Borobudur

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Vue aérienne du temple de Borobudur, vers 1930.
Vue d'ensemble du temple de Borobudur

Le temple de Borobudur, en indonésien Candi Borobudur, est une construction bouddhiste, bâtie aux VIIIe et IXe siècles dans le centre de l’île de Java, en Indonésie.

Borobudur est le monument le plus visité d’Indonésie.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Le bâtiment remonte aux alentours de l’an 800. Il semble avoir été abandonné vers 1100.

Il a été retrouvé dans la forêt en 1814, durant la brève période d'administration britannique de l'île. Lors d'une tournée d'inspection, le gouverneur de l’île, Thomas Stamford Raffles, entendit parler d’un grand monument dans la forêt près du village de Bumisegoro. Pendant deux mois, les explorateurs abattirent des arbres, firent brûler la végétation et mirent au jour le monument.

Description[modifier | modifier le wikicode]

Le temple est à la fois un sanctuaire dédié au Bouddha et un lieu de pèlerinage bouddhiste. C’est à la fois un stūpa et, vu du ciel, un mandala. Il forme un carré d’environ 113 mètres de côté.

Il est constitué de quatre galeries couvertes de bas-reliefs, d'une longueur totale d’environ 5 kilomètres, relatant les divers épisodes de la vie du bouddha Sakyamuni. Ces bas-reliefs ont été taillés dans de la pierre volcanique grise.

Une cinquième galerie, enterrée, est également couverte de bas-reliefs représentant les réalités terrestres.

Après avoir traversé les quatre galeries, le pèlerin atteint la terrasse supérieure, surmontée de trois terrasses circulaires concentriques bordées de 72 stūpas en forme de cloches de pierre ajourées abritant des bodhisattvas. Au centre de ces terrasses, tout à fait au sommet du monument, un autre stūpa couvre un bouddha inachevé.


Architecture[modifier | modifier le wikicode]

Borobudur et ses stūpas constituent en réalité un immense stūpa unique.

On peut considérer Borobudur comme un temple, mais il diffère radicalement des autres édifices du même genre : notamment, il a été établi sur une colline naturelle, alors que généralement les temples sont construits sur des surfaces planes. Borobudur servait certainement de stūpa avant d’être utilisé comme un temple où le culte était remplacé par le pèlerinage. Lors de leur visite, les pèlerins atteignaient progressivement la plate-forme la plus haute, chaque plate-forme représentant une étape du chemin vers l’illumination, d’après la cosmologie bouddhiste.

La structure principale du temple est organisée comme le corps humain, en trois niveaux : le pied, le corps et la tête. La base carrée (le « pied ») mesure 123 × 123 m de côté et a une hauteur de 4 m ; le « corps » est composé des cinq plates-formes carrées dont les hauteurs diminuent jusqu'au sommet (la « tête »), constitué de trois plates-formes circulaires, chacune possédant un rang de stūpas perforés, placés en cercles concentriques. Le stūpa central culmine à 35 m au-dessus du sol. L’accès à la partie élevée se fait par des escaliers et des portes, encadrées de 32 statues de lions.

La division en trois parties du monument représente également les trois étapes de la préparation mentale pour accéder à l’illumination dans la cosmologie bouddhiste : Kāmadhātu (le monde des désirs), Rūpadhātu (le monde des formes) et Arūpadhātu (le monde sans forme).

En 1885, une structure cachée sous la base fut découverte par hasard : 160 bas-reliefs décrivant le Kāmadhātu sont sculptés sur ce pied caché.

Reliefs sculptés[modifier | modifier le wikicode]

Borobudur compte environ 2 670 bas-reliefs individuels : 1 460 sont narratifs et 1 212 décoratifs. Ils couvrent les façades et les garde-corps. Ils se répartissent entre le pied enseveli (Kāmadhātu) et les cinq plates-formes carrées (Rūpadhātu).

La loi karmique

Les 160 panneaux ensevelis dans la structure souterraine sont une représentation des activités blâmables, des commérages au meurtre, avec leurs punitions correspondantes, mais aussi des activités dignes d’éloge comme la charité ou le pèlerinage, avec leurs récompenses associées. On y montre les douleurs de l’enfer et les plaisirs du paradis, mais aussi des scènes de la vie quotidienne, qui complètent le panorama du saṃsāra, cycle sans fin de la naissance et de la mort.

La naissance de Bouddha (Lalitavistara)

L’histoire commence par la descente glorieuse du seigneur Bouddha depuis le paradis Tuṣita et s’achève par son premier sermon dans le Parc aux Cerfs près de Bénarès. Le bas-relief montre la naissance de Bouddha en tant que prince Siddhartha, fils du roi Śuddhodana et de la reine Māyā , souverains de Kapilavastu (au Népal actuel).

L’histoire est précédée de 27 panneaux montrant plusieurs préparatifs, au paradis et sur terre, pour accueillir l’incarnation finale du Bodhisattva. Avant sa descente du paradis Tuṣita, le Bodhisattva confie sa couronne à son successeur, le futur Bouddha Maitreya. Il descend sur Terre sous la forme d’un éléphant blanc à six défenses qui pénètre dans l’utérus de la reine Māyā. Celle-ci a un rêve de cet événement, interprété comme le signe que son fils deviendra soit un souverain, soit un Bouddha.

Quand la reine Māyā sent venir la naissance de l’enfant, elle se rend au parc de Lumbinī, à l’extérieur de la cité de Kapilavastu. Elle s’installe sous un figuier des pagodes (wp), tient une branche de sa main droite et donne l'autre à son fils, le prince Siddharta. L’histoire continue sur les panneaux jusqu’au moment où le prince devient le Bouddha.

La quête la Vérité Ultime par Sudhana (Gandavyuha)

Gandavyuha est l’histoire contée dans le dernier chapitre du Buddhāvataṃsaka Sūtra. Sudhana recherche inlassablement la Plus haute Perfection de la Sagesse. Son récit recouvre le troisième et le quatrième corridor pour un total de 460 panneaux, dont le personnage principal est le jeune Sudhana, fils d’un très riche marchand.

Statues de Bouddha[modifier | modifier le wikicode]

Borobudur possède de nombreuses statues de Bouddha, toujours assis, les jambes croisées, en position du lotus. Elles sont réparties sur les cinq plates-formes carrées (Rūpadhātu) et sur les plates-formes circulaires (Arūpadhātu).

Le niveau Rūpadhātu compte 432 statues, installées dans des niches à l'extérieur des garde-corps. Au niveau Arūpadhātu, les 72 statues sont placées dans des stūpas perforés.

Sur les 504 statues de Bouddha présentes à l’origine, plus de 300 ont été endommagées (la plupart décapitées) et 43 ont disparu.

Au premier coup d’œil, toutes les statues de Bouddha semblent similaires, mais il y a des différences subtiles au niveau de la mudrā (la position des mains), dont on distingue cinq groupes, représentant les cinq points cardinaux du mahāyāna (le « grand véhicule ») : nord, est, sud, ouest et zénith.

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Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Borobudur de Wikipédia.

7° 36′ 28″ S 110° 12′ 13″ E / -7.60778, 110.20361