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Algérie en 1954

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En 1954, l'Algérie est un territoire français. Les inégalités économiques et politiques y sont très grandes entre les habitants d'origine arabo-berbère et les descendants des colons d'origine européenne. Les colons veulent maintenir la situation existante. Les arabo-berbères sont divisés sur leur avenir.

L'inégalité économique et sociale[modifier | modifier le wikicode]

L'environnement urbain des colons à Blida (photographie prise en 2007)

L'Algérie est un territoire français depuis 1830. La population est d'environ 9,5 millions de personnes. Près de 90% des habitants sont des arabo-berbères de religion musulmane. Dix pour cent des habitants sont des « pieds-noirs », qui sont les descendants des colons d'origine européenne installés depuis le milieu et surtout la seconde moitié du XIXe siècle ; la plupart sont de nationalité française.

Les colons qui ne représentent que 2% de la population agricole détiennent 25% des terres, généralement les meilleures. Ils produisent du vin, des céréales, des agrumes, des primeurs dont la plus grande partie est exportée vers la France. Plus de 80% des colons sont des ouvriers et des artisans et surtout des commerçants, des employés et des fonctionnaires. La plus grande partie d'entre eux résident en ville. Beaucoup vivent médiocrement, mais nettement mieux que les « indigènes ».

Les arabo-berbères sont pour près de 90% d'entre eux des agriculteurs, donc vivent dans le « bled », c'est-à-dire les campagnes montagneuses du nord de l'Algérie. Ils ne détiennent que 75% des terres alors qu'ils forment 98% de la population agricole. Beaucoup d'entre eux sont des ouvriers agricoles souvent saisonniers. Sur des terres de médiocre qualité (celles que leur ont laissé les colons), ils pratiquent une agriculture routinière (faute de moyens financiers) et peu productive en grande partie auto-consommée. De plus, ils connaissent une forte croissance de la population (taux annuel de 25 personnes supplémentaires pour mille habitants). Ils vivent pour la plupart dans la pauvreté voire la misère. Moins d'un enfant sur cinq (leurs enfants) est scolarisé.

L'inégalité politique[modifier | modifier le wikicode]

Les dirigeants des oulémas (photographie de 1931)

L'Algérie est divisée en trois départements (Alger, Constantine et Oran). Depuis le statut de 1947, l'Algérie dispose d'une Assemblée représentative de 120 membres. Mais les droits électoraux sont très inégaux. Les élections se déroulent d'une manière séparée entre arabo-berbères et colons. Ces derniers, élisent autant de députés que les arabo-berbères pourtant neuf fois plus nombreux. De plus, dans le collège arabo-berbère les élus sont la plupart du temps des représentants de l'administration française et leurs élections ont souvent donné lieu à des tricheries. Cette assemblée ne dispose d'ailleurs que d'un pouvoir restreint. La réalité du pouvoir appartient au Gouverneur général, toujours un Français, nommé par le gouvernement français.

La quasi totalité des colons n'envisage pas d'accorder l'égalité politique aux arabo-berbères. Ces derniers sont d'ailleurs divisés sur l'avenir de leur pays. Il y a les traditionalistes qui refusent l'intégration aux modes de vie et de pensée français. Leurs guides, les oulémas, s'appuient sur l'Islam et la culture musulmane. Ils se rencontrent surtout parmi la population rurale. Des bourgeois et certains intellectuels arabo-berbères demandent une évolution vers plus d'égalité avec les colons. Ils privilégient la voie légale (c'est-à-dire les élections). Un de leurs chefs est Ferhat Abbas, un pharmacien, qui a fondé en 1938 l'Union populaire algérienne. Il existe un courant plus révolutionnaire, socialisant, implanté parmi les ouvriers algériens et les travailleurs ayant émigré en France. Ses partisans sont regroupés, depuis 1946, dans le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques dirigé par Ahmed Messali Hadj. Certains de ses membres, refusant les limites de l'action légale s'en séparent rapidement : ils seront les chefs du FLN qui préparent l'insurrection de 1954.

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