souterrain, est le nom donné à l'organisation mise en place aux États-Unis, pendant le XIXe siècle, pour aider les esclaves noirs des États esclavagistes (le Sud) à fuir vers les États non-esclavagistes (le Nord) ou le Canada pour y trouver la liberté. En anglais on l'appelle underground railroad.

Dès la fin du XVIII ème siècle et dans la première moitié du XIX ème, plusieurs groupes religieux protestants, comme les quakers, les méthodistes, les presbytériens organisent la fuite des esclaves noirs évadés des plantations du sud des États-Unis.

Cette organisation est structurée comme pour un voyage en chemin de fer. Les esclaves en fuite sont d'abord pris en charge par un chef de train (ou conductor). Il n'y a pas de réseau centralisé. Chaque groupe est indépendant. Cela permet de garder plus facilement le secret, car le conducteur connaissait certaines « gares » de correspondance le long de la route mais ne savaient que peu de détails concernant le reste du réseau. Ce conducteur (un homme ou une femme) connait parfaitement la région où il opère, les chemins discrets, les haltes possibles (les stations). Les « chefs de train » peuvent être des Noirs nés libres (mais s'ils sont pris ils doivent prouver qu'ils le sont, ce qui est difficile), des abolitionnistes blancs, d'anciens esclaves qui s'étaient enfuis (comme Harriet Tubman), ou qui avaient été affranchis et des Amérindiens. Les Églises protestantes jouent un grand rôle dans le réseau. Souvent le conducteur va chercher les aspirants à la fuite dans les plantations. Cette démarche est dangereuse car les propriétaires d'esclaves se défendent, se lancent des équipes de poursuivant aux trousses des fugitifs. Il n'est pas rare qu'en cas de contact que le conducteur soit assassiné alors que les esclaves repris sont ramenés dans les plantations. Depuis dès 1793, une loi contre les esclaves en fuite autorisait les propriétaires d'esclaves à venir récupérer leur "bien" dans les États du Nord. La responsabilité d'attraper les esclaves en fuite revenait aux fonctionnaires des états d'où venaient les esclaves. Mais souvent ceux-ci fermaient les yeux (selon le principe d'une certaine autonomie des États par rapport aux lois fédérales).

Les routes du chemin de fer clandestin

Comme le mouvement de fuite ne s'arrête pas, en septembre 1850, le Congrès des États-Unis (alors dominé par les États du Sud) vote du Fugitive Slave Act. Cette loi oblige tous les États (même ceux qui sont non-esclavagistes) à livrer les esclaves fugitifs se trouvant illégalement sur leur territoire et à punir leurs complices qui risquaient ainsi 6 mois d'emprisonnement et 1000 dollars d'amende.

Pour éviter d'être repérés les voyages se font surtout de nuit. Pour se déplacer on utilisait la marche, mais aussi des chariots bâchés, ou avec un plancher à double fond, voire des caisses sensées contenir des marchandises. Le conducteur conduit les fugitifs jusqu'à une station (une gare). Il s'agit très souvent du domicile qu'un partisan de l'abolition de l'esclavage met à la disposition de l'organisation. Généralement les stations sont au maximum distantes d'une vingtaine de miles (une trentaine de kilomètres). Souvent elles se repèrent grâce aux bougies que l'on laissait briller devant la fenêtre toute la nuit. Là on est à l'abri, on put refaire ses forces et recevoir de l'argent pour poursuivre le voyage. De station en station on se rapproche de la frontière des États non-esclavagistes, c'est-à-dire en franchissant la ligne Mason-Dixon, qui séparait la Pennsylvanie du Maryland et se prolongeait vers l'ouest. Les routes conduisant au Canada étaient variées. Les principales partaient du Kentucky ou de la Virginie et passaient par l'Ohio, où se trouvait le réseau le plus complet.

On estime qu'environ 30 000 personnes étaient impliquées dans l'organisation du « chemin de fer clandestin ». Le système aurait permis à 40 000 ou 100 000 esclaves de fuir le sud, ce qui représente environ 1 000 esclaves détenus dans les états esclavagistes qui réussissaient à s'échapper chaque année.

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