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Bloc National (France)

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En France, le Bloc national arrive au pouvoir après la Première Guerre mondiale. Aux élections législatives de novembre 1919, les partis de droite qui se sont réunis dans le Bloc National l'emportent largement sur les partis de gauche, radicaux et socialistes SFIO, qui n'ont pas conclu d'alliance.

Le Bloc National, va mener une politique intérieure destinée à contenter les catholiques en annulant une grande partie des mesures prises contre le comportement souvent anti-républicain, de ceux-ci avant la guerre.

Le gouvernement réprime violemment les grèves de 1919-1920, et profite de la division profonde de la gauche entre socialistes et communistes.

Le Bloc national pense pouvoir faire financer par l'Allemagne vaincue le gigantesque effort de reconstruction des régions dévastées par la guerre. En 1923, le retard des versements allemands provoque l'occupation de la Ruhr par l'armée française. La résistance passive des Allemands, soutenus par les Américains et les britanniques, contraint les Français à renégocier le montant et la durée du remboursement.

À la suite de cet échec le Bloc National perd les élections de 1924, au profit du Cartel des gauches (radicaux soutenus par les socialistes qui se sont unis).

Division de la gauche française, union de la droite[modifier | modifier le wikicode]

Les socialistes divisés[modifier | modifier le wikicode]

La SFIO (parti socialiste) sort très divisée de la Guerre. Beaucoup d'adhérents n'ont pas apprécié l'union sacrée par laquelle la SFIO a soutenu et a participé aux différents gouvernements qui ont mené la guerre. Jusqu'en 1917, les socialistes mécontents se taisaient. Mais avec la révolution russe qui commence en mars 1917, ils obtiennent que la SFIO passe dans l'opposition. Certains socialistes se rendent en Russie où ils s'enthousiasment de l'action menée par les Bolcheviks. Ils reviennent persuadés que la SFIO doit changer, rompre définitivement avec la bourgeoisie et abandonner ses idées réformistes. Les révolutionnaires gagnent de l'influence dans la SFIO.

Le syndicalisme ouvrier divisé[modifier | modifier le wikicode]

Le monde syndical (pratiquement que des ouvriers, puisque les fonctionnaires n'ont pas le droit de se syndiquer), se divise lui aussi. Dès 1919, la CGT, a lancé des grandes grèves dont certaines tournent à l'insurrection. Mais les syndicalistes modérés, qui sont majoritaires, rejettent la violence. En 1919, les ouvriers chrétiens créent la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), de tendance très modérée, ce nouveau syndicat accentue la division du monde ouvrier.

La droite se rassemble[modifier | modifier le wikicode]

Alexandre Millerand

Les nombreux partis de droite et du centre ont dirigé la France pendant la guerre. Georges Clemenceau est leur grand homme ; un ex-socialiste Alexandre Millerand parvient à unir ces partis qui forment le « Bloc National ». Effrayés par ce qui se passe en Russie, ils deviennent profondément anti-bolchevik (anti-communistes) et rejettent même les socialistes modérés de la SFIO.

Le Bloc National (1919-1924)[modifier | modifier le wikicode]

L'esprit union sacrée[modifier | modifier le wikicode]

Après la Première Guerre mondiale, la grande majorité des Français souhaitent que la France victorieuse retrouve la situation d'avant guerre, celle de la Belle époque, idéalisée comme une période d'ordre et de stabilité. Une grande partie des électeurs est effrayée par la révolution russe et craint sa contagion en France.

L'esprit union sacrée, qui avait permis à la France de tenir pendant quatre ans face à l'Allemagne, est renforcé par la signature du traité de Versailles qui réinstalle la France comme grande puissance. Le défilé de la Victoire du 14 juillet 1919, au cours duquel les troupes alliées, Français en tête, sont acclamées sur les Champs-Élysées de Paris, est un triomphe. Le patriotisme est très puissant. À l'époque, malgré les efforts de Jean Jaurès, assassiné en juillet 1914, le patriotisme est surtout une valeur politique de la droite, la gauche étant plutôt internationaliste et pacifiste.

La nouvelle loi électorale[modifier | modifier le wikicode]

La loi électorale est modifiée afin de favoriser la droite. Dans les départements, les sièges de députés sont répartis proportionnellement au nombre de voix obtenues par les différentes listes politiques. Mais si une liste obtient plus de 50% des voix, elle gagne tous les sièges du département. La droite unie est donc avantagée face à une gauche divisée (car les socialistes n'ont pas voulu faire des listes avec des radicaux qui sont surtout les représentants des petits paysans ou des fonctionnaires).

Les élections[modifier | modifier le wikicode]

La chambre des députés issue des élections de novembre 1919. Le Bloc National est en bleu clair et bleu foncé

Aux élections législatives de novembre 1919 le Bloc National triomphe. Il dispose de 415 élus sur 616 députés. Comme une bonne partie de ces élus de droite sont d'anciens combattants, qui portaient il y a quelques mois auparavant, l'uniforme de couleur bleu horizon, on a appelé cette assemblée, la « chambre bleu horizon ».

En février 1920, la chambre des députés et le sénat, deux assemblées dominées par la droite et les modérés, élisent le nouveau président de la République. Ils préfèrent le modéré Paul Deschanel, président du sénat, à Clemenceau qui indispose par son comportement autoritaire et son incroyance religieuse. Rapidement ils doivent remplacer Deschanel, atteint de troubles mentaux ; c'est Alexandre Millerand qui est élu en septembre 1920.

La politique intérieure du Bloc National[modifier | modifier le wikicode]

La réaction religieuse[modifier | modifier le wikicode]

La droite au pouvoir veut liquider certaines mesures votées avant la guerre. Il s'agit de faire disparaître les mesures contre l'Église catholique.

Les relations diplomatiques avec le Saint-Siège, la papauté, sont rétablies. Les trois départements d'Alsace-Lorraine, allemands de 1871 à 1918, où l'influence religieuse est forte, sont dispensés d'appliquer la loi de séparation des Églises et de l'État votée en 1905 par les assemblées françaises dominées par les radicaux, soutenus par les socialistes. L'Alsace-Lorraine conserve les dispositions du Concordat de 1801, très favorables à l'Église catholique. (Cette décision est toujours en application aujourd'hui). Les écoles tenues par les congrégations religieuses, qui avaient interdites en 1904, sont de nouveau autorisées.

Pour enrayer de déclin de la population et stopper l'émancipation des femmes qui était apparue pendant la guerre, l'« ordre moral » est en partie rétabli. L'avortement est très sévèrement réprimé (surtout pour les avorteurs) et la propagande pour la contraception féminine est interdite.

La lutte contre les mouvements sociaux et ses conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Propagande anticommuniste en 1919

La vie chère, (voir plus bas), la propagande des socialistes et des syndicalistes favorables aux idées bolcheviques provoquent des grèves au printemps 1920. Pourtant, en 1919, la semaine légale de travail est réduite à 48 heures. De peur que cette agitation parfois violente ne débouche sur un insurrection, le gouvernement fait occuper les lieux de grèves par l'armée et fait licencier les grévistes : près de 18 000 employés des compagnies de chemin de fer sont renvoyés. ; des enseignants très impliquées dans les mouvements sociaux sont exclus de leur fonction.

L'échec des mouvements sociaux provoquent une crise dans la SFIO et la CGT. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité des adhérents, favorables aux idées bolcheviques, décident de quitter la SFIO pour fonder la SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste, qui deviendra le parti communiste français). Les minoritaires de la CGT, eux aussi favorables aux idées bolcheviques, en sont exclus en 1922 et fondent la CGTU (CGT unifiée).

Les problèmes financiers liés au coût de la reconstruction[modifier | modifier le wikicode]

Raymond Poincaré (à gauche) et Aristide Briand (à droite) en 1925

Sur le front Ouest la guerre s'est surtout déroulée, pendant plus de quatre ans, dans les départements du nord et de l'est de la France. Les destructions de villages, de fermes, de champs, d'infrastructures routières et ferroviaires, de villes sont considérables. Il va falloir reconstruire.

Les pertes humaines sont étendues. L'agriculture française a perdu une grande partie de sa main d'œuvre jeune (les soldats étaient surtout des paysans) : il y a eu 1,3 millions de soldats tués et des centaines de milliers de blessés plus ou moins fortement handicapés. Les veuves, les orphelins, les invalides de guerre sont environ 2,5 millions. L'État va devoir verser des pensions pour permettre aux familles touchées de continuer à vivre.

Les Français ont fait inscrire dans le traité de Versailles, que l'Allemagne, dénoncée comme seule responsable de la guerre, devait payer le coût des réparations des dégâts causés par son armée. Les indemnités versés aux victimes sont donc généreusement accordées, ce qui aggrave le déficit budgétaire. Mais contrairement à l'idée très répandue en France que l'« L'Allemagne paiera » le gouvernement allemand va tout faire pour limiter les versements (voir plus bas).

Pour couvrir les frais gigantesques de la guerre, les gouvernements successifs ont beaucoup émis de monnaie-papier (le franc n'est d'ailleurs plus échangeable contre de l'or depuis le début de la guerre), la monnaie française a donc perdu de sa valeur.

Les gouvernements ont beaucoup emprunté. D'abord aux Français qui ont souscrit aux nombreux emprunts en achetant (souvent avec des versements en or) des Bons de la défense Nationale. La dette intérieure est de 154 milliards de francs. Ces emprunts à remboursement rapide deviennent dangereux si les épargnants demandent leur remboursement à leur échéance et surtout si alors ils n'en souscrivent pas de nouveaux ; les gouvernements doivent donc éviter de mécontenter les épargnants. Cela n'étant pas suffisant , la France a emprunté aussi à l'étranger pour près de 33 milliards de francs, dont 90% auprès des États-Unis. Ces derniers disposent donc d'un puissant moyen de chantage sur la France.

Raymond Poincaré, chef du Bloc National, président du Conseil et ministre des finances de 1922 à 1924, exige que l'Allemagne paie, pour cela il fait occuper la Ruhr en janvier 1923. Mais les États-Unis, le Royaume-Uni, clients et fournisseurs de l'Allemagne, s'y opposent. Les banquiers américains, britanniques et allemands s'unissent et spéculent contre le franc, dont la valeur chute fortement. Poincaré doit céder. Alors les banquiers étrangers cessent leur spéculation. Poincaré augmente de 20% les impôts sur le revenu, ce qui permet un redressement du franc. Poincaré apparaît comme un habile financier … mais le Bloc national perd les élections de 1924.

La politique extérieure du Bloc national[modifier | modifier le wikicode]

Le problème des réparations[modifier | modifier le wikicode]

Défilé de chasseurs alpins français dans une ville de la Ruhr en mars 1923

Les gouvernements du Bloc National ont à appliquer les clauses du traité de Versailles. C'est surtout le règlement des réparations financières des dégâts de la guerre qui pose problème. Le montant fixé par le traité de Versailles, 132 milliards de marks-or à verser en 30 ans, est énorme et de nombreux économistes pensent qu'il est impossible à financer par l'Allemagne.

À la conférence de Gènes (janvier 1922), sous la pression des Britanniques, Aristide Briand, président du conseil des ministres et ministre français des Affaires étrangères, accepte de négocier une diminution des réparations. L'opinion publique française et les députés y sont opposés. Son gouvernement est renversé. Il est remplacé par Raymond Poincaré.

Poincaré qui était le président de la République de 1913 à 1920, est un adversaire acharné de l'Allemagne. Chef du Bloc National, veut se monter ferme vis à vis de l'Allemagne. Constatant que l'Allemagne est en retard pour ses versements financiers concernant les réparations, Poincaré fait occuper militairement la riche région industrielle de la Ruhr en janvier 1923. L'opposition, la grève et les sabotages menés par la population et financés par le gouvernement allemand, rendent l'occupation difficile. L'énorme crise financière qui secoue alors l'Allemagne affole les Américains et les Britanniques, intéressés par la bonne santé de l'économie allemande avec laquelle ils commercent et où ils ont investit des capitaux. Des soulèvements d'extrême droite éclatent. Américains et Britanniques s'opposent à Poincaré. Soutenant leurs confrères allemands, les banquiers américains et britanniques spéculent à la baisse contre le franc. Devant l'affaiblissement de la monnaie, Poincaré doit céder et commence des négociations .

La liquidation de la guerre contre la Russie bolchevique[modifier | modifier le wikicode]

Si la guerre était terminée le 11 novembre 1918 sur le front ouest, elle continue en Russie. Il s'agit de la guerre civile entre les Russes blancs (partisans du tsarisme) et les bolcheviks qui ont pris le pouvoir en octobre 1917. Dès novembre 1918, la France a envoyé une flotte et des soldats en mer Noire pour soutenir les Russes blancs. Mais le 17 avril 1919, des mutineries se développent parmi les marins dont certains refusent d'intervenir contre les bolcheviks. Le commandement français décide le 28 avril de faire revenir les bateaux en France. (Les « meneurs » de la mutinerie seront condamnés à de très lourdes peines). Devant l'échec de l'intervention, les troupes étrangères quittent progressivement le territoire russe.

Vikiliens sur la France entre les deux guerres mondiales[modifier | modifier le wikicode]

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