Armistice du 22 juin 1940

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Durant la Seconde Guerre mondiale, le second armistice de Rethondes est un traité signé dans la forêt de Compiègne entre le Troisième Reich et le gouvernement du maréchal Philippe Pétain. Ce traité établit les conditions de l'arrêt des combats et de l'Occupation allemande.

La défaite française[modifier | modifier le wikicode]

Les Français signent l'armistice
Portrait de Philippe Pétain, en civil, beaucoup plus âgé, dans les années 1930 ou à la veille des années 1940

La France déclare la guerre à l'Allemagne nazie en septembre 1939. L'armée française avait été en grande partie mobilisée dans le nord et l'est de la France (en particulier dans les fortifications de la ligne Maginot). Pendant plusieurs mois, l'armée française ne fit aucune opération militaire en France : c'est la drôle de guerre. Le 10 mai 1940, l'armée allemande passe à l'attaque à travers la forêt, non défendue, des Ardennes ; les Français sont surpris et refluent. En juin, le front est rompu et l'armée française est disloquée. Une partie des troupes françaises, accompagnées d'alliés anglais, se replient sur Dunkerque ; une autre recule dans le plus grand désordre vers la Loire. Les troupes de la ligne Maginot sont encerclées sans avoir combattu.

Le gouvernement français fut obligé de se déplacer à Bordeaux le 10 juin 1940. Des millions de Français ont fui leur domicile, errant sur les routes dans des conditions difficiles : c'est l'exode. Paris est déclarée ville ouverte. Le 14 juin, les troupes allemandes entrent dans Paris. Paul Reynaud, alors président du Conseil des ministres de la Troisième République française, remet sa démission le 16 juin. Le maréchal Pétain devient le nouveau chef du gouvernement de la France. Le 17 juin, dans son message radiodiffusé, Pétain annonce qu'il va demander les conditions de l'armistice, ce que de nombreux soldats interpréteront comme « l'armistice est signé ». Ils cessent alors les combats et sont faits prisonniers, étant donné que les opérations militaires ne sont pas officiellement déclarées terminées.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Campagne de France (mai-juin 1940).

L'armistice est signé le 22 juin 1940 entre le gouvernement du maréchal Pétain et le général Wilhelm Keitel, représentant l'armée allemande. Les Français sont représentés par le général Huntziger et Léon Noël. Il est signé dans la forêt de Compiègne en présence d'Hitler.

À cette date, environ 96 000 soldats français étaient morts au combat, et environ 200 000 blessés. Il y a plus de deux millions de prisonniers. En comparaison, 27 000 soldats allemands étaient morts, et environ 111 000 blessés.

Pourquoi dans la forêt de Compiègne ?[modifier | modifier le wikicode]

Wagon de l'armistice de 1918.

Le 11 novembre 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, avait été signé l'armistice de 1918 (lire : Premier armistice de Rethondes). L'Allemagne avait perdu la Première Guerre mondiale. Le dictateur Adolf Hitler considérait ceci comme une humiliation pour l'Allemagne. Il voyait alors dans la défaite de la France l'opportunité de se venger de l'humiliation de 1918. Il demanda donc que l'Armistice soit signé au même endroit. Il voulut que les nouvelles négociations furent une réplique de celles de 1918.

L'armistice de 1918 avait été signé dans un wagon ; il se trouvait en 1940 dans un musée. Il fut tiré jusqu'à l'emplacement qui était le sien en 1918. Adolf Hitler s'assit sur le siège où s'était assis Ferdinand Foch généralissime des armées alliées. Cependant, Adolf Hitler ne participa pas aux négociations. Il laissa cette tâche au général Wilhelm Keitel.

Le wagon fut ensuite envoyé à Berlin. Il fut détruit au cours d'un bombardement allié.

Conditions de l'armistice[modifier | modifier le wikicode]

Lors de la demande d'Armistice, le Président Paul Raynaud et une grande partie de l’État-major français sont partisans d'une signature sans conditions afin d'obtenir un traitement favorable et digne vis-a-vis de l'Allemagne alors considérée invincible. Alors que la quasi totalité de l’État-major français refuse le déshonneur de mener les négociations et de signer l'armistice, Pétain accepte la demande du Président Raynaud. A la surprise générale, aidé du général Huntziger et Léon Noël, Pétain obtient des conditions inespérées. Celles-ci organisent notamment :

  • La neutralité militaire de la France,
  • La préservation des matériels militaires non capturés lors des combats ainsi que le desarmement de la marine nationale.
  • L'interdiction d’accès a l'Empire colonial pour les forces de l'Axe,
  • La définition d'une zone libre, et les garanties d'administration Francaise directe (contrairement aux autre pays vaincus)
  • La définition de principes imposés de collaboration limitée aux aspects judiciaires et économiques (dont le payement de frais d’occupation).
  • Le traitement des Juifs, les juifs étrangers réfugiés en France ressortent sans négociation possible de la juridiction nazie. Seuls les juifs français ressortent de la juridiction française.

Les troupes françaises furent désarmées, comme l'avaient été les troupes allemandes en 1918. Les prisonniers de guerre français, raflés pendant les opérations militaires, durent rester en captivité. Ils ne seront pas libérés avant 1945. Jusqu'à la libération (à partir de juin 1944), la France dut verser à l'Allemagne une indemnité de 400 millions de francs par jour. La France n'avait plus le droit d'avoir ni armée de terre, ni de l'air. La flotte de guerre française qui n'avait quasiment pas combattu, fut désarmée et regroupée à Toulon. L'Allemagne espère obtenir la totalité du matériel militaire français afin de pouvoir se concentrer sur la bataille d’Angleterre a venir. Cependant, lors des négociations, Pétain refuse obtiendra la conservation d'une armée d'armistice limitée a 100 000 hommes. Les chars et les avions de chasses non capturés avant la demande d'armistice ne seront pas non plus remis a l'Allemagne mais démontés autant que possible et conservés dans des containers de stockage. Une grande partie du matériel de guerre français sera sauvegardé par la ruse, notamment grâce a l'aide des services secret pour organiser de les cacher. Ces quelques mesures auront un impact considérables sur la limitation du potentiel militaire de l’Allemagne avant 1942, et auront un impact positif sur la capacité de la France a reprendre les combats lors de la libération progressive du territoire national.

Hitler souhaite empêcher la flotte française de rejoindre la Grande-Bretagne. C'est la raison pour laquelle il demanda l'occupation des côtes de l'océan Atlantique. La moitié nord et l'Ouest de la France furent alors sous occupation allemande. Cela permettait à l'Allemagne un accès direct aux ports. Une ligne de démarcation sépare une « zone occupée » d'une « zone libre » où siégèrent, à Vichy, les gouvernements successifs du maréchal Pétain. Cependant, la souveraineté française continue officiellement de s'exercer sur l'ensemble du territoire (sauf l'Alsace et la Lorraine annexées à l'Allemagne) et sur l'ensemble des colonies. Les colonies, inatteignables par les Allemands, sont laissées libres. La plupart restèrent fidèles au maréchal Pétain (sauf l'Afrique Équatoriale française et la Nouvelle-Calédonie qui rallièrent le général de Gaulle). La préservation des colonies est alors une erreur stratégique majeur pour les Nazis, qui lors de multiples occasions (dont l'entrevue de Montoire) essayeront de revenir sur cette disposition, sans succès face à l'opposition de Pétain.

Par ailleurs, l'Italie, alliée du Troisième Reich, souhaitait annexer la Savoie et la Corse, qui autrefois avaient été italiennes. Pour cette raison, l'Italie déclare la guerre à la France le 10 juin. Seule la ville de Menton aura à subir l'occupation italienne.

Pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

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