Armée de Louis XIV

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Au XVIIe siècle l'armée de Louis XIV est la plus puissante d'Europe. L'action de ses ministres Michel Le Tellier et son fils Louvois permet le recrutement d'une armée de métier nombreuse. Elle dispose d'un armement amélioré. Les officiers et les simples soldats du rang sont soumis à une sévère discipline. L'armée est surtout utilisée dans le siège des places-fortes ennemies. Les batailles en rase campagne sont le fait de quelques généraux comme le prince de Condé, Turenne et d'autres.

Le recrutement de l'armée permanente[modifier | modifier le wikicode]

En présence du roi, l'armée française traverse le Rhin pendant la guerre de Hollande de 1672

Avec environ vingt millions d'habitants, la France est alors le pays le plus peuplé d'Europe. Elle peut donc compter sur des effectifs militaires nombreux.

Les soldats sont des engagés volontaires. Ils sont recrutés par des sous-officiers qui parcourent les villes et les campagnes afin d'enrôler les volontaires. Les jeunes gens peuvent être tentés par l'attrait de la solde, de la facilité de la vie militaire, la vie aventureuse ou bien le désir de fuir un entourage jugé pesant. Il arrive souvent que ces sergents-racoleurs enivrent les jeunes gens afin de leur faire signer plus facilement leur engagement. Théoriquement cette pratique est interdite par le ministre.

On continue aussi le recrutement d'étrangers. Des Allemands, des Suisses, des Écossais. Ceux-ci sont regroupés dans des régiments nationaux.

Les soldats appartiennent à un capitaine qui est le propriétaire de sa compagnie (environ cinquante hommes et quelques officiers), qui la met au service du roi et en retour reçoit une certaine somme destinée à payer la solde des soldats, mais aussi le train de vie du capitaine. Plusieurs compagnies forment un régiment placé sous le commandement d'un colonel, noble de haut-rang qui lui aussi est propriétaire de sa charge et de ses soldats.

Au total Louis XIV dispose d'environ 400 000 hommes (l'armée la plus considérable de l'époque).

La milice[modifier | modifier le wikicode]

Les guerres incessantes du règne de Louis XIV nécessitent un recrutement permanent. Celui-ci s'avère insuffisant pour faire face aux besoins (guerre mais aussi défense intérieure du territoire, garnison dans les forteresses, répression des soulèvements populaires...).

Pour augmenter le nombre d'hommes sous les armes, en 1688, Louvois crée la milice. Il s'agit d'un service militaire obligatoire. Chaque paroisse (les villages) doit fournir un certain nombre de miliciens. Ceux-ci sont tirés au sort parmi les célibataires âgés de vingt à quarante ans. L'équipement est payé par les habitants de la paroisse. Chaque dimanche ils doivent s'exercer au maniement des armes. En cas de besoin, ils remplacent les soldats réguliers pour garder les places fortes. En cas de nécessité ils sont aussi engagés dans les batailles.

La milice est très impopulaire, car elle pèse surtout sur les paysans et les artisans. Pendant leur temps de service ceux-ci ne peuvent travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.

L'armement[modifier | modifier le wikicode]

Charge de l'infanterie française (à gauche) pendant le siège de Denain en 1712

L'infanterie[modifier | modifier le wikicode]

Le soldat d'infanterie (le fantassin) est équipé d'un mousquet, puis à partir des années 1690 d'un fusil à pierre déjà utilisé dans les armées étrangères. Le soldat est muni d'une baïonnette qui à l'origine est enfoncée dans le canon de l'arme. Vauban invente la baïonnette à douille, qui fixée autour du canon n'interdit pas le tir.

Dans la guerre de siège, très fréquente à l'époque, le soldat utilise des grenades (projectiles explosifs lancés à la main).

La cavalerie[modifier | modifier le wikicode]

Les cavaliers sont équipés d'un fusil léger (la carabine). Une infanterie montée est créée : les dragons qui se déplacent rapidement à cheval mais qui combattent à pied.

L'artillerie[modifier | modifier le wikicode]

L'artillerie est développée et réorganisée. Les canons sont en bronze et portent à environ 500 mètres. Ils sont désormais servis par des soldats spécialisés (les artilleurs) et non plus comme avant par les premiers soldats qui étaient sur place. Le transport des canons et des munitions reste assuré par des entreprises civiles.

Le génie militaire[modifier | modifier le wikicode]

Comme les sièges sont très nombreux, Vauban organise le corps des ingénieurs militaires et met au point un système d'attaque des villes ennemies (par le creusement de tranchées parallèles successives qui permettent d'atteindre les murs tout en restant à l'abri des tirs des défenseurs). Il développe un nouveau système de défense des villes (le système des fortifications rasantes) qui donne peu de prise à l'artillerie ennemie.

On dit à l'époque Ville défendue par Vauban, ville imprenable ; ville attaquée par Vauban, ville prise.

Vauban entoure le royaume d'une ceinture constituée de nombreuses forteresses qui doivent empêcher ou ralentir les invasions.

La discipline[modifier | modifier le wikicode]

Vie des soldats[modifier | modifier le wikicode]

La vie des soldats est très dure. Les comportements considérés comme fautifs sont quelquefois, et comme dans toutes les armées de l'époque, punis de châtiments corporels.

La subsistance est améliorée par la création d'un service d'intendance qui grâce à ses magasins permet de nourrir régulièrement les soldats (y compris dans les périodes de guerre). Cela doit leur évite de devoir se livrer à la maraude ou au pillage (du moins lorsqu'ils opèrent en dedans des frontières du royaume). Notons cependant que le système des dragons-missionnaires employés pour lutter contre les protestants français est basé sur l'installation dans les maisons de ceux-ci, de soldats qui vivaient grassement aux dépens des habitants.

Les officiers[modifier | modifier le wikicode]

Les officiers (pour la plupart des nobles) sont aussi surveillés. Des inspections régulières veillent à ce qu'il n'y ait pas de fraudes sur les effectifs des régiments. En particulier, Louvois lutte contre le système dit des « passe-volants ». C'est-à-dire, de soldats n'étant présents que le temps de l'inspection. Le reste du temps le régiment a des effectifs plus réduits. Pour cela le colonel recrute temporairement des civils ou des soldats d'un autre régiment. Il présente alors à l'inspecteur des effectifs complets qui justifient l'argent qu'il reçoit du gouvernement royal. Les passe-volants détectés sont punissables de l'amputation des oreilles ou du pouce. Les officiers ayant organisé le système sont aussi punis.

Afin d'éviter les conflits de commandement, surtout entre officiers du même grade, le système de l'ancienneté est appliqué grâce à l'ordre du tableau : l'officier le plus ancien dans le grade passe devant les autres du même grade.

Les récompenses[modifier | modifier le wikicode]

Les officiers les plus méritants peuvent être décorés de la croix de Saint-Louis qui les signale par un ruban rouge.

Les vieux soldats peuvent être accueillis décemment dans la maison de retraite que Louis XIV fait construire à Paris en 1674.

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