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Bonnacon

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Miniature dans un manuscrit du Moyen-Âge, montrant un chevalier se protégeant contre les pets enflammés du bonnacon.

Le bonnacon est un monstre imaginaire, capable, d'après la légende, de lancer des pets enflammés.

Description[modifier | modifier le wikicode]

Dans la plupart des descriptions, le bonnacon est une sorte de mammifère : il ressemble à un bœuf, mais possède un long cou doté d'une crinière, comme celui-d'un cheval, et des cornes recourbées vers l'intérieur, ce qui ne lui permet pas de s'en servir pour se battre. Mais ce n'est pas là que réside le vrai danger, car, d'après la légende, tout comme le dragon, le bonnacon est capable de projeter du feu, mais, lui... par son derrière !

Selon les différentes légendes, en effet, le bonnacon est capable de projeter, sur une grande distance (sur la surface d'un jugère1,2 (environ 25 ares, parfois traduit en un arpent (environ 70 mètres)), un gaz enflammé (comme une sorte de pet), ou un liquide brûlant, ou bien encore des déjections capable de brûler. La description du liquide pouvant brûler peut également évoquer le jet d'un acide. On trouve des descriptions du bonnacon dans plusieurs ouvrages anciens, et il est représenté dans plusieurs manuscrits et bestiaires du Moyen-Âge. Selon les sources, il est appelé bonnacon, bonacon, bonasus ou bonachum2 (en latin), ou encore bonase1 (en français, traduction du mot latin bonasus) ou onachum (en vieux français et en provençal, dans certaines traductions de la Légende Dorée, notamment, ou le « b » de bonachum a disparu3)

  • Pline l'Ancien le décrit dans son Histoire Naturelle, vaste ouvrage du Ier siècle, dans lequel le savant tente de recenser toutes les créatures qu'il connaît, mais également toutes celles dont on lui a parlé, sans qu'il soit allé le vérifier lui-même : c'est ainsi que sont décrit de nombreux animaux fabuleux inconnus pour l'époque, certains existants, comme l'éléphant, au milieu d'autres animaux cette fois imaginaire, comme le dragon ou le catoblépas. Au chapitre 16 du livre VIII, il décrit, aux côté de l'élan, le bonaccon :
« On parle d'une bête de Péonie nommée bonace, à crinière de cheval, et de reste ressemblant à un taureau ; ses cornes sont tellement contournées, qu'elles ne peuvent lui servir pour combattre ; aussi a-t-il recours a la fuite, et en fuyant il lance, quelquefois à la distance de trois jugères, une fiente dont le contact brûle comme une sorte de feu ceux qui le poursuivent.1 »
Le bonnacon dans le bestiaire d'Aberdeen, au XIIème siècle.
  • Comme beaucoup d'autres créatures décrites par Pline, et considérées à l'époque comme bien réelles, le bonnacon est ensuite représenté par des miniatures dans de nombreux bestiaires du Moyen-Âge.
  • Au XIIème siècle, le bonnacon figure également dans la Légende Dorée, de Jacques de Voragine, ouvrage qui regroupe l'histoire de plusieurs saints (on dit que c'est une hagiographie), au chapitre concernant sainte Marthe, la sainte patronne de la ville de Tarascon, en Provence, ayant vaincu le monstre connu sous le nom de Tarasque, qui a donné son nom à la ville ; en effet, d'après lui, la Tarasque est la fille du Léviathan et du Bonnaccon :
« Venerat autem per mare de Galatia Asye, generatus a leviathan, qui est serpens aquosus et ferocissimus, et a bonacho animali, quod Galatie regio gignit, quod in sectatores suos per spatium iugeris stercus suum velut spiculum dirigit et quidquid tetigerit velut ignis exurit.2 »,
« Or, il était venu par mer de la Galatie d'Asie, avait été engendré par Léviathan, serpent très féroce qui vit dans. l’eau, et d'un animal nommé Onachum, qui naît dans la Galatie : contre ceux qui le poursuivent, il jette, à la distance d'un arpent, sa fiente comme un dard et tout ce qu'il touche, il le brûle comme si c'était du feu.3 »

Selon les différents auteurs, le bonnacon serait originaire de Péonie (une région historique, au Nord-Est de la Grèce, correspondant plus ou moins à la Macédoine actuelle), ou de Galatie (une région de l'Anatolie).

Ressemblance avec des animaux réels[modifier | modifier le wikicode]

Comme le bonnacon, le gnou ressemble à un bœuf, avec des cornes recourbées, et un long cou doté d'une crinière. A-t-il pu inspirer la légende ?

La capacité étonnante du bonnacon de pouvoir projeter par son derrière un liquide nocif peut faire penser à la mouffette, qui possède une glande spéciale sous la queue, et dont on pensait à l'origine, comme pour le bonnacon, que c'était ses excréments qu'elle projetait ainsi. Le fait est que, dans aucune description ancienne, le bonnacon n'est pas décrit comme projetant du feu par son derrière (un peu à la manière des dragons), mais plutôt un liquide, ou un gaz brûlant, ou capable de s'enflammer. L'allusion à la substance brûlante ainsi projetée peut également faire référence à une sorte d'acide ou de liquide corrosif. Cependant, la moufette est un animal américain, qui était totalement inconnu en Europe durant l'Antiquité et le Moyen-Âge.

L'hippopotame qui, en revanche, était déjà bien connu des Grecs et des Romains, utilise sa queue pour projeter ses excréments sur une grande surface, mais il utilise cette technique pour marquer son territoire, et non pas pour se défendre. De plus, aucun de ces deux animaux ne ressemblent à la description d'un animal à cornes, comme le bonnacon.

La description du bonnacon, semblable à un boeuf, mais aux cornes recourbées, et au long cou doté d'une crinière comme un cheval, peut également faire penser au gnou, un autre animal africain, également connu durant l'Antiquité. Seulement, on pense aujourd'hui que le long cou fin du gnou a plutôt inspiré les légendes concernant un autre animal, le catoblépas, dont le souffle serait empoisonné, et le regard capable de changer en pierre, mais dont la tête serait trop lourde pour son cou, et qui serait obligé de regarder en permanence vers le sol.

Aujourd'hui, on pense plutôt que c'est le bison qui, avec ses cornes recourbées et la fourrure sur son cou, est à l'origine de la légende du bonnacon. Le nom latin du bonnacon, bonasus, est d'ailleurs le nom scientifique du bison d'Europe (Bison bonasus ou Bos bonasus, selon les classifications).

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Autres créatures fabuleuses :

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Ressource en ligne [en ligne] (fr) Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, Livre VIII, Chapitre 16 page consultée le 27 mars 2017
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Ressource en ligne [en ligne] (en) (la)Martha - Legenda Aurea, Stories about the Saints in Latin page consultée le 27 mars 2017
  3. 3,0 et 3,1 Ressource en ligne [en ligne] (fr) Marthe - La Légende Dorée, Abbaye de Saint Benoît page consultée le 27 mars 2017
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