Boukhara

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Boukhara est une ville de 240 000 habitants, capitale de la province de Boukhara, en Ouzbékistan.

Elle était située sur la route de la soie, à la limite des civilisations turque et persane.

Boukhara conserve un ensemble exceptionnel de 140 monuments protégés : une citadelle, des mosquées et des médersas (universités musulmanes).

Panorama de Boukhara, capitale de l'empire des Samanides aux IXe et Xe siècles

Géographie[modifier | modifier le wikicode]

Boukhara est située sur le cours de la rivière Zarafshan, au milieu d'une oasis, à l'est du désert de Kyzyl Kum (« sable rouge » en ouzbek).

Elle se trouvait au centre des pistes caravanières menant à Merv et Mashhad au sud-ouest, à Samarcande et Tachkent au nord-est et aux vallées des deux fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, qui alimentent la mer d'Aral.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Al-Boukhari, sur un timbre égyptien.
Al-Biruni, sur un timbre soviétique.

Dans l'Antiquité, l'oasis de Boukhara est, dès le VIe siècle av. J.-C. dominée par les Perses ; en 329 av. J.-C., Alexandre le Grand envahit l'Iran, puis le territoire de la Sogdiane, dont Boukhara faisait partie, restant possession grecque jusqu'au IIe siècle av. J.-C. Ensuite, jusqu'au IVe siècle, Boukhara est intégrée au royaume de Kushan, puis, au Ve siècle, à l'État des Hephtalites.

Boukhara est occupée en 710 par les troupes arabo-islamiques durant le califat des Omeyyades : la ville devient un grand centre culturel, faisant partie de la province du Khorassan, dont le chef-lieu est Merv.

Au IXe siècle, la ville devient la capitale de la dynastie persane des Samanides (875-999) : la population augmente et de nombreux mausolées et mosquées sont édifiés.

Boukhara est, au Xe siècle, le lieu de résidence de savants, poètes et écrivains, tous natifs de ville ou de ses environs :

  • l'érudit musulman sunnite al-Boukhari (810-870), qui fut compilateur des hadiths (recueils de paroles attribuées à Mahomet) ;
  • le poète Rudaki (859-941) ;
  • le médecin et philosophe Avicenne (ou Abu Ali Ibn Sînâ, 980-1037) ;
  • le savant (mathématicien, physicien, astronome, historien) al-Biruni (973-1048).

En 999, la ville fut envahie par les Qarakhanides, qui édifièrent de nouveaux monuments, encore visibles aujourd'hui : le minaret d'Arslan-Khana (minaret de Kalian), la mosquée de Magoki-Attari, la mosquée de Namezgokh, le mausolée de Tchachma-Ayoub (la source de Job).

De 1102 à 1238, la ville fut gouvernée par la famille cadi des Ali-Burhan.

Puis Gengis Khan s'empare de la ville en 1220 ; elle est intégrée à l'empire des Timourides en 1370.

À partir de 1599, la ville est gouvernée par une nouvelle dynastie : les Astrakhanides. En 1740, le roi de Perse Nâdir Shâh envahit la région de Boukhara, suivi d'une nouvelle dynastie, les Manghit (1753-1920). La région connaît alors une période de déclin.

Boukhara et Samarcande tombent sous le protectorat russe en 1868, puis sont rattachées à la Russie bolchévique en 1920, formant un peu plus tard la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan. Ce pays a retrouvé son indépendance en 1991.

Patrimoine culturel, monuments[modifier | modifier le wikicode]

La citadelle Ark[modifier | modifier le wikicode]

La citadelle remonte au VIIe siècle, mais ses bâtiments actuels datent des trois derniers siècles. Elle a servi de résidence aux émirs jusqu'en 1920.

Il reste les remparts, avec le portail d’entrée flanqué de deux tours reliant une galerie couverte, ainsi qu'une mosquée et la salle de réception de l'émir, à ciel ouvert, avec un iwan à piliers en bois sur trois côtés.

L’entrée de la citadelle se fait à partir d’une grande place, le Registan, où avaient lieu les châtiments et exécutions publiques.


Le complexe religieux Kalon : médersa, minaret, mosquée.

Le complexe Po-i-Kalon[modifier | modifier le wikicode]

Le complexe Po-i-Kalon ou Po-i-Kalyan (« piédestal du Très-Haut ») est le principal complexe architectural de la ville.

Il comprend :

  • le minaret d’une ancienne mosquée (1127), haut de 48 m ;
  • la mosquée Kalon (1514), couverte de 288 coupoles supportées par une forêt de 208 colonnes ;
  • la madrasa (ou médersa) Mir-i-Arab.

Le Tchor Minor[modifier | modifier le wikicode]

Le Tchor Minor (« quatre minarets ») est une autre médersa, relativement récente, puisque construite en 1807. Elle est connue pour la silhouette de ses quatre tours couvertes chacune d'un dôme de couleur turquoise, qui lui donnent l'allure d'un tabouret renversé.

Cette madrasa, construite par un riche marchand turkmène, a été rénovée ces dernières années.

Religions[modifier | modifier le wikicode]

La majorité des habitants sont musulmans sunnites, avec quelques chiites. Il y aussi une minorité orthodoxe russe et quelques centaines de catholiques. Les juifs boukhariotes, autrefois nombreux, ont presque tous émigré.

Langues[modifier | modifier le wikicode]

La plupart des Boukhariotes sont des Ouzbeks turcophones, mais une minorité composée de Tadjiks parle une variante du persan. La minorité russe parle le russe.


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39° 46′ 29″ N 64° 25′ 43″ E / 39.77472, 64.42861