Bagataye

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Village de Bagas Madori (Guinée) (cropped)

Le Bagataye ou Bagataïe est une région géographique en Guinée. Elle fait partie de la côte atlantique entre l’embouchure du Cogon et de Tinguilinta au Rio Nunez et Kapatchez sur une longueur de près de 200 km. Ses habitants historiques sont les Bagas. De nos jours, le Bagataye est une zone cosmopolite ou vivent toutes les ethnies de la Guinée, les étrangers et même les expatriés.


Origines de la communauté Baga[modifier | modifier le wikicode]

Il y a eu plusieurs interprétations autour de l’origine de la communauté Baga. Selon certaines sources, elle serait venue de l’Ethiopie, d'autres affirment qu’elle serait venue d’Égypte et la plus plausible annoncées l’origine du Baga au Fouta Djallon.

La communauté Baga malgré ses pratiques coutumière fétichistes, il accueillir les peulhs très islamisés. Cette situation rendra leur cohabitation difficile même impossible.

Pour éviter des affrontements avec des graves conséquences, les premiers habitants vont quitter le Fouta pour descendre progressivement vers les côtes atlantique de la Guinée par vagues successives de Labé, Binani (Gaoual), Timbi (Pita) et Timbo (Mamou).

La communauté Baga de façon générale a connu une évolution propre a elle-même jusqu’à la période coloniale.

La colonisation, tout comme les deux religions l’Islam et le Christianisme furent des facteurs de dégradation des valeurs culturelles Baga.

Groupe de Baga[modifier | modifier le wikicode]

Idole femelle des Bagasforés (Guinée)

Les Baga se seraient installés dans les villages en des groupes linguistiques entre le Rio Nunez jusqu’à la presqu’Île de Kaloum, ont a entre autres les Mandoris, les Sitemus, les Pukurs, les Baga fὅrès, les Baga de Sobanè ; les Baga de Koba et les Baga de Kaloum; Ils avaient tous les mêmes systèmes de vie et de culte.

Tambour Baga-Guinée
communautes Boké Boffa Conakry
Mandoris Bitὅnkὅ, Dὅbaly, Filima, Difarè, Kalagba, Dangbankan, Kanὅf
Sitemus Kouffin, Maré, Kataco, Kakilensy, Katongoro, Missira, Kawass, Kamsar, Taady, Taїgbé. Bigoris, Kalexè, Sibaly, Dansy, Yampony.
Pukurs Binari, M’Bὅttiny, Brott et KabÖr
Baga forès Monchon, Kiffinda, Mintany, Mèlènsy, Tambaya, Kaktè, Kampom
Baga de Sobanè Sobabè, Douprou, Dobirè, Marara, Pukhum, Siranka
Baga de boba Kobararé, Kathia, Bassengué, Tatema, Taboria, Dixinn, Makinsy .
Baga de kaloum Kaporo, Nongo taady, Waria, Kinifi , Kobaya, Taouyah, Tombolia et les îles de loos, .

Kassogna, Kountia jusqu’à Morbaya et les îles kakossa et Kaback.

Chefferie[modifier | modifier le wikicode]

Chef Baga de Koba-1914

La gouvernance, la répartition territoriale du pays Baga était composée de cantons qui regroupaient à leurs seins deux ou plusieurs villages, des villages et des familles.

Ces structures administratives locales avaient pour instances dirigeantes : le chef de canton, le chef du village et enfin le chef de famille.

La société Baga se caractérise surtout par la forte gérontocratie. Il faut noter qu’à côté des chefs de famille se tiennent les autorités du village, les maîtres de la religion et les gardiens de la tradition, exerçant au sein des associations ou fraternité d’âge.

Le fonctionnement de la communauté sur toute sa composante obéissait à ce schéma.

Organisation sociale[modifier | modifier le wikicode]

Dans les organisations sociales, l’on retrouve les traditions, coutumes et mœurs avec les rituels concernant les différentes étapes de la vie de l’homme entre autres naissance, mariage, décès, enterrement et sacrifice.

Situation géographique[modifier | modifier le wikicode]

Le Bagataye est une terre côtière située de l’embouchure du cogon et de Tinguilinta au Rio Nunez et Kapatchez sur une longueur de près de 200 km, couvrant ainsi une superficie de près de 10.000 Km2. Cette zone est limitée à l’est par un relief de hauts plateaux latéritiques qui constituent le prolongement du Fouta-Djallon.

Le relief du Bagataye est peu accidenté. Il est dominé par le mont Kakoulima situé entre Dubréka et Coyah et le mont Dakhagbé, à la rentrée de la route de Sobanè à kakissa.

Hydrographie[modifier | modifier le wikicode]

Elle se compose entre autres des îles de loos et des fleuves Nunez et Kapatchez, de la Fatala, du Konkouré, de la Soumba et la Melakoré.

Climat[modifier | modifier le wikicode]

Le Bagataye a un climat Subguinéen avec des fortes précipitations à cause de sa proximité avec l’océan atlantique et le mont Kakoulima (tropical humide).

Faune et flore[modifier | modifier le wikicode]

C’est une surface qui se distingue surtout par un relief peu accidenté, où s’étendent de vastes plaines fertiles dont la végétation abrite une faune et une flore de plus en plus pauvres.

Economie[modifier | modifier le wikicode]

Les activités pratiquées par cette population sont diverses et variées. Elles reposent essentiellement sur l’agriculture comme activité principale, à cause du relief caractérisé par les plaines et la mangrove.

Baigné de l’océan atlantique avec son climat favorable à l’agriculture, où se développent le palmier à huile, le kolatier, le cocotier, le bananier et le palétuvier.

En activités secondaires, nous avons la pêche artisanale, l’élevage de la volaille, du petit ruminant et la pisciculture par endroit.

Les femmes pratiquent également le maraîchage piment, gombo, aubergine etc…

À celles-ci, il faut ajouter l’exercice des métiers comme la maçonnerie, la menuiserie, la couture, l’artisanat (sculpture, vannerie, poterie et tissage) et l’extraction du sel essentiellement exercée par les femmes après la récolte des cultures.

Transport[modifier | modifier le wikicode]

Le transport est resté longtemps le même, sur la terre ferme à pied, le hamac pour le déplacement des malades, tandis que le transport fluvial était assuré par les pirogues. À ces moyens de transport, suivront le bicyclette, la moto.

La voie de communication est très développée maintenant, qu’il s’agisse du transport routier, ferroviaire, maritime, aérien, télécommunication et autres.

Le Bagataye possède les plus grands ports du pays notamment à Kamsar, Conakry, Benty, Sobanè, Fatala et Katougouma. Ce qui fait de la zone poumon développement en Guinée.

Environnement[modifier | modifier le wikicode]

Jadis zone paradisiaque de la bande côtière à cause de sa jouissance culturelle et son potentiel agricole, le Bagataye est devenue de nos jours une zone de dégradation de mœurs, de cultures, de l’environnement et des plaines rizicoles, destruction du couvert végétal.

L’exploitation minière a eu un effet peu bénéfique dans le Bagataye.

Santé[modifier | modifier le wikicode]

Le système sanitaire précolonial était très indigène, malgré qu’il soit efficace à plusieurs endroits. Les médicaments étaient tirés des plantes, des feuilles, des racines et écorces. Alors, le traitement des malades était essentiellement basé sur la pharmacopée.

Culture[modifier | modifier le wikicode]

il existait une propre culture fondée sur plusieurs valeurs acquises dans la forêt sacrée. cette culture était bien structurée ; la forêt elle-même était le sommet de la pyramide. La forêt sacrée qui coordonnait toutes les activités du bagataye était coiffée par le Kakilambé. À ses côtés, on notait une organisation parallèle celle des femmes Atèkn et des jeunes.

Jeunes[modifier | modifier le wikicode]

Il y avait le Tchol, le Wakrba et le D’mba, la déesse de la fécondité.

pendant la colonisation, la culture Baga avait rayonné. Avec celle citée plus haut, il y avait Amantcho, Tchol qui étaient les gardiens des valeurs et protecteurs des tribus, des villages comme Vtembakn, Tévré , sinmandal. Il arrivait qu’un village organise une sorte d’échange culturel.

Il organisait également des quinzaines artistiques dans les villages, qui se tenaient chaque début de la belle saison.

À la veille de l’indépendance, plusieurs culture disparait par l’imposition de l’lslam de telle sorte que certains symboles et masques ont été détruits et même emportés à l’étranger ente 1956 et 1957 à l’occasion du passage des talibés musulmans dans le Bagataye.

Après l'independance de la Guinée en 1958, la révolution culturel atteindre son sommet avec la naissance de la révolution culturelle socialiste de 1968 en 1984. Il faut noter que le Bagataye a connu une effervescence culturelle ; car chaque Pouvoir Révolutionnaire Local (PRL) avait non seulement sa troupe artistique, mais aussi son orchestre traditionnel et sa permanence aussi appele maison des jeunes.

Pandant la deuxième republique, le comité militaire de redressement national (CMRN), la vie culturelle toutes ces précieuses valeurs.

Masque[modifier | modifier le wikicode]

Les masques, il en existait plusieurs dont le sbondel, Tiambo et le plus vénéré est le D’mba qui est une divinité de naissance qui est un symbole national figurant sur les billes et place publique de la Guinée et qu’on trouve aujourd’hui dans les musées du Monde notamment à Manhatan (États –unis).

Rôle de certains masques
  • Le Kakilambé, qui fut le grand protecteur de toute la communauté, il surveillait la communauté surtout la période d’initiation dans la forêt sacrée, au cours de laquelle une certaine éducation et programme de formation sont donnés à la jeunesse.
  • Le D’mba, divinité de la naissance, assurant la protection des mères et des nouveau-nés que l’on magnifiait au moins deux fois par an, à la belle saison notamment ;
  • Le tchol à l’exemple de Vtémbakn, Tévré, Sinmandal, il existait presque dans toutes les familles dont ils étaient les défenseurs et les protecteurs et parfois il prévoyait les calamités ;
  • Sbondel et Tiambo, c’étaient des masques de réjouissance des jeunes et de folklore.

Folklore[modifier | modifier le wikicode]

Au Bagataye, la culture est vivante. Il en existait plusieurs dans le Bagataye, tels que le Tiambo, Abèmpe, Sbondel, Yombofissa, Térimy, Sorsonè qui étaient des objets d’arts sculptés par les artistes baga et il y en avait dans chaque village.

Ce folklore était organisé après les travaux champêtres pendant la saison sèche.

Accoutrement[modifier | modifier le wikicode]

Le Bagataye jadis avait un accoutrement semblable à celui des pays du golfe de guinée. Mais avec la dislocation de l’empire sosso, les commerçants et les colonisateurs envahirent la côte et imposèrent leur mode de vie et accoutrement.

Art culinaire[modifier | modifier le wikicode]

L’art culinaire baga est connue pour son plus envieux des plats le gbontoè dont l’ingrédient principal est le palmiste. Dans le temps ancien, le gbontè était consommé pendant la période de famine. Il en existe aussi le plat à soupe avec pour ingrédients le piment, le sel, le citron, le plat à pate d’arachide.

Galerie[modifier | modifier le wikicode]

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

En tenant compte de son histoire et son cadre géographique, retenons que le Bagataye a existé longtemps, il y a de cela des siècles. De tout ce temps, les premiers moments ont connu la conservation de ses coutumes et mœurs qui constituaient l’essentiel de son mode de vie.

Mais certains facteurs viendront influencer la conduite de cette population à savoir : la colonisation et les religions chrétiennes et l’islam. La présence de ces facteurs modifiera très profondément le comportement du Baga, tant au plan vestimentaire, que la pratique des cérémonies rituelles qui constituaient la nature même de cette communauté.

Malgré cette cohabitation, la conservation de certaines pratiques et mœurs se note. C’est la raison fondamentale que dans ce travail, quelques éléments ont été mis en exergue pour donner un éclairage sur la vie de cet habitant de la côte guinéenne qu’on appelle Baga.

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