Bibracte

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Bibracte, située sur le mont Beuvray (en actuelle Bourgogne, France), est l'oppidum de la tribu gauloise des Éduens jusqu'à la guerre des Gaules. Lieu important de l'histoire des Gaules, Bibracte nous a laissé de nombreux vestiges.

Aujourd'hui, le site est devenu parc archéologique doté d'un musée très visité. Des fouilles sont constamment menées afin de découvrir de nouveaux vestiges.

Le mont Beuvray
En route vers Bibracte !

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Un oppidum puissant[modifier | modifier le wikicode]

Maquette de la cité éduenne, avec ses deux enceintes concentriques
Plan du site de Bibracte

D'après les plus vieux bâtiments découverts, on sait que le mont Beuvray fut habité dès le Néolithique. Pour autant, ce ne fut que vers le IIe siècle av. J.-C. que les Éduens, peuple gaulois issu d'Europe centrale, y fondèrent un oppidum, encerclé par plusieurs rangées de remparts, habité par près de 10 000 habitants. Il faut s'imaginer une montagne sans arbres (la forêt a repoussé bien après) dont le sommet est occupé par les quartiers d'habitation et les versants qui l'entourent par des champs cultivés. La vie est particulièrement âpre à Bibracte : les pentes sont escarpées et le climat est pluvieux. Les historiens s'interrogent d'ailleurs toujours sur les raisons ayant poussé les Éduens à choisir un lieu aussi peu propice.

Des artisans comme des bronziers, forgerons et orfèvres contribuent à animer la vie économique du village. Les Éduens sont remarquablement proches de Rome, avec laquelle ils forment des accords commerciaux et militaires dont les autres tribus ne bénéficient pas. Bibracte devient une place économique majeure, au carrefour de nombreuses routes commerciales. Ainsi, lorsque les Éduens demandent de l'aide aux Romains pour repousser l'émigration helvète, Jules César arrive-t-il très rapidement. Il faut dire que le général y voit également ses intérêts : cela fait un bon prétexte pour commencer à envahir les Gaules. C'est pourquoi, par la suite, les Romains vont devenir la véritable menace pour les Gaulois... Dans ce contexte, les Gaulois doivent former une coalition pour combattre Rome. Bibracte hésite entre solidarité gauloise et défense des intérêts économiques. Au sein même de la cité, différents camps émergent : d'un côté Dumnorix (wp), le magistrat suprême qui prône une indépendance totale vis-à-vis de Rome et qui souhaite un ralliement à la coalition gauloise ; de l'autre, son frère Divitiac (wp) (ou Diviciacos), le druide respecté qui préfère ménager les relations avec Rome pour des raisons commerciales.

Finalement, Dumnorix va trancher à lui tout seul en montant une rébellion au sein même des armées de César. Le général réagit rapidement : il fait arrêter Dumnorix et l'exécute. Les camps sont définis. Les Éduens rejoignent la coalition gauloise, dans laquelle Bibracte va être une place militaire très importante : c'est en son sein que toutes les tribus gauloises se réunissent et confient les pleins pouvoirs à Vercingétorix.

Finalement, c'est à l'oppidum d'Alésia, situé à seulement une centaine de kilomètres, que Jules César vainc définitivement Vercingétorix. C'est le début de la Gaule romaine. Jules César est déçu par le ralliement de ses amis les Éduens à ses ennemis ; mais il les excusera rapidement, et viendra à Bibracte passer l'hiver 52/51 av. J.-C. pour rédiger ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, dans lequel il ne manquera pas d'évoquer les qualités diplomatiques de Divitiac et la haine farouche de Dumnorix envers les Romains.

Abandon et redécouverte[modifier | modifier le wikicode]

Fondée quatre décennies plus tard par Auguste, la ville d'Augustodunum (qui deviendra Autun) va être préférée par les Éduens, qui vont progressivement déserter Bibracte. En effet, la cité située plus en contrebas attire les Gaulois par sa modernité (thermes...), sa sécurité (forteresse inexpugnable...) et son emplacement plus favorable (relief moins abrupt). Par ailleurs, à cette période, les classes aisées ont envie de s'intégrer à la civilisation romaine : c'est ce qu'on appelle la romanisation. Le site de Bibracte est laissé à l'abandon et se recouvre d'arbres. Seuls quelques franciscains, qui apprécient la quiétude des lieux, y fondent au Moyen Âge un monastère tandis que le reste de la population locale ne s'y aventure que pour une foire...

La mémoire de l'emplacement de Bibracte s'est perdue au Moyen Âge, mais on s'y intéresse à nouveau à partir du XVIe siècle. Quoique la question soit alors peu discutée, l'hypothèse la plus courante est que Bibracte serait située à l'emplacement d'Autun.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Jacques-Gabriel Bulliot (wp) remet en cause cette hypothèse, Il croit que la cité gauloise se situait sur le Mont Beuvray. Il entame des fouilles archéologiques pour vérifier ses conjectures et, toujours plus convaincu, informe la société française d'archéologie de ses travaux. L'empereur Napoléon III, intéressé par la redécouverte de sites antiques, missionne alors Bulliot pour mener les recherches archéologiques nécessaires, qui confirment que Bibracte se trouvait sur ce site.

Vestiges[modifier | modifier le wikicode]

Deux enceintes successives[modifier | modifier le wikicode]

Bibracte est encerclée par deux murailles qui la protégeaient de toute attaque. En effet, à cette époque, les tribus gauloises sont divisées et se combattent sans cesse : l'oppidum des Éduens se doit donc d'être inexpugnable. Le premier rempart s'étend autour du mont, sur une distance de 7 km. Précédé par un large fossé défensif, il circonscrit un espace de 200 hectares et s'élève sur 4 mètres de hauteur.

Probablement jugé trop éloigné des quartiers d'habitation, cette muraille est démantelée vers le IIe siècle av. J.-C. et ses pierres sont réutilisées pour l'édification d'une seconde muraille, moins excentrée qui s'étend sur 5 km et circonscrit une aire de 135 hectares. Beaucoup d'archéologues se sont étonnés de cette chronologie atypique : en effet, d'ordinaire, les murailles vont en s'élargissant, pour faire face à la croissance de la ville.

Les deux remparts sont construits sur le modèle du murus gallicus (« mur gaulois ») décrit par Jules César : ils sont formés de couches de pierres armées de poutres de bois. Une section du murus gallicus, appelée « porte Rebout », a été reconstituée et témoigne de cette alternance très agréable à l'œil, comme le constatait déjà le général romain lui-même1!

Bassin monumental[modifier | modifier le wikicode]

Ce bassin monumental comporte des éléments architecturaux très éloignés des méthodes de construction des Éduens, c'est pourquoi de nombreux spécialistes pensent que le bassin a été réalisé par des étrangers du bassin méditerranéen. En outre, ce bassin présente la curieuse singularité d'avoir un canal d'évacuation des eaux, sans avoir un canal d'alimentation. Or, le sol du bassin étant recouvert d'une couche d'argile afin de l'étanchéifier, l'approvisionnement en eau par une source paraît impossible.

Ce bassin elliptique évoquant un œil, constitué de granit rose, reste en effet un des grands mystères de Bibracte. La question se pose de connaître l'utilité de ce bassin monumental, construit pendant le milieu du Ie siècle av. J.-C. et reconstitué après les fouilles. Sans renouvellement régulier de l'eau, la distribution en eau potable peut difficilement être la fonction de ce bassin. Certains spécialistes suggèrent un lieu de culte de l'eau, ou encore un monument pour symboliser le centre de la ville, sachant qu'il était situé sur la rue principale du village.

Habitat éduen[modifier | modifier le wikicode]

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Musée de la civilisation celtique[modifier | modifier le wikicode]

Musée de la civilisation celtique

Ouvert en 1996, le musée de civilisation celtique est situé aux pieds du mont Beuvray. Le bâtiment, à l'allure moderne, veut représenter l'évolution des époques : les fondations en pierre taillée, les murs en pierres régulières et enfin le toit en métal.

Le musée s'étend une vaste longueur et s'élève sur deux étages. Le premier étage traite de la civilisation celtique en général : les oppida, le commerce, les techniques, l'agriculture ou encore les monnaies. Il s'appuie sur des maquettes, des reconstitutions mais aussi des trouvailles. Le rez-de chaussée, quant à lui, est consacré à Bibracte. Les découvertes archéologiques y sont exposées afin de rendre compte de son histoire et de sa vie quotidienne.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Livre VII de la Guerre des Gaules : « Ce genre [de remparts] offre un aspect varié qui n'est pas désagréable à l'œil, avec son alternance de poutres et de pierres. »
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