Bataille des Pyramides

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La bataille des Pyramides par Antoine-Jean Gros, 1810

La bataille des Pyramides est une bataille de la campagne d'Égypte. Elle a eu lieu le 3 thermidor an VI (21 juillet 1798) entre l'armée française commandée par le général Napoléon Bonaparte et les mamelouks dirigés par Mourad Bey. Le terme de « bataille des Pyramides » est propagandiste, choisi par Bonaparte parce que le nom était plus glorieux que celui de « bataille du Caire » ou « bataille d'Embabech ». En réalité les pyramides, situées à plus de 15 km, ne devaient être que vaguement visibles à l'horizon.

Cette victoire française permettra de renforcer la propagande autour du général vainqueur en y ajoutant une touche d'orientalisme. Cela n'empêchera cependant pas le fiasco militaire de la campagne égyptienne, le premier avant Saint-Domingue, d'Espagne ou de Russie.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire les articles : Campagne d'Égypte et Première coalition.
Le vice-amiral britannique Horatio Nelson est à la poursuite des troupes françaises

L'expédition en Égypte est décidée en 1797 sous le Directoire, après une série de guerres victorieuses ayant permit d'étendre les frontières françaises jusqu'au Rhin. L'objectif étant de couper la route des Indes orientales aux Britanniques qui restent les seuls ennemis de la première coalition contre la France révolutionnaire.

L'hostilité française envers la Grande-Bretagne est très forte à la fin du XVIIIe siècle. Les navires, même neutres, transportant des produits britanniques sont déclarés comme des bonnes prises en 1798, ce qui vaudra à la France une guerre navale officieuse avec les États-Unis. Bien qu'isolée après la défaite de la première coalition, l'armée anglaise est agrandie passant à 140 000 hommes, il en est de même pour sa flotte qui passe de 40 000 hommes en 1790 à 120 000 en 1799, les britanniques créent également des milices locales qui attendent l'invasion.

Les directeurs font appel au général Bonaparte, auréolé de gloire à son retour de la campagne d'Italie, ils le chargent tout d'abord de réfléchir à une invasion des îles Anglaises. Dans l'objectif de saper sa popularité à cause d'une invasion qu'il déclare bien vite comme impossible, le Corse propose alors une invasion de l'Égypte. Cette dernière étant la clé de voûte de cette route des Indes, cela affaiblirait grandement le commerce britannique, une sorte de prémice au blocus continental qui sera mis en place quelques années plus tard. Un débarquement en Grande-Bretagne n'étant pas réalisable, l'option d'une invasion en Égypte est la plus viable. Celle-ci est alors une province de l'Empire ottoman, mais échappe à son contrôle, à cause des mamelouks dirigés par Mourad et Ibrahim Bey. De plus, à cette période, l'Égypte et plus généralement l'Orient ont en France le vent en poupe. Napoléon cherche à marcher sur les traces d'Alexandre le Grand, et pense qu'il est du devoir des Français d'apporter au berceau de l'humanité les idées des Lumières, qui ont cours alors. De plus le percement de l'isthme de Suez, qui est un projet français depuis le XVIIe siècle permettrait d'ouvrir une route commerciale bien plus rapide que celle du Cap contrôlée par les Brittaniques. Dans une moindre mesure, il s'agit également pour les trois directeurs d'écarter Bonaparte de la vie politique française, sa popularité depuis la campagne d'Italie et son ambition commençant à devenir encombrantes. Avec sa récente nomination à l'Institut, Bonaparte adjoint à l'expédition militaire une expédition scientifique et artistique composée de 187 savants et artistes : des mathématiciens, historiens, botanistes, ingénieurs et dessinateurs chargés de redécouvrir les richesses de l'Égypte.

Pour financer l'expédition, le Directoire décide d'envahir en 1798, d'envahir la Confédération suisse, allié de la France révolutionnaire, et d'utiliser le trésor de Berne pour financer l'expédition.

L'embarquement des troupes, plus de 38 000 hommes répartis sur environ 335 navires, a lieu principalement à Toulon, le corps expéditionnaire quitte la ville le 19 mai 1798. La destination est tenue secrète, excepté pour l'état-major du général, afin d'éviter de croiser la flotte britannique de Nelson. Cependant, un petit incident diplomatique, provoqué quelques jours avant par Bernadotte, alors ambassadeur de France en Autriche, compromet quelque peu le départ. L'ambassadeur a fait arborer le tout récent drapeau tricolore au-dessus de l'ambassade, ce qui déclenche des émeutes et il est contraint de rentrer en France. Le risque que la paix avec l'Autriche, assuré par le traité de Campo-Formio soit compromise est grand, mais ceci restera simplement au stade d'incident, permettant à l'expédition en Égypte d'avoir lieu.

Une vingtaine de jours plus tard, Napoléon arrive à Malte, et face au refus du Grand-Maître de l'Ordre de Malte d'accueillir les troupes françaises pour une durée limitée, Napoléon décide de prendre l'île, à cause de sa position stratégique dans la mer Méditerranée. En seulement quelques coup de canons, La Valette tombe aux mains des Français, le 10 juin au matin, provoquant la capitulation de l'île le 12 juin après seulement trois jours de combat. Bonaparte laisse 3 000 soldats pour occuper l'île, sous la direction de Vaubois et complète ses effectifs en intégrant à son armée cinq cents esclaves turcs libérés, en plus des cinq cents soldats pris parmi la garde du Grand Maître de l'Ordre.

Le 2 juillet 1798, Bonaparte débarque à Alexandrie rapidement, ayant été averti que Nelson s'y trouvait trois jours auparavant. Il prend rapidement la ville et entame sa marche sur Le Caire en passant par Rosette, puis à travers du désert afin de rejoindre au plus vite la capitale de l'Égypte. Le 10 juillet, il est rejoint par sa flottille et commence à remonter la rive gauche du Nil. Arrivés à Chebreiss le 13 juillet, les mamelouks et les janissaires turcs sont battus et se replient en direction du Caire, laissant 6 000 des leurs morts derrière eux, pour seulement quelques français tués. Cette victoire permet de redonner confiance à l'armée de Bonaparte, grandement éprouvée par la traversée pénible du désert. Ils poursuivent les mamelouks en direction du Caire et les Français sont obligés de s'arrêter non loin d'Embabé le 20 juillet, à cause de la chaleur et de la fatigue de l'armée. Les mamelouks profitent de l'occasion pour attaquer, contraignant Bonaparte à mettre en formation de combat ses 25 000 hommes pour livrer bataille à une quinzaine de kilomètres des pyramides de Gizeh. Napoléon les auraient alors montrées à ses soldats avant d'attaquer en prononçant les mots passés à la postérité : « Soldats, songez que du haut de ces monuments, quarante siècles vous contemplent ».

Déroulement[modifier | modifier le wikicode]

Bonaparte disposant de cinq divisions (lui au centre, avec la division de Kléber, celles de Reynier et Desaix à droite et celles de Menou et Bon à gauche, utilisant sa tactique favorite, le carré d’infanterie. Les divisions sont disposées dans des carrés profonds de six rangs à l'avant et à l'arrière et de trois sur les côtés, avec l'artillerie dans les angles.

Bonaparte ordonne à Desaix de partir à droite afin de se mettre hors de portée des canons : en effet, ceux-ci n'étaient pas montés sur leurs affûts, les rendant peu mobiles. Napoléon comprend que les Ottomans
La bataille des Pyramides par Antoine-Jean Gros, 1810

La bataille des Pyramides est une bataille de la campagne d'Égypte. Elle a eu lieu le 3 thermidor an VI (21 juillet 1798) entre l'armée française commandée par le général Napoléon Bonaparte et les mamelouks dirigés par Mourad Bey. Le terme de « bataille des Pyramides » est propagandiste, choisi par Bonaparte parce que le nom était plus glorieux que celui de « bataille du Caire » ou « bataille d'Embabech ». En réalité les pyramides, situées à plus de 15 km, ne devaient être que vaguement visibles à l'horizon.

Cette victoire française permettra de renforcer la propagande autour du général vainqueur en y ajoutant une touche d'orientalisme. Cela n'empêchera cependant pas le fiasco militaire de la campagne égyptienne, le premier avant Saint-Domingue, d'Espagne ou de Russie.

n'oseront pas s'en éloigner. Desaix doit ensuite attaquer les mamelouks par la droite, tandis que Bon est chargé d'attaquer frontalement le camp d'Embabeh, le but étant de prendre les mamelouks entre deux feux. Mourad Bey, ayant anticipé la stratégie de tenaille française, tente une charge de sa cavalerie pour prendre de cours les troupes françaises en train de se mettre en place. Mais il se heurte à la division de Desaix, qui est déjà bien positionnée, causant la mort de 8 000 mamelouks. Ils poursuivent un temps ces attaques, avant de charger les divisions de Menou et Bon sur le côté gauche, mais sont pris en tenaille par les divisions de Bonaparte, Reynier et Dugua. Seuls 3 000 mamelouks réussissent à s'échapper du piège français et à se replier vers le camp d'Embabech. Mourad profite de l'avancée des troupes françaises pour faire plusieurs charges de cavalerie, afin de les déstabiliser, ce qui fonctionnera durant une courte période. Ces charges tuèrent également un grand nombre de mamelouks. Bonaparte en profite pour ordonner l'attaque du camp d'Embabech. Les divisions de Bon et Menou chargent alors sur le village à la baïonnette, prenant 50 canons et plus de 400 chameaux, pour seulement une trentaine de soldats tués côté français contre plus de 20 000 mamelouks morts. Mourad Bey, blessé durant la bataille, se replie vers Gizeh avec 2 500 cavaliers. Quant à Ibrahim, avec les fuyards ayant traversé le Nil, il s'enfuit en direction de la Syrie.

Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Trois jours plus tard, Bonaparte entre au Caire, permettant de mettre un point de départ à l'expédition scientifique, créant l'Institut français du Caire. Mais les Anglais anéantissent la flotte française à Aboukir, coupant toute retraite. Napoléon marche alors en direction de la Palestine pendant la moitié de 1799, mais la campagne devient bien vite un désastre. Bonaparte choisit alors de rentrer en France, afin d'assurer son avenir politique, confiant le commandement à Jean-Baptiste Kléber.

Postérité[modifier | modifier le wikicode]

La bataille des Pyramides sert de point de départ à la nouvelle d'Honoré de Balzac Une passion dans le désert dont la suite se déroule durant le reste de la Campagne d'Égypte.

Lavalette, grenadier d'Égypte un roman historique de Michel Peyramaure en 1998, raconte l'histoire d' un paysan engagé dans la campagne d'Égypte, participant à la bataille des Pyramides.

Source[modifier | modifier le wikicode]

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Bataille des Pyramides de Wikipédia.
Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Campagne d'Égypte de Wikipédia.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 8 juillet 2019.
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